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La première génération de nonnes professeures

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Dharamsala: Il y a près de trois ans, le Dalaï-lama a bien pensé qu’il était temps pour les nonnes d’acquérir plus de parité et responsabilité face à leurs collègues hommes. Sa décision les a encouragées à suivre des doctorats en philosophie. Le premier groupe de vingt nonnes bouddhistes ayant suivi le doctorat s’apprête maintenant à devenir la première génération de femmes professeurs dans la tradition tibétaine.

A l’origine le diplôme de doctorat n’était octroyé qu’ à des moines après douze ans ou plus d’étude rigoureuse sur la philosophie bouddhiste. En 2012 une décision historique a été prise par l’Administration centrale tibétaine (CTA), en suivant les auspices du Dalaï Lama, d’ouvrir les programmes de doctorat aux nonnes.

« Sa Sainteté a été très impressionné du niveau de connaissances montré par les religieuses lors d’un festival de prière à Dharamsala en Mars 2012. Il a fortement recommandé que les nonnes prennent part également au processus Geshe », a déclaré, Thubten Tsering, le secrétaire-adjoint du département de la religion et la culture du CTA.

Geshe est l’équivalent d’un doctorat de philosophie. M.Tsering a précisé que la décision à cet égard a été prise lors d’une réunion de représentants de six couvents, l’Institut de la dialectique bouddhiste et le Projet Tibétain des nonnes, tenue à Dharamsala du 18 au 19 mai en 2012.

D’après M. Tsering, lors de cette réunion un règlement relatif à l’attribution des diplômes aux religieuses qui étudient dans des couvents et des instituts d’apprentissage bouddhistes a également été défini. On y a tranché qu’il faut conférer le diplôme de doctorat aux nonnes qui passent l’examen final après avoir complété un cursus de 21 années d’études.

Selon Delek Wangmo, issue de l’institut et couvent bouddhiste Dolma Ling, qui a atteint le 72.08 pour cent de note au premier examen de l’année, avoir la possibilité de recevoir un diplôme de doctorat de quatre ans est un rêve devenu réalité pour elle et ses sœurs.

« Obtenir ce titre de diplôme après des années d’étude intense de textes philosophiques a donné aux nonnes de nouvelles énergies pour étudier encore plus durement. C’est le chemin qui nous conduira à travailler de façon autonome » dit un post sur Projet des nonnes tibétaines reprenant une citation de Wangmo, échappée du Tibet et arrivée en 1990 à Dharamsala, où le Dalaï-lama réside.

Pour obtenir un diplôme de doctorat, on étudie cinq textes bouddhistes, tous basés sur les enseignements du Bouddha, sur une période de vingt ans. La méthode d’étude implique une analyse logique et le débat, articulée avec des séances régulières de prière et de récitation.

On appelle Geshe le diplôme de doctorat octroyé aux moines et Geshema celui octroyée aux religieuses. En 2011, Kelsang Wangmo, une ressortissante allemande qui a achevé 21 ans de formation en Inde, est devenue la première femme à recevoir le diplôme et le titre Geshema.

A celle époque-là, le Dalaï-lama-lama, qui a été depuis longtemps un défenseur de l’autonomisation des femmes, a conseillé à l’Institut pour les études bouddhistes de dialectique à Dharamsala de conférer le degré Geshema à la religieuse occidentale. Le Dalaï Lama, vénéré par les Tibétains comme un dieu vivant, a déclaré qu’à l’occurrence son successeur pourrait être une femme.

Le chef spirituel de l’âge de 80 ans, visage mondial du mouvement tibétain en exil, vit exilé dans les collines de cette ville indienne du nord avec quelques 140 000 Tibétains, plus de 100.000 d’entre eux sont éparpillés en différentes parties de l’Inde. Plus de six millions de Tibétains vivent au Tibet. L’administration tibétaine en exil est basée ici.

Traduit par: Estefania MEJIA



Source: Firstpost.com


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