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Pèlerinage du Monde – Saint Jacques de Compostelle

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stjacques_statue.jpgBrève Histoire de Saint Jacques:

Jacques dit « Le Majeur » est le fils de Zébédée et de Marie Salomé, son frère est Jean l’Evangéliste.

Jacques est connu pour être l’un des plus anciens et des plus proches disciples de Jésus, et figure comme l’un des grands martyrs de la Chrétienté.

Il part en Galice afin d’évangéliser l’Espagne. Il décide ensuite de rentrer en Palestine, et c’est dans le cadre des grandes persécutions contre les Chrétiens, commandées par le Roi Hérode Agrippa II vers 41-43, qu’il est condamné à être décapité. Son corps est ensuite livré aux chiens. Sa dépouille est recueillie par ses compagnons et déposée dans une barque. Guidée par un ange, l’embarcation franchit Gibraltar et revient accoster en Galice.

Vers 800, l’ermite Pélage voit en rêve l’emplacement du tombeau. Il est guidé par une étoile jusqu’à un champ où se trouve la sépulture. Le lieu devient alors le « campus stellae », le « champ de l’étoile », qui plus tard sera transformé en « Compostelle ».

Le Roi Alphonse II fait bâtir trois églises à cet emplacement, et les pélerins ne tardent pas à affluer. Le pélerinage connait un grand succés, renforcé par la participation d’hommes d’église importants et de grands Seigneurs, comme par exemple, Raymond II, comte du Rouergue, tué en chemin par les Sarrasins. Ceux-ci s’emparent du sanctuaire en 997, mais les Chrétiens le reprennent rapidement. Saint Jacques devient alors un symbôle de la lutte de la Chrétienté contre l’Islam et prend le nom de « Saint Jacques le Matamore », Saint Jacques le tueur de Maures.


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Le pélerinage et le pélerin:

Saint Jacques de Compostelle devient au Moyen-Age l’un des trois principaux pélerinages, avec Jérusalem et Rome, que tout Chrétien se doit d’entreprendre. L’Age d’Or se situe entre le XIème et le XIVème Siècle, encore renforcé au XIIIème par la prise de Jérusalem par les Turcs, rendant la Ville Sainte inaccessible.


Le pélerin qui chemine vers Saint Jacques de Compostelle devient reconnaissable au fil du temps. Si à l’origine son costume n’a pas de signes distinctifs, certains vêtements ou attributs acquiérent une image liée au statut de pélerin, en faisant ainsi une sorte de sauf-conduit. Il permet à la personne qui le porte de bénéficier de l’hospitalité ou de la générosité des habitants des villes ou villages traversés. En contre partie le pélerin se doit de prier pour ceux qui l’ aident. Le costume est constitué d’une robe ou cotte serrée à la taille. A partir du XVème Siècle, une sorte de cape nommée « pélerine » apparait. Un chapeau à large bord vient compléter la tenue. Il permet de se protéger tour à tour du soleil et de la pluie. Si certains pélerins sont chaussés, la majeure partie va pied-nus. Une besace et un bourdon, gros bâton de 2 mètres de haut sur lequel est fixé une gourde ou calebasse, complètent l’équipement.


Faire route vers Saint Jacques de Compostelle relève très souvent de l’épreuve. L’épreuve physique de la marche, qui conduit vers celle de la solitude morale. Tout au long de son périple le pélerin est menacé par des brigands ou autres dangers.

Le pélerinage se fait seul ou en groupe. La majorité des personnes se déplace à pied. Les plus riches sont parfois à cheval ou à dos de mule.

Il y a quatre voies principales qui partent de toute l’Europe pour aboutir à Saint Jacques de Compostelle. Les itinéraires peuvent cependant varier selon les pélerins et les époques. Les chemins sont jalonnés de « repères ». Les dangers sont indiqués, les calvaires et les chapelles permettent de se reposer, les plus pauvres sont accueillis dans des hospices routiers. Tout au long du voyage les personnes ont le devoir d’aider les pélerins, et ceux-ci ont le devoir de prier dans chaque église ou chapelle. Ils doivent aussi égrainer un chapelet tout au long du parcours.

Ces prières omniprésentes confortent l’homme dans sa position de fidèle, dans sa dévotion religieuse. A chaque pas, il se rapproche un peu plus du sanctuaire et du sacré. Le pélerin entreprend sa marche dans l’espoir d’obtenir une faveur de saint Jacques. Celui-ci est connu pour ses miracles, comme celui du pendu dépendu, mais il est surtout guérisseur et garant d’une mort bonne et douce. Il est celui qui accompagne les âmes pures sur les chemins du Paradis.

Lorsqu’il arrive enfin au terme de son voyage, le pélerin doit planter une croix symbolique au sommet du port de Cize, se purifier dans un bain rituel et faire l’offrande d’une pierre.


Ayant ainsi accompli son pélerinage, le fidèle peut répondre au nom de Jacquot, Jacquet ou Jacquaire.


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Le symbôle de la Coquille:

stjacques_coquillage.jpgLa coquille est devenue indissociable du pélerinage de Saint Jacques de Compostelle. Elle en est le symbôle.

A l’origine, cette coquille de pectens se trouve à profusion autour de Compostelle. Les pélerins la rapportent comme souvenir et preuve du pélerinage accompli. Elle devient ensuite le symbôle que l’on connait et elle est remise aux pélerins comme récompense. Ainsi, fixée au chapeau ou au manteau, elle témoigne de l’homme nouveau qui rentre chez lui. On la retrouve aussi gravée dans la pierre des édifices qui forment les étapes sur les routes du pélerinage.


Saint Jacques de Compostelle et l’Histoire:

Dès 1121, Saint Jacques de Compostelle devient Ville Sainte comme Jérusalem et Rome.


Une cathédrale est construite pour abriter les reliques sacrées. On y conserve aussi le Codex Calixtinus, le Livre de Saint Jacques. Cet ouvrage est un recueil de textes à la gloire de Saint Jacques le Majeur. Rédigé vers 1140, et remanié successivement sur deux ou trois siècles, il a largement contribué à promouvoir et à assurer le succés du pélerinage. Une partie a été traduite en français en 1938 et porte le nom (à tort?) de « Guide du Pélerin ».


Le succés du pélerinage de Saint Jacques de Compostelle a donc connu son apogée au Moyen-Age, mais les aléas de l’Histoire l’ont plus ou moins fait sombrer dans l’oubli. Si la régression de l’autorité religieuse au fil des siècles est indéniable, les guerres sont également responsables. En effet, on ne peut entreprendre un pélerinage que par temps de paix, or la guerre de Cent Ans, la Réforme, et d’autres conflits encore, ont contrarié voire rendu impossible les pélerinages.

Ce n’est qu’au XXème Siècle que l’on a redécouvert le pélerinage de Saint Jacques de Compostelle. La ferveur religieuse est toujours présente, mais l’on croise aussi des marcheurs purs et durs, ou encore des amateurs d’art roman en quête de vieilles pierres porteuses d’histoire.


Par sa richesse de légendes et de témoignages dressés tout au long du parcours, le pélerinage de Saint Jacques de Compostelle s’offre un nouveau visage: Celui du tourisme dit religieux.


Laetitia Adeline pour www.buddhachannel.tv

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