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Dvâravatî, une exposition exceptionnelle issue de la coopération franco-thaïe

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14.08.2009

Le Musée National de Bangkok met en lumière à partir d’aujourd’hui un pan méconnu de l’histoire thaïlandaise avec « Dvâravatî – aux sources du bouddhisme en Thaïlande ». Cette exposition exceptionnelle d’art bouddhique ancien présentée en France au printemps dernier par le musée Guimet en coopération avec la Thaïlande sera l’événement de clôture de La Fête 2009

Photo_Musee_Guimet_-_Thierry_Ollivier_2.jpgDu 14 août au 9 octobre, l’art Dvâravatî sera à l’honneur au musée national de Bangkok pour reconstituer toute une partie méconnue de l’histoire thaïlandaise (Photo courtoisie Musée Guimet – Thierry Ollivier)

Aujourd’hui s’ouvre à Bangkok l’exposition « Dvâravatî – aux sources du bouddhisme en Thaïlande ». Un ensemble exceptionnel d’œuvres évoquant l’art bouddhique le plus ancien du royaume : l’art Dvâravatî. Une centaine d’objets venant pour l’essentiel d’une douzaine de temples et musées de Thaïlande seront ainsi exposés jusqu’au 9 octobre. Cette exposition a déjà été présentée du 11 février au 25 mai à Paris au Musée Guimet, qui est l’initiateur et le maître d’œuvre de ce projet inédit. C’est donc la première fois qu’aura lieu en Thaïlande une exposition d’une telle envergure autour de cette civilisation méconnue située entre le VIe et le XIIIe siècle et dont il reste très peu de traces écrites.
« Dvâravatî – aux sources du bouddhisme en Thaïlande » focalise sur l’art sociétal et religieux. L’essentiel des œuvres exposées consiste en des sculptures en pierre et en bronze (images de culte et bas-reliefs), de reliefs en stuc ou en terre cuite (éléments de décor architectural, plaquettes votives) et d’objets (monnaies, bijoux, éléments de dépôt de fondation, en or, argent, bronze, terre cuite, etc.).

Découvrir les racines de la tradition bouddhique du royaume

Ces pièces sont autant de témoignages de l’art indianisé le plus ancien de Thaïlande, et permettent de reconstituer les contours d’une religion bouddhiste aux forts accents hindous.
« Dvâravatî correspond au début de la diffusion de l’indianisation (…) [elle] constitue le départ de la tradition bouddhique », nous expliquait en septembre dernier Thierry Zéphir l’un des deux commissaires de l’exposition.
Et Pierre Baptiste, le second commissaire, de poursuivre : « L’exposition explore cette nébuleuse mystérieuse qu’est la période Dvâravatî. Nous ne disposons d’aucun renseignement historique précis sur cette période, très peu d’inscriptions, les quelques-unes étant Mon. On part donc de la sculpture pour évoquer les liens avec les voisins : la Birmanie, l’Inde et le Champa (Vietnam), cela nous permet de recomposer une chronologie. Dvâratavî paraît austère de prime abord, difficile à comprendre car il s’agit d’un art bouddhique avec peu d’iconographie mais quand on s’y penche on découvre des éléments traditionnels de l’Inde et des techniques ».
Le royaume Dvâravatî semble avoir été composé par un ensemble de cité-Etats dans le bassin du Chao Phraya, dont les vestiges ont depuis longtemps fait la joie d’archéologues de tous pays. Pour la trentaine d’experts, archéologues et responsables de musées français et thaïlandais impliqués dans le projet, cette exposition permet de dresser un état des lieux des connaissances tirées des fouilles archéologiques récentes et des travaux plus anciens menés sous l’égide de l’École française d’Extrême-Orient dans les années 1930 et même plus tôt, dès la fin du XIXe siècle.
L’Ambassade de France en Thaïlande, désireuse d’intégrer ce bel exemple de coopération Franco-thaïe dans le cadre de La Fête 2009, a obtenu que l’exposition soit présentée à Bangkok après le Musée Guimet. Sur les 145 pièces présentées à Paris, une centaine seront visibles au Musée National de Bangkok parmi lesquelles plus de la moitié n’a jamais été exposée dans la capitale.

Un projet dans la continuité d’une coopération fructueuse

Le projet de l’exposition a été lancé il y a 6 ans par le musée Guimet en coopération avec le Fine Art Department de Bangkok. Après les rénovations effectuées à la fin des années 1990, le plus important musée d’arts asiatiques du monde a engagé une série d’expositions et travaux de recherches sur l’Inde et l’indianisation : la diffusion de l’image et du mode de pensée en Asie. Il a réalisé en 97 une première exposition sur les arts khmers, suivie par une expo sur les arts vietnamiens Champa. En 2007, un projet avec le Bangladesh avait capoté en raison de problèmes d’ordre diplomatique. L’Asie du Sud-est n’est pas la région la plus représentée au musée Guimet en nombre de pièces comparée à la Chine ou au Japon. Mais certaines pièces sont imposantes et l’ensemble ne manque pas d’intérêt. « Les arts du Cambodge sont les plus spectaculaires, l’exposition sur l’Indonésie est de qualité, le Vietnam offre à voir des pièces rares et l’on trouve dans les autres des pièces uniques », nous dit Thierrry Zéphir. Pour Philippe Liège, Conseiller de coopération et d’action culturelle pour l’Ambassade de France en Thaïlande, l’exposition Dvâravatî s’inscrit dans la continuité des efforts développés autour de La Fête et du festival Tout à Fait Thaï. Pour le Fine Art Department, elle constitue un très bon début à une coopération franco-thaïlandaise que l’on espère durable car il s’agit du point de départ et d’une période importante de l’histoire des arts thaïs.

Pratique

Dvâravatî, aux sources du bouddhisme en Thaïlande

Du 14/08/09 au 09/10/09 de 9h00 à 16h00

Musée National de Bangkok

Esplanade de Sanam Luang

Près du grand Palais

www.lafete-bangkok.com->

Tarif : 40 THB pour les étrangers, 20 THB pour les Thaïlandais

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