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Les candidats du Non à l’EPR, le réacteur nucléaire

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QUATRE CANDIDATS À L’ELECTION PRESIDENTIELLE, soutenus par l’engagement formel de nombreuses associations, se sont retrouvés à bord du « Daphné », à quelques pas de la cathédrale Notre Dame à Paris. Jeudi 1er mars, annoncés par ordre alphabétique par souci de justesse, Olivier Besancenot, José Bové, Corinne Lepage et Dominique Voynet ont uni leurs voix pour dire NON à la construction du 59ème réacteur nucléaire à Flamandville.


EPR
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« Sortons de l’EPR ». Les travaux de l’EPR, traduisons, European pressurized reactor, ne commenceront véritablement qu’en décembre 2007, si toutefois le décret d’autorisation, encore en balance, était entériné par l’Etat français. Il s’agissait bien de dénoncer les méfaits de l’énergie nucléaire, au profit de la seule alternative qui soit : l’énergie renouvelable (solaire, éolienne)… Les responsables d’associations, parmi lesquelles Greenpeace, Les Amis de la Terre, France nature environnement… ont défilé, un à un, pour le dire : il faudrait abandonner le projet d’EPR.


Dans la cale du « Daphné », les arguments chiffrés ont fusé, entre deux passages de hors-bords qui n’ont pas manqué de faire tanguer le navire. Aujourd’hui, 440 réacteurs seraient en activité, et 7, en Europe auraient déjà déposé le bilan. Preuve, donc, du mensonge dénoncé ce matin-là, sur les idées reçues et diffusées du « grand retour à l’international » du réacteur nucléaire. Dans la série des dénonciations, la France s’est vue montrée du doigt pour son veto à la loi européenne de Bruxelles, consacrant 20 % aux énergies renouvelables d’ici à 2020.


Les participants, pour qui l’enjeu climatique est plus important que les présidentielles ont voulu minimiser l’importance du nucléaire, qui ne couvrirait que 2 % de la consommation énergétique mondiale.


Vient ensuite les critiques. L’association Greenpeace s’est penchée sur les risques humanitaires que pourraient déclancher le plus gros réacteur jamais construit, en cas d’accident majeur : avec ses 20 % de plus d’effets radioactifs, combinés au plutonium radiotoxique (dont quelques grammes suffisent à inspirer un cancer profond) l’hypothétique catastrophe induirait l’évacuation de trois millions de personnes et déclencherait à terme quelques 30 000 cancers.


Si les quatre présidentiables se sont rassemblés, c’est pour que le projet capote, dira le candidat de la LCR.

Tous d’avis commun sur le déni démocratique d’un débat qui n’a pas eu lieu, ils ont lancé un « appel citoyen » aux Français. Invités à participer aux cinq manifestations simultanées qui, le 17 mars, de Rennes à Strasbourg, en passant par Lille, Lyon et Toulouse, relayeront les non, non et non à l’EPR il s’agira de se faire entendre, pour convaincre l’Etat de la dangerosité et de l’inutilité du projet.

A qui va servir le nucléaire français ? Feint de se demander Corinne Lepage, qui pèse le risque encouru par les émissions des déchets nucléaires sur la population civile, face au profit financier de la future plaque tournante de l’énergie nucléaire d’Europe. La seule alternative se déclinerait donc aux énergies renouvelables, parce qu’elles n’insinuent pas un choix biaisé, entre déchets nucléaires ou gaz à effet de serre.
S’en suit un programme de « service public de l’énergie », 100 % public, parce que l’énergie ne doit pas satisfaire les intérêts privés, défendu avec ardeur par les candidats.

José Bové, lui, va plus loin. Puisqu’il serait établi que le nucléaire civil prétendrait à des fins militaires, il prône un désarmement global de la planète. Pour sortir officiellement du nucléaire, il se propose de démanteler les pylônes un à un, une fois les lignes à hautes tensions installées.


« Les petits candidats » ne sont pas ceux que l’on croit diront-ils, joueurs : les « petits », ce sont ceux qui, otages des groupes de pression n’ont que faire de l’intérêt général. A l’opposé, l’exemple glisse, presque en sourdine : Al Gore est des leurs. Lui aussi a dit STOP à l’EPR.


Magali Lacroze, pour www.buddhachannel.tv

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