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Livre — Une mappemonde magique pour promouvoir la tolérance

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23.06.2009

Un livre paraît pour sensibiliser les enfants aux différentes cultures des employées de maison. L’auteure initie son héroïne à la curiosité et au tourisme utile. Le quotidien L’Orient-Le Jour l’a rencontrée.

“Mimi et la mappemonde magique” (1er tome : “Mimi au Sri Lanka”), une série de Layla Zahed, illustrations de Maya Tawil, aux éditions Turning Point.
“Mimi et la mappemonde magique” (1er tome : “Mimi au Sri Lanka”), une série de Layla Zahed, illustrations de Maya Tawil, aux éditions Turning Point.

L’auteure Layla Zahed et l’illustratrice Maya Tawil, de la série Mimi et la mappemonde magique, lancent une invitation à la tolérance. Un voyage au cœur des cultures éthiopienne, sri-lankaise et philippine. Dans les familles libanaises, on trouve presque toujours une employée de maison. Ces nounous migrantes, isolées et confrontées à un travail pénible dispensent aux enfants des autres le soin qu’elles aimeraient donner aux leurs. “Elles tentent de s’adapter à notre façon de vivre. Le hic, c’est que personne ne leur demande quelles sont leurs traditions à elles”, fait remarquer Layla Zahed. La relation s’instaure trop souvent de façon unilatérale. “Pour promouvoir un dialogue, quel meilleur outil que la littérature de jeunesse ?” ajoute-t-elle. Avec l’illustratrice Maya Tawil, elle présente aujourd’hui une série, en arabe, intitulée Mimi et la mappemonde magique ; les trois premiers tomes emmènent le lecteur aux îles Philippines, au Sri Lanka et en Ethiopie.

Mimi est une petite fille accompagnée de son chat, Fattouche. Elle aime particulièrement jouer avec une mappemonde. Elle la fait tourner sur son axe et attend qu’elle s’immobilise pour voir quelle destination lui indique son doigt. Mais voilà, cette mappemonde est magique. Certaines nuits, elle emmène Mimi vers de lointains pays.

Le premier soir, Mimi se retrouve dans un bus au milieu d’un paysage verdoyant. Un petit garçon lui explique qu’elle est à Colombo, la capitale du Sri Lanka. Leur promenade les conduira dans un orphelinat d’éléphants. Au programme également : une petite incursion dans les traditions culinaires, une introduction très subtile au bouddhisme (principale religion du pays) et un peu d’écotourisme sur les plages de l’île.

Le deuxième soir, Mimi va se coucher. C’est alors que son chat Fattouche est projeté sous le lit par un tourbillon. La mappemonde virevolte et emmène la petite fille sur un voilier au milieu des Philippines. Enfin, c’est en Ethiopie qu’elle ira se promener en touriste. <1> “Ces histoires s’adressent d’abord aux enfants. A travers eux, on vise aussi les parents puisque ce sont eux qui vont lire l’histoire. Sans oublier bien entendu la nounou, qui sera ravie de l’intérêt que ses employeurs portent à ses origines”, indique l’auteure. En faisant ses recherches sur Internet et en se fondant sur les documents fournis par les ambassades, Layla Zahed a retenu ce qui frappe l’imagination des enfants, “l’orphelinat des éléphants, les détails vestimentaires, les athlètes qui courent en Ethiopie, les montagnes de chocolat aux Philippines…” Avec Maya Tawil, elles ont également mis un point d’honneur à enquêter auprès de certaines employées de maison :

“A la fin de chaque histoire, il y a un tableau qui résume les informations essentielles sur chaque pays : nombre d’habitants, superficie, langues, drapeau, etc.” Cette publication a été soutenue par le ministère de la Culture libanais et a bénéficié d’un financement de l’Agence canadienne pour le développement international, par l’intermédiaire du bureau régional de l’Organisation internationale du travail (OIT). “L’OIT a mis en place une campagne de sensibilisation et de soutien aux initiatives nationales pour la protection des employées de maison”, fait remarquer Layla Zahed. “Cette campagne, qui vise à transmettre le respect et la compréhension des travailleurs migrants au Liban, comprend les écoles, les institutions publiques et privées et les jeunes.” La littérature pour la jeunesse a toujours eu pour but de permettre une socialisation, de transmettre des connaissances sur sa propre culture ou sur celle d’autrui. “Il s’agit de contrer l’indifférence, insiste l’auteure, et de promouvoir le respect et la diversité des cultures.”


Maya Ghandour Hert (L’Orient-Le Jour)

Source : www.courrierinternational.com->

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