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Katmandou, la religieuse

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Extrait de Religions & Histoire, 42, janvier-février 2012

Article de Damien François, p. 16-17

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Les grands monuments sacrés

Dans son ouvrage au titre évocateur, Power Places of Kathmandu. Hindu and Buddhist Holy Sites in the Sacred Valley of Nepal, Keith Dowman synthétise à merveille les fondements de Katmandou la religieuse : « La tapisserie de la religion de la vallée de Katmandou est tissée de cinq brins principaux. Le premier est le culte animiste des esprits. Le deuxième, éternel et essentiel, est le culte des déesses mères et de Devi. Le troisième culte a pour objet Shiva et le quatrième, Vishnou. Le cinquième, c’est le bouddhisme. L’hindouisme orthodoxe et le bouddhisme en forment la toile de fond ; les teintes vives et autres nuances vivantes se rapportent au tantrisme.* »

La capitale népalaise est un creuset de croyances et de cultures dont on retrouve la marque dans l’architecture. Au nord de la ville, la représentation monumentale (six mètres de long !) du dieu Jalasanya Nayarana, une des formes de Vishnou, connue des bouddhistes sous le nom de Bouddhanilkantha, fut selon la légende commanditée par le roi Vishnugupta, de la dynastie Licchavi, vers 641. Les rois du Népal n’ont pas le droit de la regarder. La fête religieuse la plus importante à y être célébrée est Haribodhini Ekadashi, en novembre, en l’honneur de Vishnou.

Au nord-est de Katmandou, le fameux Bouddhanath est l’un des plus grands stupas du monde et le sanctuaire bouddhiste tibétain le plus sacré en dehors du Tibet. Même si le monument actuel date du XIVe siècle, son histoire remonte, selon la légende, au Ve siècle de notre ère, et possède une grande importance, tant pour les Newars que pour les Sherpas et les Tamangs, ainsi que, bien entendu, pour les nombreux exilés tibétains. Le Bouddha, comme l’appellent les Katmandouites en général, Khasa Chaitya selon la dénomination des Newars, figure sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco. La magie vitale du lieu naît des circumambulations des très nombreux pèlerins, pareils à des derviches tournant à grande échelle. La mystique de l’édifice trouve quant à elle sa source dans les yeux du bouddha qui vous regarde avec une tendre obstination. Ces yeux peints du Bouddha primordial sur les stupas népalais doivent certainement leur aspect particulier à la forme des aigles et autres oiseaux de proie qui survolent, en cercle comme il se doit dans la tradition bouddhiste, le ciel du Népal, et ce même à Katmandou.

Le stupa de Swayambhounath, peut-être l’édifice le plus célèbre de la ville, se dresse sur une colline située à l’ouest de Katmandou, de sorte qu’il est presque toujours visible. Depuis cette éminence, les yeux du Bouddha vous suivent partout. On connaît aussi ce sanctuaire sous le nom populaire de Temple des singes, en raison des langurs qui le peuplent. Le nom « Swayambhounath » signifie quant à lui « auto-créé, auto-engendré ». Il n’est dès lors pas surprenant que le mythe des origines du stupa se confonde avec celui de la création de la vallée de Katmandou. Du point de vue historique, la fondation du sanctuaire semble remonter au Ve siècle de notre ère. On remarquera enfin que ce site sacré, perçu comme particulièrement puissant par tous les bouddhistes, quelle que soit leur origine ethnique, est également révéré par les hindous.

* Power Places of Kathmandu. Hindu and Buddhist Holy Sites in the Sacred Valley of Nepal, Londres, Thames and Hudson, 1995, p. 7.

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