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La femme dans la religion : mutilation du corps et tradition

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Corps à Corps de Société

mère et enfant
mère et enfant

Trois grands principes sont invoqués vis-à-vis de ces mutilations : la coutume, la religion mais aussi et surtout un principe d’ordre sociologique.

Sur ce plan là, des valeurs coraniques telles que la virginité ou encore la chasteté des épouses sont le plus souvent invoquées. La femme se doit d’honorer sa famille et son mari et doit par conséquent respecter ces valeurs qui, accessoirement, font aussi office de prétexte d’infériorisation de la femme.

Ces mutilation permettent d’entraver le désir sexuel de la femme et ainsi d’empêcher toute tentation extérieure.

On assiste à l’emprise d’un réel cercle vicieux qui enferme la femme dans sa position de soumission et assoie la domination et le contrôle de l’homme sur la société. Dans la plupart de ces pays un homme refusera d’épouser une femme non excisée. Le statut de la femme ne tient qu’au nombre d’enfants mis au monde, et la maternité n’étant reconnue qu’à travers un mariage, l’excision est presque inévitable et son poids est capital.


Avec l’immigration, des pays tels que l’Allemagne, la France, les Etats-Unis ou encore l’Australie ou la Suède ont vu apparaître ce phénomène qui s’est avéré être un réel problème tant sur un plan législatif que politique social ou simplement éthique, moral.

En effet, un pays si elle accepte d’accueillir des immigrés, accepte également le bagage culturel que cela implique. Ainsi les mutilation génitales féminines sont réapparues mais cette fois-ci sous une forme plus « tribale » et « rudimentaire » qu’au 19ème siècle du fait de son interdiction impliquant un manque de moyen médical. L’excision est dangereuse, meurtrière et ne peut être tolérée dans des pays connus pour leurs principes humanistes et leur « respect profond » des droits de l’homme.

Du point de vue des droits de l’homme, les mutilations génitales féminines relèvent principalement de quatre types de violation : abscence de consentement éclairé, oppression patriarcale, violence à l’égard des femmes et violation des droits des enfants.

Heureusement, à mesure que des combats sont remportés pour les droits de l’homme, le statut de la femme est peu à peu revalorisé et reprend le dessus sur cette domination masculine qu’on lui a imposé pendant des centaines d’années.

Si l’on compare les chiffres on voit qu’en 1982, le pourcentage de femmes sénégalaises victimes de mutilations génitales s’élevait entre 50 et 75% alors

stop à l'excision
stop à l’excision
qu’aujourd’hui il est de 18 et 20%.


De tous ces pays occidentaux c’est sûrement le Canada qui a mis en place le plus de moyens pour lutter contre le phénomène. Un droit d’asile serait accepté pour toute personne susceptible d’être victime de mutilations génitales.

En France s’est crée en 1982 le Groupe femme pour l’Abolition des Mutilations Sexuelles (GAMS) avec pour but de « contribuer à la disparition des pratiques traditionnelles affectant la santé des femmes et des enfants ». Selon cette organisme, en 2005 il y avait encore « au moins 20 000 femmes et 10 000 fillettes mutilées ou menacées de l’être résidant sur le territoire français ». Au sein de cette association milite une femme remarquable de courage Khadi Diallo qui grâce à son témoignage-> a su convaincre et émouvoir, faire ouvrir les yeux et le cœur des gens auxquels elle s’est adressée [extrait : « L’islam n’a jamais dit: «Excisez vos filles», même si beaucoup le prétendent. C’est une interprétation des hommes, pour maîtriser la sexualité des femmes. On leur enlève le clitoris, qui symbolise le sexe de l’homme. On a découvert des momies excisées, datant d’avant l’apparition de l’islam »].


Les Mutilations génitales féminines s’ajoutent à la longue liste des horreurs que les hommes s’infligent les uns aux autres depuis des siècles. Bien qu’on puisse se permettre de les apparenter à des crimes dits « actuels » tels que le viol ou encore le harcèlement sexuel ou l’inceste, ces mutilations tout comme les mariages forcés impliquent un contexte social et moral qu’il ne faut pas oublier.

Tenant de la tradition, la peur de décevoir et de faillir à son peuple est souvent plus grande que l’amour pour ses proches ou que la simple douleur physique. La tradition prédomine dans ces pays oú la pensée unique est facile et oú les coutumes font office de règles de vie.

Il nous est bien étranger ce monde oú la vie est régie par le passé, ici bas en Occident oú l’individualisme prône, oú la famille perd de sa valeur et oú la morale est dictée par les médias. Comment juger une civilisation et des coutumes que l’on ne connaît pas, comment comprendre et essayer de trouver des solutions? S’asseoir et écouter le message d’un peuple qui, enfermé dans ses convictions tente de vaincre ses démons.

Enfant-Afrique
Enfant-Afrique


Ce corps à corps social entre passé, présent et futur est loin d’être terminé. Il a commencé il y a quelques années et nombreux sont les facteurs qui s’y ajouteront et qui feront durer les « négociations ».


Le plaisir ne peut être un fruit défendu pour la femme. Son corps ne peut être considéré comme un objet que l’on ouvre et que l’on ferme à souhaits.


Egale à l’homme son pouvoir de jouissance
sur la vie doit être complet, personnel et libérateur.


Personne ne se doit de lui ôter son identité sexuelle, personne ne se doit d’en elle causer peine et frustration au nom d’un dieu qui aujourd’hui ne se reconnaîtrait pas.


Adeline Journet pour www.buddhachannel.tv

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