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Birmanie – Shinbyu: cérémonie initiatique vers la spiritualité

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Le Shinbyu est un rite de passage.
Il permet aux garçons d’entrer dans le Shanga, la communauté religieuse.

C’est un rituel auquel chaque birman se prête. La religion ayant un rôle « social » primordial, il est impossible d’imaginer un manquement à cette initiation.


Cette « petite » ordination est directement inspirée du « Grand Départ ».

Le Prince Siddharta quitte son riche palais et s’engage vers ce qui va le mener à devenir Bouddha.

La cérémonie reprend cette histoire de façon symbolique.


Les enfants sont richements parés de vêtements de soie et de bijoux, ils sont également maquillés. Lors d’une grande fête, à laquelle participe tout le village, ils sont menés, en cortège, jusqu’au monastère. Là, ils président aux offrandes et au repas des invités. Après avoir quitté leur tenue d’apparât, ils revêtent une longue robe blanche et sont tondus par les moines. Leurs cheveux sont recueillis dans un linge blanc. On leur met alors la robe couleur safran et on leur octroie un bol à offrandes.

Cette cérémonie leur confère le statut de novice. Ils se doivent de respecter dix règles fondamentales et incontournables. Parmi celles-ci: Ne pas consommer d’aliment solide l’après-midi ou encore aller quêter sa nourriture les pieds nus.


Ce passage initiatique est aussi très important pour les parents. C’est la première « rupture » officielle avec leurs enfants. C’est aussi une façon d’obtenir « un grand mérite » car cet enfant devient un don. Il n’est donc pas rare que des familles très aisées, ou n’ayant pas de garçons, prennent à leur charge cette cérémonie et conduisent au monastère un orphelin ou un enfant issu d’une famille très pauvre.

L’âge moyen est situé entre 10 et 12 ans. Il faut que l’enfant soit en mesure de bien comprendre les préceptes enseignés. Certains parents les présentent cependant dès le plus jeune âge, parfois 3 ou 5 ans.

Après une semaine passée au monastère, les enfants regagnent leur foyer.


La coutume bouddhique impose au moins deux retraites au cours de l’existence. Les birmans en réalisent parfois trois, car ce chiffre porte bonheur.

La deuxième retraite s’effectue après l’âge de 20 ans. Elle dure 3 mois et les garçons sont alors considérés comme des moines (Pongyi). La période idéale est celle du Carême bouddhique (Waso).


Nombreux sont les garçons qui choisissent de devenir moines. Mais même s’ils adhèrent à la communauté religieuse, leur engagement n’est jamais définitif et ils peuvent rejoindre la vie sociale dès qu’ils le désirent. Le nombre de moines est important car c’est, pour beaucoup d’enfants pauvres, le seul accés à l’éducation et à l’enseignement.

Leur engagement donne lieu à une deuxième ordination appelée: Upasampada. Ce terme signifie litteralement « entreprendre ». Les moines doivent suivre les 227 règles contenues dans leur texte canonique: le Vinaya. L’une de ces règles interdit toute actvité productrice, c’est notamment pour cela que les moines quêtent leur nourriture. Ils doivent vivre dans le plus total dénuement, le matérialisme n’est pas de mise. Hormis leur bol à offrandes, ils ne ‘possèdent » donc que leurs robes.Ce sont des vêtements bon marché conçus uniquement pour se protéger du climat. Elles ne sont pas d’une pièce, mais de plusieurs morceaux cousus entre eux. La couleur rouge ou jaune a été choisie parce que ces teintes sont les moins honéreuses à réaliser.


On compte aujourd’hui près de 300.000 moines se consacrant à l’étude et à l’enseignement en Birmanie. Leur vie est faite de méditation, d’étude, de copies de textes sacrés, de retraites, de confessions et de cérémonies.


Laetitia Adeline pour www.buddhachannel.tv

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