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L’extrémisme bouddhiste en Birmanie : un écueil sur la voie démocratique

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ma_ba_tha.jpg A la veille des élections législatives en Birmanie, qui se dérouleront dimanche 8 novembre, on craint pour la liberté religieuse. Après des décennies de gouvernement militaire, le pays devra vaincre l’extrémisme religieux s’il veut devenir une véritable démocratie.

C’est le mouvement Ma Ba Tha ( Comité pour la protection des races et la religion) qui incarne cette dérive bouddhiste, pourtant si lointaine des principes au cœur de la religion. Officialisé en 2014, après deux années de montée des violences contre la minorité musulmane, le groupe veut se servir de la haine qu’il a contribué a semer dans le pays pour influencer la ligne politique de la Birmanie qui est en train de voir le jour.

Il n’est pas inscrit aux élections mais dans la campagne il a apporté son soutien à l’USDP, le parti des militaires qui veulent continuer à gouverner avec des habits civils. C’est notamment sa complicité avec le cercle des militaires qu’ a conduit à l’adoption de quatre lois sur la race et la religion à fin septembre. Le mouvement a réussi à faire valoir que « l’identité bouddhiste » était en danger. Ces lois ont été jugées de discriminatoires par toutes les instances internationales dont l’ONU. Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-Moon préoccupé par les sortes des élections « demande instamment à toutes les parties concernées d’éviter toute forme de pression, d’intimidation, toute diffusion de message de haine ou tout recours à la violence contre des personnes ou des organisations fondées sur leur identité ethnique, leur genre, leur croyance religieuse ou leurs opinions politiques ».

Dans le débat autour du mélange entre politique et religion et de la discrimination envers la minorité musulmane qui représente le 5% de la population, la leader de l’opposition et prix Nobel pour la paix 1991 Aung San Suu Kyi s’est faite remarquer pour son absence. Elle est en fait restée silencieuses contre les expectatives de ceux qui la considèrent une combattante pour la justice. Elle est tout de mémé donnée favorite dans les élections.

L’Église catholique a par contre pris position en se mettant de coté de la tolérance religieuse et en élevant la voix contre la division poursuite par les moines radicaux.  Le cardinal Bo incite tous les citoyens à voter et à choisir des candidats susceptibles de travailler avec « les différents groupes ethniques et religions ». « Il est temps de laisser un nouveau système diriger le pays. J’invite donc ardemment les gens considérer comme un devoir sacré le fait de voter pour des candidats dignes », déclare-t-il, convaincu qu’« il est temps de mettre un terme à de vieilles attitudes, de vieilles élites et à l’ancien système qui a existé pendant cinq décennies » souligne-t-il.

Les musulmans ne sont pas les seul cibles du Ma Ba Tha. Si le mouvement arrive à contrôler la politique du pays les femmes aussi en souffriront. Des activistes d’associations féministes organisant des ateliers d’éducation sexuelle et voulant sensibiliser les Birmans aux droits de femmes ont tenté de dénoncer les législations réactionnaires. Elles ont été alors pointées du doigt par le radicaux et traitées d’ « ennemis du bouddhisme et de la Birmanie ». Certaines ont voire reçu des menaces de mort anonymes. Une de ces militantes a mis en garde contre les actions qui pourraient être menées au moment des élections.

Au total, 30 millions de Birmans sont attendus aux urnes pour élire le parlement. Plus de 93 partis politiques différents sont en lice.


Sources: La Croix et Terrafemina

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