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Pèlerinage du Monde — Le Mont Tai Shan

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Les marches du Mont Tai Shan
Les marches du Mont Tai Shan
En Chine, « pélerinage » se dit « Chaosheng », ce qui littéralement traduit, veut dire « payer ses respects à la montagne sacrée ».

Pour les Chinois, les montagnes sont le lieu privilégié aux dévotions.



Les pèlerinages au Mont Tai Shan remontent à plus de 3000 ans.

Il fait partie des cinq montagnes sacrées de la Chine.

Étant le plus anciennement reconnu, et pour cela le plus prestigieux, on lui donne le nom de « Première montagne du monde connu ».

Son point culminant est le « Pic de l’Est » ou « Pic de l’Empereur de Jade » à 1545 mètres d’altitude. Il surplombe la Plaine du Nord, dans la province du Shandong.


Ce sont les différents domaines d’intérêts et de dévotions portés à ce lieu qui en ont fait sa richesse historique et culturelle.

Certains sont venus en pèlerinage pour la beauté et la végétation luxuriante qui couvre prés de 80% du site, honorant la montagne et son Dieu.

D’autres pèlerins vouent un culte au Dieu du « Pic de l’Est », chargé du jugement des morts dans les souterrains de la montagne.

Sa fille, la « Princesse des Nuages de l’Aurore » est, elle, vénérée à travers un culte très important dans cette région. Elle a le pouvoir de fécondité et aussi celui de guérir.

De grandes figures historiques sont venues au Mont Tai Shan en pèlerinage, laissant leur empreinte par un message d’émerveillement tracé sur une pierre.

C’est enfin le lieu choisi par les empereurs pour réaliser leurs rituels, principalement à l’occasion de leur avènement.

L’un des plus célèbres, est l’empereur Qin Shi Huang, fondateur de la dynastie Qin (-221 à -210). C’est sous son règne qu’ont été construit les 2000 premiers kilomètres de la Muraille de Chine et son mausolée est connu pour avoir contenu une armée de 8000 statues de soldats et chevaux en terre cuite.

Le culte impérial au Mont Tai Shan avait pour but de rendre hommage au Ciel et à la Terre. En tant que « Fils du Ciel », les empereurs ne pouvaient déroger à cette règle et devaient donc entreprendre le pélerinage au moins une fois durant leur règne. Le culte à la Terre se faisait au pied de la montagne sacrée, le culte au Ciel, à son sommet.

Ces cérémonies nommées Fengshan se faisaient principalement sur le versant sud, suivant l’itinéraire préféré des empereurs.


Aujourd’hui encore les pèlerins peuvent gravir la montagne par ce chemin.

Il monte sur dix kilomètres et comprend trois étapes. La première se situe autour de la ville de Tai’an et correspond au monde humain. La seconde symbolise l’enfer. Elle commence au pont du « Désespoir » et se dirige vers les collines Songli. Enfin la troisième débute au portail Dai Zong. Il faut emprunter « l’échelle du Ciel », un escalier monumental de 6293 marches pour parvenir au sommet Dai, le royaume du Ciel. « L’échelle du Ciel » représente la voie qui relie le monde humain au monde divin.


Les marches du Mont Tai Shan
Les marches du Mont Tai Shan



C’est au Mont Tai Shan que l’on trouve les plus anciens témoignages historiques et culturels. Les vestiges sont très nombreux.

Parmi eux se trouve un temple dont les fondations remontent aux Hans Occidentaux (-206 à 9 aprés JC).

Au sommet, prés du temple Dai, se dressent des cyprés. Ils ont été plantés par l’empereur Wudi au 1er Siècle avant Jésus Christ. Le temple date des dynasties Qin et Han. Il a ensuite été agrandi sous les dynasties Tang (618-907) et Song (960-1279) pour atteindre une superficie de 96.000m2.

Les autres bâtiments ont principalement été édifiés sous les dynasties Ming (1368-1644) et Qing (1644-1911).

L’architecture change au fur et à mesure que l’on gravit la montagne. Les palais impériaux de la « Terre » laissent place aux bâtiments sacrés du « Ciel ». Les couleurs utilisées sont cependant les mêmes: des murs rouges et des tuiles jaunes. L’harmonie qui règne est magique, certainement due au fait que les édifices, où qu’ils se trouvent, sont en parfait accord avec la nature qui les entoure.

Pour atteindre la Porte Céleste du Sud, il faut traverser les Dix Huits Tournants. Chemin qui serpente entre des blocs de pierre, paysage fantastique totalement naturel. Ce lieu a inspiré de nombreux lettrés chinois et ils ont déposé des inscriptions poétiques à même la roche. On en dénombre 2200.

Dans la littérature ancienne et sur les inscriptions, le Mont Tai Shan est souvent mentionné comme « celui qui rend clairvoyant ».

Un autre symbole fort du Mont Tai Shan est le « Vallon du Soùtra gravé sur pierre ». Il s’agit d’une table rocheuse de 600m2 sur laquelle ont été gravé des soùtras il y a environs 1400 ans. Chaque caractère forme un carré de 50cm.

Le Mont Tai Shan fait également figure de « catalogue » de la calligraphie pour les historiens. En effet, les traces manuscrites s’étendent tellement dans le temps qu’elles permettent de voir toutes les évolutions stylistiques de l’écriture.


Enfin, le Mont Tai Shan est le berceau de différents mouvements de pensée, croyances ou religions.

Il est le lieu d’origine du Confucianisme. Confucius y fit un pélerinage et sa visite est commémorée par un portail placé devant le Palais de la Porte Rouge. Une stèle de pierre rappelle également sa citation:« Du haut du Mont Tai Shan, le monde entier parait plus petit. »

Les Taoïstes ont choisi d’entretenir le culte des ermites sur la montagne sacrée. Le palais Doumu est le temple taoïste le plus ancien.

Le site est aussi celui de la propagation du Bouddhisme en Chine. Dès la moitié du IVème Siècle, il y est enseigné et pratiqué. Le temple Lang ets le premier temple bouddhiste construit. Il date de 351.


Le village au sommet du Mont Tai Shan
Le village au sommet du Mont Tai Shan



Le Mont Tai Shan est donc le lieu de pèlerinage le plus important de Chine. Quels que soient les pèlerins et quelle que soit l’époque, le lieu a toujours eu un impact très fort sur les pèlerins. Tellement fort que même si l’accès leur en était interdit, les femmes osaient braver leurs maris ou leur père pour gravir la montagne sacrée.


Depuis 1987, le Mont Tai Shan est inscrit au Patrimoine Mondial de l’Unesco.


Laetitia Adeline pour www.buddhachannel.tv




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