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Escapade au Sri Lanka, dans les pas de Bouddha

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Les larmes ont fini par sécher. La terre a avalé les pleurs du tsunami de 2004 (38.000 morts et 100.000 sans abris) et de la guerre civile qui aura fait des milliers de morts jusqu’en 2009. Le Sri Lanka recommence à sourire et s’ouvre au tourisme. Timidement mais le cœur sur la main. À la pointe de l’Inde, l’île déroule ses paysages de verts dégradés sur des reliefs cabossés : plantations de thé, rizières, forêts tropicales… Y poser un pied, c’est perdre ses repères. Car ici les mondes se confondent. Dans les temples, Vishnu, Shiva et Ganesh voisinent avec Bouddha et les saints catholiques sont vénérés par les hindouistes et vice-versa. « Je suis musulman mais je suis allé à l’école catholique et j’ai étudié l’hindouisme et le bouddhisme par intérêt » m’explique un homme à la barbe blanche de 55 ans, tout sourire. À lui seul, il résume le syncrétisme religieux du pays.

La réalité se mêle aux mythes, légendes et religions. D’ailleurs, le Rocher du Lion n’est-il pas un rêve ? Les « Demoiselles de Sigiriya » ne sont-elles pas immortelles ? Sans doute. Toutes en rondeurs et seins nus, ces 21 femmes (qui auraient été près de 500) ont traversé les époques depuis le Ve siècle où elles furent peintes pour le roi parricide Kassyapa. Il faudra transpirer pour les approcher. Le monolithe colossal, ancienne citadelle, se dévoile au bout d’un millier de marches – une petite mise en jambe pour les jours à venir. Brinquebalant, le dernier escalier n’est guère engageant mais la vue, elle, de toute beauté. Du sommet, une mer de forêts et de rizière et ce silence lointain. La descente éreinte les genoux.

Royaume des animaux

Le lendemain, le bus zigzague et pas seulement à cause de la géographie. Le code de conduite est approximatif et la route, élastique : sur une deux voies, les véhicules roulent souvent à trois, quatre avec un tuk-tuk et cinq si l’on compte le varan de 2,5 mètres de long. Se concentrer sur les paysages, c’est tout. À Polonnaruwa, la capitale médiévale de l’île, des vélos d’un autre âge permettent de circuler à travers les ruines, à couper le souffle. Parmi elles, le Vatadaga. Il accueillit, un temps, la fameuse Dent de Bouddha qui fut dérobée… Comme nos biscuits. Un macaque gourmand s’est servi dans le sac à dos au sol et le voilà qui nous nargue avec notre encas tant attendu.

Les animaux semblent ici avoir le dernier mot. Il faut apprendre à repérer les petites et grosses bêtes pour les tenir à l’écart ou les observer : les sangsues, ces mini-vampires, qui pullulent dans les herbes ; un impressionnant python dans les feuilles ; les caméléons figés sur des fils électriques ou encore ces lucioles, pluie d’étoiles filantes dans la nuit Heureusement pas de panthère ni de crocodile. Au parc Minneriya Wewa, le 4×4 du safari roule depuis plus d’une heure et demi sur une piste cahoteuse sous la pluie. Rien en vue. Et puis, soudain, la famille Babar apparaît – sans la couronne. Les éléphants, plus petits que ceux d’Afrique, sont à moins de cinq mètres. On les entend respirer. Frissons d’excitation et de peur. Pauvres pachydermes ! Ils ne sont plus si nombreux sur l’île, la faute aux Anglais qui les ont chassés, à l’urbanisation galopante et à la guerre.

Le jour se lève et déjà, la Lettre à Elise version électronique déchire le matin. C’est le boulanger ambulant suivi par le vendeur de glaces. Ils passent et repassent sans fin. Merci Beethoven ! L’air musical nous suit toute la journée au milieu des plantations de cacao, de poivre et caoutchouc. Par chance, il nous quitte devant le pont en bois dont les planches semblent vouloir craquer à tout moment. Indiana Jones nous voilà !

Chez l’habitant, le déjeuner se fait généreux, tout en épices et saveurs. Les papadam (des chips de bananes) font l’unanimité. Les pieds nus se reposent avant de repartir – on se déchausse en entrant dans les maisons comme dans les temples. Là encore, la marche est facile mais…

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