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OGM: Culture interdite mais la recherche continue

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Maïs Mon810
Maïs Mon810


« Je n’ignore nullement que dans ma propre famille politique, un certain nombre de nos amis sont contre mais ne rien faire aurait mis par terre toute la crédibilité du Grenelle de l’environnement ». Les mots du président sont clairs. Nicolas Sarkozy, en confirmant la clause de sauvegarde contre le maïs OGM Mon810, n’a pas choisi le consensus politique, préférant suivre la ligne directrice du « principe de précaution » inclus dans la Charte de l’environnement. Cela prévoit une prise de mesures lorsqu’un produit risque de causer des dommages irréversibles sur l’environnement. Cela semble être le cas puisque le Comité de préfiguration de la haute autorité sur les OGM a annoncé posséder des « éléments scientifiques nouveaux » négatifs sur le maïs concerné. Sont également à l’étude les effets sanitaires à long terme du maïs Mon810.


OGM - J'en veux plus
OGM – J’en veux plus
Aucune culture OGM en 2008


Mais tout n’est pas terminé. Il reste maintenant trois étapes à franchir qui s’annoncent administrativement complexes et très longues à mettre en place. Tout d’abord, la société Monsanto, productrice du Mon810, dispose d’un délai de quinze jours afin d’établir sa défense sur les points qui lui sont reprochés dans la clause déposée par le gouvernement français.

Ensuite, la France devra déposer concrètement son moratoire devant l’Union Européenne, en s’appuyant sur les nouveaux éléments listés par la Haute Autorité sur les OGM.

Pour finir, Bruxelles se lancera alors dans l’étude du dossier afin de se prononcer définitivement sur la requête française. Cette dernière étape peut prendre plusieurs mois.


Ce chemin de croix administratif étant des plus longs, aucun agriculteur ne pourra acheter le maïs en cause pour la prochaine saison. La France ne cultivera donc pas d’OGM cette année. Le discours de Nicolas Sarkozy est sans équivoque. Il n’a pas choisi le consensus politique, préférant suivre la ligne directrice du « principe de précaution » inclus dans la Charte de l’environnement.


Un symbole fort mais controversé


La décision de la clause de sauvegarde avait été décidée lors du Grenelle de l’environnement mais c’est bien la grève de la faim entamée par José Bové et ses compagnons qui a précipité l’échéance. Pour clore le débat, François Fillon, premier ministre, déclarait hier au Grand Jury LCI-RTL-Le Monde : «la majorité présidentielle est engagée par les conclusions du Grenelle de l’environnement», expliquant ainsi que le gouvernement n’avait aucunement l’intention de faire marche arrière. L’Europe devra donc délivré ses conclusions afin d’enterriner ou non la culture OGM en France. Mais ceci paraît des plus improbables puisque économiquement la France ne peut se permettre de rester en retrait sur les avancées scientifiques touchant au secteur agricole. Le Ministre de l’Agriculture, Michel Barnier, confirme que l’avis de la Haute Autorité sur les OGM ne doit pas « fermer la porte » aux cultures génétiquement modifiées. Hier, il soutenait encore que la France devait « prendre le temps d’aller au fond du débat politique, au bout de l’évaluation scientifique au niveau européen et au niveau national ».

La recherche OGM se poursuivra donc en France en vue d’assurer une culture saine et ne faisant courir aucun risque pour l’environnement et les différents écosystèmes de l’Hexagone.


Carte de France des cultures des maïs OGM
Carte de France des cultures des maïs OGM


Antoine Ginekis pour www.buddhachannel.tv

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