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Du Bouddha aux mangas: mille ans d’histoire japonaise à Monaco

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26.07.2010
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Des bouddhas aux mangas, de Kyoto à Tokyo, du féodalisme à la démocratie, mille ans d’histoire japonaise s’écoulent, comme un long fleuve pas tranquille mais pas non plus dépourvu de sens, dans une grande exposition présentée cet été à Monaco.

Environ 600 oeuvres, dont certaines n’étaient jamais sorties du Palais impérial japonais, sont présentées au public du 14 juillet au 12 septembre au Grimaldi Forum, le centre d’exposition de Monaco, qui fête cette année ses dix ans.

« Nous avons voulu montrer la continuité et la cohérence de ce monde japonais, pris entre la double polarité du clair et de l’obscur, de la paix et de la violence », explique Jean-Paul Desroches, commissaire de l’exposition et conservateur général au musée Guimet.

L’exposition s’ouvre par le Fudô Myô-ô, une grande sculpture en bois polychrome du XIè siècle qui représente une déité bouddhique associée au feu, destructeur de l’illusion.

La lumière des bouddhas et des boddhisattvas surgit dans des salles plongées dans la pénombre: le Nyorin Kannon, boddhisattva aux six bras du musée de San Francisco fait face au boddhisattva de la compassion, à onze têtes, prêté par le musée des Arts asiatiques de Nice.

Après un détour par le théâtre No, jalonné de somptueux kimonos en soie et d’un ensemble de masques en bois de cyprès, prêtés par le Victoria and Albert Museum, le spectateur parvient dans l’impressionnante « salle des samouraïs » où trônent des armures en métal, lanières de soie, crins, à côté de casques de samouraïs aux formes fantastiques.

Derrière un grand écran sur lequel est projeté le chef d’oeuvre de Akira Kurosawa, « Les sept samouraïs », d’autres casques sont exposés aux formes tout aussi extravagantes: ce sont des casques de mangas dit « kamen rider », aux couleurs vives, en fibres de verre et résine.

Un peu plus loin, une maquette de la mairie de Tokyo, avec ses deux tours culminant à 241 mètres, voisine avec deux chaises très simples l’une en bois et l’autre en carton d’emballage, qui rappellent la fragilité des accomplissements humains.

Avec l’utilisation de matériaux pauvres, comme la pâte à carton, l’architecture contemporaine japonaise met à l’honneur la notion de recyclage qui n’était pas inconnu du monde bouddhique, note Jean-Paul Desroches : après tout, ne sommes-nous pas, d’un point de vue bouddhique, des créatures « recyclables » puisque vouées au cycle éternel des réincarnations ?

L’exposition se poursuit par des visions parallèles du Tôkaïdo, la grande route qui relie Tokyo et Kyoto. Une exposition d’estampes de Hiroshige, aux délicates harmonies de couleurs, côtoie les planches d’un mangaka connu, Shigeru Mizuki, sous la plume duquel le Tokaïdo se peuple de monstres à tête de grenouilles ou corps de serpents.

L’exposition se termine par la présentation d’oeuvres d’art contemporain, comme la Panthère Noire en résine, plus grande que nature, de Yoshitaka Amano, « qui hésite entre la vie et la fiction », dit M. Desroches, ou une Eve blanche, en résine également, nettement plus phantasmatique que réelle, du même Amano.

L’exposition, qui avait débuté de façon très classique, finit de façon franchement ludique. « Au fur et à mesure, ça se détend », reconnaît M. Desroches. Les salles s’éclaircissent. Des jouets robots des années 90, comme Mazinger Z ou Getter Robot, « alimenté par une nouvelle forme d’énergie ultra puissante, les rayons Getter », montrent l’avenir.

Le spectateur peut se délasser avec des jeux vidéo.

Exposition Kyoto-Tokyo

Du 14 Juillet au 12 Septembre 2010

Au Grimaldi Forum

10, avenue Princesse Grace

MC 98000 Monaco

www.grimaldiforum.mc


Source: AFP

Cliquez ici pour lire l’interview de Jean-Paul Descroches

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