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L’Islam au Japon …

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Mosquée de Tokyo, vue du ciel
Mosquée de Tokyo, vue du ciel


Voici un condensé de l’histoire de l’Islam au Japon…

Selon les sources provenant des guides sur le Japon, l’Islam a été connu réellement en 1877. En effet, elle fut introduite dans un premier temps, comme une pensée religieuse occidentale. C’est d’ailleurs à ce moment précis que la vie du prophète Muhammad a été traduite en japonais. Cette traduction a permis à l’Islam d’être intégrée dans l’image intellectuelle japonaise, mais seulement comme l’histoire des cultures. Il est nécessaire de rappeler qu’avant le 19 ème siècle, les gouverneurs japonais avaient peur que les chrétiens conquièrent leur Terre, du fait des envois de missionnaires qui prêchaient la Chrétienté. Ainsi, le Japon s’est protégé de toute influence extérieure. Cette interdiction a débuté dès la fin du 16ème siècle jusqu’à la dernière moitié de la 19ème. Par conséquent, peu d’informations sur l’Islam ont atteint le Japon pendant ces siècles.


Puis en 1889, un événement bien particulier, atteste des relations entre le Japon et l’Islam. Un navire naval nommé Ertugrul quitte le port de Constantinople (actuellement appelée Istanbul) en juillet 1889, en direction du Japon. [La Turquie est située pour sa majeure partie (96 %) en Asie (Anatolie), où se trouve sa capitale Ankara, mais une partie du pays se trouve en Europe (4 %), la Thrace. La principale ville, Istanbul, est située entre la Thrace et l’Anatolie, les deux parties de la ville étant séparées par le détroit du Bosphore. C’est la seule ville au monde à cheval sur deux continents.] Pour revenir aux relations entre l’Islam et le Japon, le navire quitta donc le port de Constantinople pour une visite officielle au Japon, afin de commencer des relations diplomatiques entre les deux pays . Malheureusement, sur le trajet du retour, le bâteau coulera lors d’un ouragan. En définitive, il y eut 69 survivants sur 610 membres d’équipage.


Le premier japonais s’étant converti à l’Islam se prénommait Mitsutaro Takaoka. Ainsi en 1909 il prit un nouveau nom : Omar Yamaoka. Cependant, les études récentes ont indiqué qu’un autre japonais connu sous le nom de Torajiro Yamada, était probablement le premier musulman japonais.


Pour la petite histoire : « deux journalistes volontaires, Torajiro Yamada (1866-1957) et Osotora, sont venus à Istanbul en 1892 pour fournir les donations qui avaient été rassemblées partout au Japon, pour le soulagement des familles des victimes du désastre de l’Ertugrul. Le sultan Abdul Hamid II aurait demandé aux deux journalistes de rester à Istanbul pendant deux années, afin d’enseigner le japonais à quelques fonctionnaires de l’armée turque. Pendant cette période, ils se seraient convertis à l’Islam. Ainsi, ils sont donc célébrés en tant que premiers japonais devenus musulmans ».


Ce qui est certain, c’est que le développement de l’Islam et de la communauté musulmane japonaise a réellement débuté après la première guerre mondiale seulement. Les musulmans d’Asie centrale ont alors émigré au Japon : « Un certain nombre de japonais ont alors embrassé l’Islam quand ils ont vu la volonté de ces musulmans du Turkmenistan, d’Uzbekistan, du Tajikistan, du Kurgystan et du Kazakhstan, qui voulaient s’en sortir, et qui ont fait du Japon, une terre de refuge ». Avec la formation de ces petites communautés musulmanes plusieurs mosquées ont été construites, la plus importante d’entre elles étant la mosquée de Kobe construite en 1935 et la mosquée de Tokyo construite en 1938.


L’histoire décrit également que « depuis 1955, les missionnaires de Tabliq du Pakistan, ont commencé à visiter le Japon chaque année pour prêcher l’Islam partout dans le pays. À la fin de 1973, le premier choc pétrolier a éclaté, et a menacé la vie quotidienne des personnes. Ils se sont rendus compte que le pétrole était indispensable dans la vie quotidienne. Et surtout que ces produits provenaient des nations islamiques du Moyen-Orient, tel que l’Arabie Saoudite. Alors les gens ont soudainement montré un vif intérêt pour l’Islam ».


De nos jours, il n’existe aucune évaluation fiable de la population musulmane au Japon. En effet, le gouvernement ne fait aucun recensement sur les religions du pays. Certaines évaluations faites estiment à 100 000 le nombre de musulmans au Japon, et d’autres plus vers 200 000. Environ 90% seraient des résidants étrangers, et 10% seraient des japonais convertis. Toujours selon des évaluations, à l’heure actuelle, les indonésiens, le bangladeshis, les pakistanais, et les iraniens composeraient les plus grandes communautés des musulmans étrangers au Japon.


La communauté musulmane au Japon est elle-même extrêmement petite (comparée à la population totale), qui s’élève à plus de 120 millions de citoyens. Les étudiants, ainsi que les ouvriers immigrés constituent un grand segment de cette communauté. Ils sont concentrés dans de grandes villes urbaines telles que Hiroshima, Kyoto, Nagoya, Osaka et Tokyo.


De nombreuses structures sont présentes, et se développent de plus en plus au Japon pour la communauté musulmane (japonais musulmans compris) :


– il y a plusieurs mosquées au Japon. La plus importante est celle de Tokyo.


l’association musulmane d’étudiants, et quelques sociétés locales organisent les camps et les rassemblements périodiques dans le but d’améliorer les enseignements islamiques, et de renforcer les relations de confrérie parmi les musulmans.


le centre islamique de Tokyo créé en 1970, a édité plus de 40 livres et autres publications au sujet de l’islam en japonais. Ce centre projette également de construire la première école islamique au Japon. Selon le rapport de l’agence iranienne de presse coranique, le comité de gestion du centre islamique de Tokyo a acheté une parcelle dans laquelle sera construite la future école islamique.


Ainsi, l’histoire de l’Islam au Japon n’est pas prête de s’arrêter. En effet, il reste encore un certain nombre d’efforts à fournir par le gouvernement japonais, pour que la communauté musulmane s’épanouisse au maximum…


Tiphaine Bellambe pour www.buddhachannel.tv

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