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Le Christianisme : quelle Place pour la Femme ?

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Catholicisme et orthodoxie, l’ordination interdite des femmes



Des femmes ordonnées prêtres ? Cela relève de l’impossible au jour d’aujourd’hui. Car d’après les autorités catholiques, seuls les candidats masculins peuvent parvenir au sacrement de l’ordination.
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Le Pape Jean-Paul II avait était clair à ce sujet : dans une lettre apostolique du 22 mai1994, il décrétait que l’Eglise n’avait pas autorité pour ordonner des femmes et que cette opinion devait être adoptée par tous les croyants.

Ainsi, personne ne reviendrait sur cette position traditionnelle, appuyée par des arguments religieux indiscutables d’après l’Eglise (par exemple, puisque seuls des hommes ont été appelé par Jésus pour former le groupe des douze apôtres, toutes fonctions sacerdotales doivent leurs être réservées).


Mais cette interdiction par l’Eglise se heurte depuis la moitié du XXème à des mouvements féministes de plus en plus importants. Dans un ouvrage publié en 94, Lavinia Byrne (religieuse britannique) défendait déjà l’idée que « la doctrine de l’Eglise Catholique Romaine suscite des vocations parmi les femmes, et leur interdire l’accès à la prêtrise revient à remettre en cause la catholicité même de l’Eglise, autrement dit son caractère universel . »

Immédiatement, son livre fut condamné par le Vatican et l’auteur dut déclarer publiquement son attachement à la doctrine du Pape. Finalement, « ne pouvant satisfaire en conscience les exigences de la Congrégation de la Foi, Byrne a demandé d’être relevée de ses voeux. Elle quitte l’ordre pour se concentrer sur son travail à la radio et à ses activités d’enseignante ».(*)


Cela n’empêcha pas certaines autres femmes d’oser l’interdit.

Le réseau MOW (mouvement mondial pour l’ordination des femmes) apparaît en 1996 en Autriche, et à partir de cette date, de nombreuses conférences et colloques ont lieu dans différents pays. A l’un d’eux, la présidente Marie Bouclin affirme « notre Église a besoin de prêtres selon le coeur du Christ… l’Esprit, la Sagesse éternelle, appelle à cette vocation qui elle veut: hommes et femmes, personnes célibataires et mariées, personnes hétérosexuelles et autres. »

En 2001, la première rencontre mondiale pour l’ordination des femmes a lieu à Dublin. Un an après (le 29 juin 2002), sept femmes catholiques (quatre Allemandes, deux Autrichiennes, une Américaine) sont ordonnées prêtres en Allemagne.

beney_1_1_.gifPuis, en France, une femme catholique mariée est ordonnée prêtre le 1er juillet 2005 (par trois femmes évêques venues d’Allemagne, d’Autriche et d’Afrique du sud).

Les autorités catholiques ne tardèrent pas à réagir: toutes furent excommuniées par l’Eglise.


Dans le courant orthodoxe, le statut des femmes n’est pas meilleur : si elles peuvent exercer la plupart des fonctions dans la communauté (chef de chœur, lectrice, catéchiste…), elles sont en revanche exclues du service d’autel, et leur ordination est interdite.


Des femmes prêtres dans le protestantisme


Contrairement à l’Eglise catholique et orthodoxe, l’Église anglicane ordonne des femmes prêtres.

Né au 16ème siècle d’une volonté de réforme de l’Eglise d’Occident, le protestantisme se distingue par trois courants principaux : les luthériens, les calvinistes et les anglicans, qui ont tous en commun le rejet de l’autorité suprême du Pape et le retour à la Bible et à la Foi.


« Avant les années 70, dans l’Église anglicane, ce n’était pas permis d’ordonner des femmes. Malgré cette interdiction, une première femme a été ordonnée à Hong Kong le 25 janvier 1944… Elle a été ordonnée par l’évêque Ronald Hall à cause d’un grand besoin : il n’y avait pas d’hommes prêtres. Elle était diacre, elle avait sa formation théologique et elle avait une permission spéciale de célébrer des messes parce qu’il n’y avait personne d’autre. Ronald Hall pensait que ce serait mieux si elle avait vraiment le titre de prêtre et il a osé suivre ses convictions. Ensuite, il y a eu 11 femmes ordonnées à Philadelphie » (***)


Si l’Église d’Angleterre permet aux femmes d’accéder à l’ordination sacerdotale, ce n’est pas sans susciter de violentes controverses : en 1996, 300 membres du clergé anglican (refusant la prêtrise des femmes) avaient démissionné.

En France, 20% des pasteurs et 40% des aspirants ministres du culte sont des femmes. Encore plus souple, l’Église évangélique d’Allemagne (et ses 24 églises luthériennes) ordonne non seulement des femmes prêtres, mais autorise aussi la contraception, l’avortement et le divorce…


(*) »Ecumenical News International – Daily News Service, le 14 janvier 2000 (de Cedric Pulford)

(**)16e colloque œcuménique international organisé par l’association Femmes et Hommes en Église, janvier 2006

(***)Colloque sur L’ordination des femmes dans l’Église anglicane par Patricia Peacock (prêtre de l’Église anglicane)


Clémence de la Robertie pour www.buddhachannel.tv

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