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Le Bocage boude le temple bouddhiste

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Dans le Bocage, on pratique le catholicisme, le protestantisme, l’islam et la petite église. Et aussi le bouddhisme dans un temple qui peine à s’intégrer.
 
Sans doute beaucoup d’automobilistes qui empruntent la RN 149 à la Faye de Brétignolles sont-ils intrigués par cette petite pancarte indiquant « Wat Bouddhanimit ». Pourtant, ce temple (wat) bouddhiste, un des douze en France relevant du bouddhisme laotien, ne se cache pas.
 
Cette ancienne ferme accueille régulièrement les quelque 300 pratiquants bouddhistes du Grand-Ouest, de Rennes à Angoulême. « Le temple le plus proche est à Paris », explique avec son accent typique Somvang Rattanaxay, secrétaire général du comité de soutien Wat Bouddhanimit.
 
Voisinage inquiet
 
Depuis 2007, la communauté bouddhiste a trouvé ici un espace pour pratiquer. « Nous cherchions un lieu offrant un parking, une salle des fêtes et un logement pour les moines qui doivent résider au temple. Cholet était bien trop cher et nous avons trouvé cette ancienne ferme que nous avons retapée. »
 
Financés par des dons de fidèles, les travaux ont permis d’aménager salle de prière, salle des fêtes et salle de retraite pour les moines. Dans la cour, la décoration est typique. Les dragons gardent entrées et escaliers des bâtiments. « Chez nous, le dragon est un gardien. » La roue, symbole équivalent à la croix des chrétiens ou au croissant des musulmans, trône au milieu d’une fontaine au milieu des sept bouddhas de la semaine (un pour chaque jour).
 
Somvang se souvient avec un sourire résigné des difficultés rencontrées sur place. « Les gens ont cru que nous étions une secte. Il a fallu leur expliquer ce qu’est la philosophie bouddhiste. » Et encore maintenant, le temple n’a pas fait sa place. « Le maire a du mal à nous soutenir. Il est régulièrement interpellé à notre propos. Nous invitons tous nos voisins à nos grandes fêtes mais ils sont peu nombreux à venir », déplore Somvang Rattanaxay.
 
Justement, une des trois grandes fêtes qui ponctuent l’année a lieu dimanche. Le Bun Kaophansa est une sorte de fête de Carême. « Les moines vont entamer une période de trois mois d’apprentissage des enseignements de Bouddha au temple. Pendant cette période, ils ne peuvent pas rester plus de sept jours hors du temple et les fidèles vont offrir de la cire et fabriquer des bougies pour cette période. »
Au rythme de ces grandes fêtes (nouvel an « Boun pimay lao » en avril, fête des fusées « Boun bang fay » en juin et « Bun Kaophansa » ce dimanche) mais aussi de plus petites chaque mois, le Wat bouddhanimit vit sa vie à l’écart de Bocains sans doute intrigués mais peu curieux.

> Deux moines (bonzes) résident en permanence au Wat bouddhanimit et cinq autres ponctuellement pour les grandes fêtes et pour assister aux retraites d’un moine. Cependant, la pratique bouddhiste n’est pas aussi « régulière » que la messe dominicale. Chaque pratiquant peut rencontrer un moine pour des prières (pour sa santé par exemple). En revanche, les mariages sont civils, le moine n’intervient que sur demande. En général, les moines sont invités par les familles le week-end pour apporter leur bénédiction à des événements importants (nouvelle maison par exemple).
 
Ils interviennent systématiquement pour les obsèques. « Le moine se déplace pour des prières qui durent deux à trois jours », explique Somvang Rattanaxay. « Ils aident l’esprit du mort à trouver son chemin et à couper les liens qui l’unissent à la famille. Le corps est systématiquement incinéré. »
 
> Le bouddhisme est plus une philosophie inspirée de Bouddha qu’une religion. Le prince Siddharta Gautama n’était pas un dieu mais un homme né 543 ans avant Jésus-Christ au sud du Népal.
 
Au cours d’une promenade, Siddharta rencontre successivement un vieillard, un homme malade et un enterrement. Il comprend que chaque homme rencontrera sur sa route la vieillesse, la maladie et la mort. Le jeune prince cherchera des années durant le moyen de briser le cycle des renaissances qui maintient l’homme dans la souffrance.
 
Une nuit, c’est « l’éveil ». Il comprend la nature des choses, trouve le chemin de la libération et devient « l’éveillé » : Bouddha. Aujourd’hui, le bouddhisme compte 350 millions d’adeptes dans le monde.
 
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