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Méditer, c’est bon pour la santé

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La méditation est l’objet de nombreuses idées reçues. Pouvez-vous d’abord nous rappeler ce que méditer veut dire ?

– Frédéric Rosenfeld: Un sage vous répondrait qu’il suffit d’essayer pour comprendre, que la méditation ne s’explique pas avec des mots. Dans mon livre, il m’a fallu tout un chapitre ! Méditer n’est pas une simple rêverie : c’est d’abord une action. Il est nécessaire d’apprendre certaines postures – comme la position du lotus, issue du yoga, par exemple – ou des mouvements précis – comme les « formes » du tai-chi.

C’est une expérience impliquant des sensations et des perceptions, mais aussi un voyage intérieur qui réveille la mémoire corporelle et amène à connaître sur soi des choses que l’on ignorait. Seulement voilà : en pratiquant un peu, on découvre que toute connaissance débouche sur plus de mystère. La méditation devient alors l’expérience de ce mystère, touchant à la poésie, voire au silence…

– Méditer, dit votre livre, « c’est se soigner ». Quelles maladies la méditation soigne-t-elle ?

– Il faut être clair : aucune pratique méditative ne prétend être, en soi, une thérapie. La guérison vient « de surcroît ». Il n’y a pas d’indications thérapeutiques officielles. Cependant, depuis une trentaine d’années, de multiples études scientifiquement irréprochables, menées dans des laboratoires occidentaux ou asiatiques, ont trouvé des vertus tout à fait concrètes à la méditation.

La mindfulness based stress reduction (MBSR, « réduction du stress basée sur la pleine conscience » en français) de Jon Kabat-Zinn a montré son efficacité contre le stress ou l’agoraphobie avec crises de panique. La mindfulness based cognitive therapy (MBCT ou « thérapie cognitive basée sur la pleine conscience »), qui s’en inspire, diminue de moitié le risque de rechute dépressive. Et les effets ne sont pas uniquement psychologiques : ce même programme MBSR augmente également le taux d’anticorps dans le sang. Les preuves de bienfaits physiques ne cessent de s’accumuler, allant de la guérison des rhumatismes aux troubles respiratoires, digestifs, neurologiques ou même immunitaires, et couvrant globalement toutes les pathologies du stress.

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