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Petites histoires et autres contes : Montres-moi ta colère

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Dans les monastères, un disciple pouvait demander au maître une aide personnelle pour résoudre une difficulté. Le maitre le recevait alors dans sa chambre ou bien ils allaient marcher par un petit chemin tranquille où il écoutait parler son disciple.

C’est pourquoi un jour, un des disciples de Maitre Bankei lui demanda une audience privée.

‒ Maitre Bankei, aidez-moi je vous prie : je ne sais pas comment discipliner ma nature pour résister à la fureur de mes colères. Elles surgissent comme un orage qui balaye toutes mes bonnes intentions de méditer paisiblement, et d’être équanime.

‒ C’est étrange ce que tu me dis là : montres-moi ta colère?

‒ Maintenant, tout de suite, c’est impossible !

‒ Mais alors, quand le pourras-tu ?

‒ Je ne sais pas, ma colère surgit soudainement sans m’avertir.

‒ Cette colère n’est pas à toi, sinon tu pourrais me la monter ; tranches à la racine la colère-haine et tu en seras libre.


En ce temps là, le lien d’amour entre le maître et ses disciples était très fort. C’est ainsi qu’un autre jour, alors que Bankei terminait sa prédication devant une grande assemblée, un de ses disciples fut pris en flagrant délit de vol. La faute était si grave qu’elle obligeait d’expulser immédiatement ce coupable : mais Bankei fit comme s’il ne le savait pas.

Le disciple impuni recommença ses larcins : mais Bankai resta toujours silencieux.

La colère grondait dans tout le monastère et les moines demandèrent que Maître Bankei expulse ce voleur ou bien, tous ils partiraient.

C’est alors que Bankei parla :

‒ Mes bons amis, votre sagesse vous permet de discriminer le bien du mal ; ce voleur ne sais pas le faire. Qui saura l’instruire si ce n’est moi? Si mon enseignement ne vous aide pas : la porte est grande ouverte. Allez voir un autre maitre, mais ce voleur restera tout le temps qu’il le voudra.

L’histoire dit que le voleur s’illumina et se débarrassa immédiatement du désir-avidité.

Les paroles de Maître Bankei touchaient droit au cœur ; et pourtant, il ne s’éternisait pas en longs sermons ni autres commentaires interminables d’un soutra.


Un autre jour, dans la grande foule rassemblée autour de lui, il y avait un jaloux ; un maitre de la secte Nichiren délaissé par ses disciples. Il était là bien décidé de montrer sa supériorité et c’est ainsi qu’il interpella Maître Bankei.

‒ Dis-moi donc, soi disant maitre du Zen ! Ici, cette assemblée t’écoute et te respecte, mais moi qui ne veux rien de tes enseignements ; tu fais comment pour que je t’obéisse ?

Maître Bankei répliqua :

‒ Viens plus près, approches que je te le montre.

Bombant le torse, le jaloux s’avança.

‒ Viens là sur ce coussin, assieds-toi près de moi.

‒ AH! Viens plutôt sur cette chaise ici, je t’entendrais mieux quand tu me parles.

Toujours aussi fier, l’homme obéissait aux paroles de Maître Bankei.

‒ Voila qui est bien, tu deviens attentif ; ton obéissance est juste comme il faut pour écouter attentivement mon enseignement.

Les maitres disent que la jalousie s’anéantie dans la sagesse de la réalisation spontanée des actes.

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