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Ouverture du premier Temple bouddhiste en République Tchèque

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OUVERTURE DU PREMIER TEMPLE BOUDDHISTE EN REPUBLIQUE TCHEQUE [[Traduit de l’Anglais par Hélène LE, pour www.buddhachannel.tv ]]


06.02.2008



VARNSDORF, République Tchèque – Au fin fond d’une commune perdue dans le pays, en face d’une bâtisse squattée en pierre, se trouve une maison ordinaire abritant l’esprit d’une communauté minoritaire vivante.



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Photo : Vladimir Weiss (The Prague Post)



Ce qui aurait pu être une demeure discrète, se distingue par des drapeaux colorés, une structure en forme de pagode à la porte, et une pancarte indiquant « Chua Thien An » – le Temple Thien An, premier temple bouddhiste du pays.



« Pour nous, il sert à ce que les générations futures sachent, ou au moins aient une idée de l’endroit d’où ils viennent » explique Vu Linh Ngoc, connu sous le nom de « Karel » parmi les Tchèques. Sa famille a organisé l’effort de construction du temple à Varnsdorf, une petite commune à deux heures de Prague au Nord, et à un jet de pierre de la frontière allemande.



Vu, 28 ans, vit à Varnsdorf depuis 1994, six ans après que ses parents se sont installés en République Tchèque, pour travailler à l’usine. Leur famille éloignée, comprenant quelque 60 personnes, a commencé à mobiliser la communauté vietnamienne à travers toute la République Tchèque il y a quatre ans, pour des dons d’argent à la création du temple, l’importation de statues dorées de Bouddha en provenance d’Asie, et pour faire venir le moine Thich Thanh Phuc, de Hanoi.



A l’intérieur du temple, Thich, un homme à l’allure enjouée et douce, accueille les visiteurs en bas. Il offre des chaussons aux personnes désireuses d’entrer dans la salle de prière, et les invite à monter quelques marches.



Avec ce doux parfum d’encens mélangé à un air de renfermé, la salle de prière est comme sortie tout droit d’Asie du Sud-Est. Au fond de la salle ouverte, trois grandes statues dorées de Bouddha se tiennent sur l’autel, flanquées de deux autres plus petites. Derrière les têtes de ces statues, une lumière électrique multicolore cligne et virevolte. L’autel est orné d’autres offrandes et décorations d’Asie, et les visiteurs placent des bâtons d’encens brûlant dans un pot au centre du temple. Des livres de soutras, ou de prières en Vietnamien sont empilés proprement à coté. « Je pense que lorsqu’ils [les membres de la communauté vietnamienne] viennent à la pagode, ils se sentent chez eux, comme ils se sentiraient dans leur pays d’origine », commente Thich en Anglais.



Seulement ici depuis avril, il ne parle pas encore Tchèque. Originaire du Vietnam, Thich a étudié le Bouddhisme à Taiwan pendant cinq ans et parle le Chinois, l’Anglais, un peu de Français et de Russe, en plus de sa langue maternelle. Même s’il ne peut pas communiquer directement avec la population locale, il peut tout de même répondre à une question occasionnelle.



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Photo : Vladimir Weiss (The Prague Post)



« La plupart me pose des questions sur Bouddha – Qu’est-ce que Bouddha? Qui est Bouddha ? » précise t-il. Ils veulent aussi savoir pourquoi il y a un temple bouddhiste ici, et non à Prague ou ailleurs.



L’emplacement du temple semble être un symbole approprié pour la communauté vietnamienne du pays – petite, existant en marge du courant principal tchèque, mais riche et fleurissante. Près de 2500 personnes de descendance vietnamienne vivent à Varnsdorf et en dehors, selon les estimations de Vu.



Grosso modo, de 40 000 à 50 000 Vietnamiens vivent en République Tchèque, dit-il. Si l’on considère qu’un bon nombre d’entre eux résident à Prague, cela peut sembler surprenant que la ville elle-même n’ait pas de temple bouddhiste.



Mais Vu croit savoir pourquoi. « La communauté vietnamienne à Prague est plus importante qu’ici mais de notre expérience, plus il y a de gens, et plus il est difficile de s’entendre » dit-il. « Lorsque vous êtes en famille, c’est plus facile ». Quoi qu’il en soit, des projets de temple à Prague sont en cours, et il se pourrait qu’il s’en construise un d’ici quatre ou cinq ans, explique Thich. Pour l’instant, le temple le plus proche en dehors de Varnsdorf est à Dresden.



« Au Vietnam, il y a de nombreuses pagodes et il est très facile d’en apprendre sur le Bouddhisme, mais ici c’est difficile ». Il raconte qu’une famille vietnamienne de Brno désirait tellement se rapprocher du temple qu’elle a emménagé à Varnsdorf. Aujourd’hui, un grand nombre de descendants vietnamiens – comme quelques membres de la famille de Vu – sont ici depuis tellement longtemps qu’ils en savent plus sur Noël et Pâques que sur le Nouvel An bouddhiste.



Et les enfants nés ici connaissent moins le Vietnamien, constate Thich. Même les Tchèques l’ont abordé avec un intérêt pour la langue vietnamienne et l’étude du Bouddhisme. « Je pense que c’est très bien et j’espère que plus de Tchèques viendront », dit-il.



Beaucoup de Tchèques sont venus à l’ouverture du temple et Vu raconte qu’il n’y a eu aucun problème. En guise de présentation, lorsque les trois grandes statues de Bouddha sont arrivées à Varnsdorf, Thich les a posées sur un plateau pour les conduire à travers la ville. « Je voulais que les habitants de Varnsdorf voient le Bouddha doré » justifie t-il.



Le même rituel a lieu au Vietnam pour accueillir le Bouddha. En dehors de ces occasions heureuses toutefois, Vu affirme qu’il y a comme de la tristesse au temple et que Thich est dans une période difficile d’adaptation. En effet, il dirigeait trois temples très vivants au Vietnam.



Ici, bien que le service de la semi-lune soit très populaire, seule une poignée de personnes assiste aux prières quotidiennes. Mais Vu est confiant. « Pour le moment, nous ne sommes pas encore bien établis ». Cà n’est que le début » dit-il encore. On aurait pu dire la même chose de la communauté vietnamienne tchèque il n’y a pas si longtemps que ça.


Par Kimberly Ashton



Nada Cerna a contribué à l’écriture de cet article.



Source : www.PraguePost.com

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