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Des éléphants et des hommes, une coexistence difficile

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Calme et doux, évoquant le très populaire dieu Ganesh, l’éléphant est très aimé en Inde. Mais pour les habitants de nombreux villages indiens, c’est un fléau qui démolit les maisons, mange leurs récoltes, blesse et parfois tue. Les éléphants sauvages ne sont pas devenus fous, mais les forêts deviennent trop petites pour vivre loin de l’homme. La coexistence est loin d’être pacifique…

elephant-3.jpgLe Maharashtra ne sait plus quoi faire de ses éléphants. Venus en 2002 depuis le Karnataka pour cause de sécheresse, ils constituent à présent un problème de taille. Ils détruisent des maisons et attaquent des personnes. Capturés puis relâchés à la frontière du Karnataka, ils sont revenus. Le Karnataka refuse d’ailleurs de les récupérer. Avec 10 000 éléphants, cet État du sud de l’Inde estime avoir assez à faire. En attendant, neuf personnes sont déjà mortes ainsi que quatre éléphants. La situation semble insoluble.

Les incidents opposant des éléphants à des hommes ne cessent de se multiplier en Inde. Ils ont coûté la vie à 542 personnes et 222 éléphants ces huit dernières années au Bengale Ouest, et plus encore dans l’Etat de l’Assam. Des deux côtés, le nombre de victimes est chaque année plus élevé.

Pourquoi tant d’agressivité chez ce pachyderme nonchalant ? C’est la même raison que pour beaucoup d’animaux sauvages en Inde. Ces dernières années, son habitat naturel s’est réduit comme une peau de chagrin. Or il faut à l’éléphant une grande quantité de nourriture et d’eau par jour pour survivre, l’obligeant à migrer régulièrement. Mais les forêts sont aujourd’hui morcelées et les corridors liant les différents lieux de vie des éléphants, traversent maintenant des villages.

Affamés, les pachydermes se tournent logiquement vers les cultures humaines. Ils détruisent les maisons et dévorent les plantations de thé, de cannes à sucre, de bananes… L’alcool les attire tout particulièrement, les rendant complètement incontrôlables.

Dans certains villages en bordure de forêt, on peut même voir, à la nuit tombée, les villageois s’armer et monter la garde. Si certains sont effrayés à l’idée d’attaquer les éléphants associés à la divinité Ganesh, d’autres sont vraiment prêts à tout pour protéger leurs vivres. Terrorisées par des feux d’artifice, blessées notamment aux yeux, parfois électrocutées, les bêtes deviennent alors folles et meurtrières.

D’un côté comme de l’autre, on se bat pour manger à sa faim et c’est peut-être le plus tragique. C’est dans les régions les plus pauvres que la situation est la plus tendue, comme dans l’Assam dont les forêts comptent à elles seules 5000 éléphants. Pour survivre, les habitants n’hésitent pas à puiser dans les forêts les ressources nécessaires, dégradant l’habitat des éléphants qui compensent en s’attaquant à leurs récoltes. Un vrai cercle vicieux.

Seule solution pour le moment : des équipes des départements des forêts chargées de chasser les éléphants des lieux habités. Leurs techniques, qui ne sont pas toujours moins violentes que celles des villageois, ne visent qu’à dévier les animaux, les repoussant généralement vers un autre village, autant de fois qu’il le faut pour qu’ils rejoignent la forêt.

Pour une solution à long terme, il faudrait que davantage de corridors migratoires soient mis en place et protégés. En attendant, les autorités confrontées à ce problème sont bien embarrassées : on ne peut pas tuer ces éléphants, mais alors, que peut-on en faire ?

par Amanda Winguis

Source : Aujourd’hui l’Inde




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