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Le dépistage des troubles comportementaux chez l’enfant

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La psychologue Sylviane Giampino et la neurobiologiste Catherine Vidal sortent un livre intitulé « Nos enfants sous haute surveillance ». Dans cet opus, elles expliquent que ces tests sont loin d’être efficaces et assez négatifs pour l’enfant.

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Mais, reprenons depuis le début.

Le constat de base : Tandis qu’en 1945, un enfant sur 166 était mis en cause dans une affaire pénale, aujourd’hui ce sont un sur 30. En fin 2005, l’Inserm dévoilait au public un rapport mettant en évidence un lien entre les difficultés psychiques de l’enfant et une évolution vers la délinquance. Dès lors, (et notamment en 2006 puis en décembre 2008), le gouvernement proposait un dépistage, qui ne serait efficace que s’il était testé à l’âge de trois ans. Le but ? Combattre la délinquance, en traitant l’enfant dès les premiers symptômes.

L’idée aurait pu être bonne, seulement, selon Catherine Vidal, le test ne peut être adapté. Le cerveau possède une extraordinaire plasticité qui évolue selon les activités. Ainsi, elle pend l’exemple d’un pianiste : on constate une zone épaissie dans son cortex cérébral, correspondant au siège de contrôle des doigts et de la vision. Si le musicien s’arrête de jouer, les zones épaissies rétrécissent.

Face à une telle évolution du cerveau, comment pourrait on, alors que le sujet a 3 ans, déterminer quel comportement il aura à l’âge adulte.

portemanteau.jpg Par ailleurs, il est extrêmement difficile de décrire le comportement « normal » d’un enfant en bas âge. Par exemple, l’hyperactivité est une activité motrice augmentée et désordonnée, accompagnée d’impulsivité, de réactions agressives et de troubles de l’attention. Elle affecte entre 3 et 6 % d’enfants d’âge scolaire.

Il est dit qu’on peut remarquer certains « signes précurseurs » chez l’enfant dès sa première année. Il manque d’attention, a une instabilité émotionnelle, est très impulsif, ressent une difficulté à obéir ou à dormir…
Mais voilà, tous ces « signes » semblent très ordinaires… où faut-il placer la notion de pathologique, les frontières sont très floues.

Sylviane Giampino s’inquiète du nombre élevé de prescription de Ritaline (le médicament le plus couramment utilisé comme traitement contre l’hyperactivité). Aux États-Unis, 8 millions d’enfants suivraient cette thérapie.

Pour la psychologue, il faudrait remettre les choses à plat. Elle note l’apparition d’un nouveau lexique dans les crèches et autres écoles. L’enfant ne fait plus de bêtises, on dit qu’il « fait de l’opposition », qu’il est « asocial », « hyperactif »… résultat : il se moule à l’image qu’il entend de lui même.

Plus que jamais, la thérapeute préconise de prendre son temps, et d’en discuter calmement, entre enfant et parents. Avant de penser « maladie », « médecin » ou « traitements », il faut apprendre à l’enfant à se détendre et ne plus le soumettre constamment à des tests et autres questionnaires…


Marie Koenig pour www.buddhachannel.tv




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