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Expo Photo Birmanie, Rêves sous Surveillance

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EXPOSITION PHOTO BIRMANIE, RÊVES SOUS SURVEILLANCE


Exposition de photographies du 10 au 23 novembre aux Vôutes.

Soirée de projections inédites en présence de cinéastes birmans le 20 novembre.

Événement présenté dans le cadre du Mois de la photo-off à Paris
par le collectif Les yeux dans le monde
en partenariat avec Amnesty International, Info Birmanie,
Reporters Sans Frontières, Les éditions Autrement.

Exposition des photographies issues du livre
Birmanie, rêves sous surveillance (éditions Autrement)
par Manon Ott et Grégory Cohen.
Illustrations par Mathieu Flammarion.
Vernissage le jeudi 13 novembre dès 18h
Entrée libre à l’exposition du 10 au 23 novembre, tous les jours de 15h à 20H30.

L’exposition d’une cinquantaine de photographies noir et blanc est construite autour de témoignages de résistants birmans (artistes, écrivains, journalistes, travailleurs ou moines). Inspirés par ces récits, les photographes – Manon Ott et Grégory Cohen – glanent, dans le paysage urbain de ce pays, des indices, des scènes, des regards ou des attitudes qui expriment leur propre ressenti vis à vis de ces histoires birmanes. La question de la responsabilité de l’auteur face à la réalité restituée ou interprétée habite leur travail documentaire de part en part.
Des panneaux de textes présentent les témoignages de plusieurs figures de la résistance birmane, des témoignages qui montrent ce que la répression tue de l’humanité et comment la résistance des esprits est devenue une culture à la fois intime et nationale; la référence à Orwell dans 1984 y est omniprésente.
Enfin, en contrepoint de ces rencontres, les peintures et illustrations de Mathieu Flammarion reconstituent l’univers de la répression et de la censure qui forment la toile de fond de cette exposition.

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Projections inédites d’essais et films documentaires
par des cinéastes birmans suivies d’une rencontre-débat avec The Maw Naing
(cinéaste indépendant de Rangoon)
le jeudi 20 novembre à 19h45

La soirée s’ouvrira avec deux essais de 15 minutes du cinéaste The Maw Naing : “Again and again” qui a reçu le Prix special du Zebra Poetry Film Festival 2008 à Berlin puis “Are not as…”. Les essais de The Maw Naing, poèmes à la fois visuels et sonores, ont été réalisés en Birmanie. De fait, c’est de manière indirecte, par le biais des métaphores du recyclage du verre ou du cube labyrinthique, que l’auteur nous emmène dans l’état intérieur des birmans, un état d’emprisonnement au sein d’un cycle qui se répète encore et encore, un état dont il essaie de sortir à sa façon, trouver l’issue et “ne pas être comme …”. The Maw Naing travaille les allers-retours entre le contexte birman et ses états intérieurs.
A la suite des projections, une rencontre sera organisée entre le cinéaste et le public.

Puis à 21h30, nous présenterons “Les alliés célestes” (Friends in a high place), tourné en pellicule 35 mm, ce documentaire de 58 mn a été réalisé en 2001 par Lyndsey Merrison :
“En Birmanie, à l’ombre de la dictature militaire et de la religion bouddhiste, survit l’ancien culte animiste des naq. Lyndsey Merrison, documentariste d’origine anglo-birmane, nous emmène dans l’univers méconnu et haut en couleur de ces êtres surnaturels, en compagnie de deux vieilles Birmanes pleines d’humour”.
Son film a été diffusé entre autre sur Arte en 2001 et a reçu de nombreux prix au sein des festivals dont celui du documentaire scientifique d’exception, Pärnu 2001 (Estonie); l’Award of Commendation 2002 par la Société américaine d’anthropologie visuelle, et fut remarqué au Festival international du film de Berlin (2002), aux Visions du réel (Nyon, 2001), etc…
Au delà du regard anthropologique ainsi porté, la question que nous pose aussi ce film est de savoir comment sous un régime aussi répressif, l’appel de mondes imaginaires et surnaturels, les transes et les rituels animistes, en sus d’une fonction évidente d’échappatoire, peuvent devenir ou non des arts de la résistance.

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LE PROJET ET LES AUTEURS

Le projet « Birmanie, rêves sous surveillance » est né en 2003 au sein de l’association Les yeux dans le monde avec ce désir de mieux comprendre et faire connaître la situation politique et sociale en Birmanie par le biais d’évènements culturels et d’un travail photographique. 

Deux des membres de l’association, Manon Ott & Grégory Cohen, se sont rendus en Birmanie à de nombreuses reprises entre 2003 et 2007 et ont travaillé sur la frontière birmano-thaïlandaise où se situent les camps de réfugiés birmans. Sur place, ils ont rencontré intellectuels, commerçants, moines, ou travailleurs migrants qui leur ont livré leur histoire. Des histoires ordinaires, des histoires de résistance. Plus tard, ils ont été rejoints par le dessinateur Mathieu Flammarion, venu prolonger le travail photographique au travers de collages et d’illustrations.

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Ce travail est aujourd’hui publié dans un livre aux éditions Autrement. Les photographies et témoignages recueillis sont également présentés lors de divers évènements (expos, conférences, festivals…).

Ils s’intéressent à ceux qui résistent, à ceux qui cherchent à exploiter les marges d’expression disponibles ou à en créer. Dans un contexte de propagande, de surveillance et de censure omniprésente, l’imagination est parfois l’un des derniers échappatoires possibles ; la création, par l’utilisation des métaphores et des figures de style qu’elle permet, est une des formes les plus à même de porter des messages de résistance à l’image des spectacles des Frères Moustache (humoristes birmans) ou des textes de Ludu Sein Win (célèbre journaliste de Rangoon) dont les témoignages sont présentés au sein de l’exposition « rêves sous surveillance ». À l’image des performances du collectif GD et de Htein Lin présents lors du festival.

Manon et Grégory sont tous deux photographes et cinéastes documentaristes. Ils travaillent ensemble sur de nombreux projets et résident à Paris. En 2003, ils ont fondé avec d’autres photographes et cinéastes le collectif Les yeux dans le monde.

En parallèle de recherche en science sociale sur le soulèvement populaire de 1988 en Birmanie et sur les mouvements de résistance « underground » des artistes et des intellectuels de Rangoon, ils ont suivi des formations en photographie et en cinéma documentaire.

EXTRAIT

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People’s desire

« De grands panneaux rouges se fondent dans les décors urbains. L’armée y a fait inscrire la volonté du peuple birman. Ces phrases surprenantes réapparaissent en première page de chaque publication, avant la projection d’un film et dans les journaux. Aucune parution n’échappe à l’obligation de les mentionner. Derrière le décor féerique du « pays aux milles pagodes » se cache une réalité plus sinistre, une atmosphère pesante comme celle des nuits qui s’emparent de la ville.

Dans la rue, les positions des corps au travail, celles de corps assoupis, en errance, expriment autre chose. Peut-être racontent-ils en silence ce que d’autres osent murmurer à l’oreille d’un étranger qui s’attarde un peu.

La situation économique s’empire d’année en année. L’écart se fait de plus en plus grand entre le niveau de vie de la majorité de la population et celui des membres de l’armée et de leurs proches.


Source et informations complémentaires : www.projet-birmanie.com
Birmanie, rêves sous surveillance – Photos copyright M. Ott et G. Cohen

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