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Cinéma — Gaspard Noé s’inspire du Livre des morts tibétain

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SOUDAIN GASPARD NOE…


22.05.2009

Gaspard Noé revient à Cannes. Sept ans après le choc Irréversible, l’enfant terrible du cinéma français présente Soudain le vide, un grand trip psychédélique librement adapté du Livres des morts tibétain. Sur les pas d’Oscar, un jeune dealer tué par la police, Noé emmène le spectateur au-delà de la frontière entre la vie et la mort. Une expérience unique en son genre.

Gaspard Noé était sur les marches avec les deux héroïnes de Soudain le vide.
Gaspard Noé était sur les marches avec les deux héroïnes de Soudain le vide.
« Le cinéma de demain », c’est ainsi que Thierry Frémaux, le délégué général du Festival, avait présenté Enter the Void (Soudain le vide), le nouveau film de Gaspar Noé. Si sa prédiction s’avère exacte, on a déjà hâte d’assister aux prochains rendez-vous cannois tant l’expérience proposée par l’enfant terrible du cinéma français est unique en son genre.

Cinéphile devant l’Eternel, le franco-argentin cite dans le dossier de presse Stanley Kubrick, Alan Clark, Peter Tscherkassky ou encore Kenneth Anger comme sources d’inspiration pour le visuel de Soudain le vide. C’est pourtant du jamais-vu qu’il propose au cinéma, un grand trip psychédélique mené par une caméra virtuose, toujours attiré par la lumière comme un papillon de nuit. Il faut accepter de prendre place dans le grand huit formel imposé par l’auteur de Seul contre tous pour appréhender au mieux le grand voyage de la vie et de la mort. Digérer les longues séquences stroboscopiques et accepter un saut à l’élastique dans la nuit tokyoite.

Jeune dealer assassiné dès le début du film par la police, Oscar sert de guide au voyage expérimental. Fasciné par le Bouddhisme et le Livre des Morts Tibétain, Gaspar Noé tient le pari de mettre en scène les différentes étapes qui mènent l’homme de la vie terrestre à sa réincarnation. L’esprit d’Oscar – la caméra – navigue ainsi entre passé et présent, réminiscences de l’enfance et petits deals entre amis.

Gaspar Noé se permet toutes les audaces, du plan-séquence insensé au-dessus de la ville aux nombreuses scènes de sexe non simulées. Beaucoup moins choquant qu’Irréversible – même si Soudain le vide comporte quelques scènes « difficiles »-, parfois puéril dans son approche primaire de la vie, Soudain le vide est un OVNI cinématographique dont le final est une longue et extraordinaire scène de transe, dans un Love Hotel fantasmé, happening formel d’un film aussi fumeux qu’emprunt de génie.


Par Yannick VELY, à Cannes

Source : www.lejdd.fr

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