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La Thaïlande se déchire à propos de la nomination du chef des bouddhistes

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Arnaud Dubus, qui écrit une étude sur « bouddhisme et Politique en Thaïlande » à paraître prochainement, explique le contexte de cette crise politico-religieuse, jugée tellement sensible que même le Premier ministre chef de la junte thaïlandaise, le général Prayuth Chan-ocha, semble préférer jouer la montre plutôt que de prendre une décision dans l’un ou l’autre sens.

bonze-2.jpgLa controverse sur la nomination du nouveau Patriarche suprême illustre parfaitement à quel point le bouddhisme theravada s’est embourbé dans les eaux sales de la politique thaïlandaise. Rappelons d’abord les faits. Un nouveau leader de l’Eglise bouddhique doit être désigné après le décès du titulaire du poste, Somdet Phra Nyanasamvara, lequel avait été le conseiller spirituel du roi Bhumibol Adulyadej en octobre 1956, lorsque le jeune monarque avait passé deux semaines sous l’habit jaune des bonzes.

La loi est claire. D’après le Sangha Act de 1962, amendé par une loi de 1992, c’est au Conseil suprême du Sangha (1), composé de 20 moines qui ne sont plus dans leur prime jeunesse, de choisir un candidat en leur sein, ce candidat devant être le moine ayant depuis le plus longtemps le titre de somdet phra racha khana – le plus haut titre qui puisse être accordé par le roi à un bonze.

Le bonze Somdet Phra Maha Ratchamangalacharn, surnommé Somdet Chuang et âgé de 90 ans, remplit ce critère. Il préside d’ailleurs le Conseil suprême du Sangha depuis le milieu des années 2000 – et joue donc le rôle de leader des bouddhistes par intérim –, car le Patriarche suprême était alors déjà trop malade pour remplir ses fonctions. Somdet Chuang avait été nommé à ce poste par le Premier ministre de l’époque, Thaksin Shinawatra, ce qui avait déjà fait grincer des dents parmi les milieux bureaucratiques et royalistes.

Lors d’une réunion le 5 janvier dernier, le Conseil suprême du Sangha a nominé Somdet Chuang pour la succession. Selon la loi, le nom doit être soumis au chef du gouvernement, lequel est ensuite chargé de le soumettre à l’approbation du roi Bhumibol.

Le problème vient de ce que Somdet Chuang est critiqué par certaines organisations bouddhiques – comme par exemple le Réseau de protection du bouddhisme – pour sa proximité avec le temple Dhammakaya, un temple controversé pour son utilisation de techniques marketing du type Amway visant à accroître le nombre de ses fidèles et pour ses enseignements prônant une version très matérialiste…

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