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Thich Nhat Hanh, un pacifiste éclairé : De son engagement non violent contre la guerre au Viêt Nam au village des Pruniers

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Thich Nhat Hanh se rend avec des enfants au temple bouddhiste du village des Pruniers, en marge d’une rencontre avec plusieurs centaines de personnes de différentes nationalités (photo archives AFP)
Thich Nhat Hanh se rend avec des enfants au temple bouddhiste du village des Pruniers, en marge d’une rencontre avec plusieurs centaines de personnes de différentes nationalités (photo archives AFP)

Entretien. Sa lutte non violente contre la guerre du Viêt Nam, son pays, avait fait de lui un ennemi majeur aux yeux des dirigeants. Plus de 40 ans plus tard, Thich Nhat Hanh reste un maître inégalable. Rencontre.

Des millions de bouddhistes et de laïcs suivent son enseignement via ses livres, ses conférences ou ses retraites données chez lui, en France, au village des Pruniers. Il a créé ce centre bouddhique en 1982, seize ans après avoir été contraint à l’exil par le gouvernement vietnamien. C’est là que nous le rencontrons, tôt le matin, dans une grande salle peuplée de moines et moniales et de laïcs venus des quatre coins du monde pour une retraite de quelques jours, semaines ou mois. D’un pas lent, arrive Thây (« maître »), un petit homme de 87 ans qui en paraît 60, à l’air inébranlable. On aimerait que cet homme, qui a échappé par miracle aux bombes françaises, américaines, puis aux mains des communistes et à la douleur de l’exil, nous parle de lui. Rencontre rare avec un vrai sage.

Psychologies : Votre nouvel ouvrage porte sur l’enfant intérieur, une notion de psychologie. Comment la définissez-vous en tant que bouddhiste ?

Thich Nhat Hanh : Quand vous plantez une graine de maïs dans le sol, elle pousse et se transforme en plante. Alors, vous ne voyez plus la graine. Elle est pourtant toujours vivante. Lorsque vous regardez un adulte, l’enfant est bien là, même si vous ne pouvez pas le voir. Souvent, cet enfant a souffert et continue de souffrir. Pour le guérir, il faut commencer par le voir, reconnaître sa tristesse, puis lui parler en l’entourant de votre tendresse, en pleine conscience. Ainsi, vous l’apaiserez.

Vous considérez-vous comme un thérapeute ?

Dans notre tradition, on nomme le Bouddha « le roi des guérisseurs ». Car le dharma [l’enseignement du Bouddha, N.D.L.R.] a pour fonction de guérir les gens : la colère, le désespoir ou la jalousie sont leurs maladies. Le bouddhisme a, depuis l’origine, une approche psychologique. On y parle de la « conscience du tréfonds », qui correspond à l’« inconscient ». C’est là que résident les graines de ces « maladies », qui ne sont des maladies que si nous laissons leur énergie nous nuire sans utiliser la pleine conscience. Elle seule permet de se guérir, et de guérir les autres. » Prendre soin de son enfant intérieur n’est donc pas qu’une démarche individuelle…


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