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Le rituel de « l’ordination » d’ arbres contre la déforestation

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On se demande si la vie de Bouddha aurait-elle été autant marquée par les arbres, s’il était né à notre époque.
Est-ce que le Bouddha du 21e siècle aurait pu voir le jour dans une fôret ? Aurait-il pu méditer sous un jambosier ? Serait-il devenu l’éveillé aux pieds d’un pipal ? Aurait-il trouvé la mort sous un sal ?

La réponse n’est pas évidente car notre monde est très différent de celui connu par Bouddha. Chaque jour 24 millions d’arbres disparaissent dans le monde à cause de la déforestation et de la sécheresse. Ces êtres devenus sacrés pour la religion bouddhiste de par leur rôle capitale dans le parcours du fondateur sont menacés dans plusieurs coins de la planète, y compris en Asie. Mais dans ce continent les bouddhistes ont repris une pratique présumée ancienne pour rendre les arbres intouchables et les sauver ainsi de l’abattage : leur ordination.

Les rituels d’ordination d’arbres célébrées par des moines bouddhistes, impliquent d’en envelopper les troncs avec les robes safran ou oranges des bonzes en leur conférant le statut hautement respectable de moines. A partir de ce moment quiconque ose les couper risque une malédiction. Attaquer ces arbres équivaut à agresser le Bouddha lui-même.

Selon certaines sources le pipal sous lequel Bouddha a reçu l’illumination, renommé ensuite Bodhi, aurait été ceint d’une façon similaire. C’est pourtant en 1988 que la première ordination d’un arbre a été réalisée en Thaïlande, en entamant une tradition qui va s’imposer surtout à partir des années 90. Dans ces années le rituel se développe dans d’autres pays d’Asie comme la Cambodge, le Vietnam, la Birmanie et le Sri Lanka.

Si au début cette pratique ne recouvrait qu’une fonction honorifique les raisons de son institutionnalisation découlent de la volonté de protéger les arbres vis-à-vis des intérêts d’enrichissement. A cet égard, elle a atteint pas mal de victoires en luttant aussi aux cotés d’organisations écologistes.
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C’est le cas de l’ordination de quelques 1 000 arbres dans la fôret de Nilgala, au centre du Sri Lanka en janvier 2014. Ces cérémonies, organisées par le Centre for Environmental Justice (CEJ) en collaboration avec les communautés locales et différentes organisations écologistes (dont Sri Lanka Environmental Congress, Engaged Buddhist Solidarity for Nature, Future in Our Hands, ou encore Ruk Rekaganno) ont vu la participation d’une cinquantaine de moines bouddhistes.

Tous ces acteurs ont décidé de passer à l’action face à l’inertie du gouvernement. De fait, la fôret de Nilgala connue pour abriter un écosystème riche et unique au monde, ainsi que de nombreuses plantes médicinales, était menacée par la déforestation illégale. D’après un rapport d’Amis de la terre au Sri Lanka de cette année, suite à cet événement il n’y a plus eu des confiscations de terres illégales dans la fôret.

Sources : Radionotredame et Eglises d’Asie

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