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Les porte-bonheur – Carte postale du Japon

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Les porte-bonheur font partie intégrante de la culture japonaise et chacun a son histoire, sa signification. Laetitia vous en présente trois : le célèbre maneki neko, le Daruma et l’espiègle tanuki!

Au Japon, les porte-bonheur sont nombreux et font partie d’un attirail situé entre le folklore, le conte, la légende et les croyances ou superstitions ancrées depuis longtemps. Chacun connaît le chat porte-bonheur, qui accueille le client de sa patte. Figure de proue du bestiaire japonais, il n’est pourtant pas le seul à attirer bonheur et prospérité à son propriétaire !

Le maneki neko, prospérité et richesse

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C’est le porte-bonheur japonais qui a le mieux traversé les continents : d’abord la mer du Japon, pour s’installer auprès des caisses des magasins chinois, puis jusqu’à l’Europe, où le chat blanc à la patte levée est devenu un symbole du Japon. La patte (droite ou gauche, parfois les deux) contre l’oreille, il accueille les passants, les clients et attire ainsi prospérité et richesse. Les griffes vers le bas reproduisent le geste japonais pour faire signe de venir : on lève le bras, on casse le poignet, et on agite les doigts de haut en bas (je vous invite à reproduire le geste – promis, la phrase prendra tout son sens !). Pour enfoncer le clou, il tient parfois une grande pièce sous son autre patte. Pas de surprise donc à le retrouver dans les magasins et les pachinko.

Le maneki neko est apparu pendant la période d’Edo (1603-1867), mais c’est seulement à la fin du XIXème siècle qu’il se popularise. Jusque-là, les représentations du sexe masculin (un pénis, quoi) faisaient office de porte-bonheur, mais dans la foulée du puritanisme de bon ton instauré par l’ère Meïji, il a fallu les faire disparaître… ce qui a donc laissé la place au fameux chat blanc. À Tokyo, un temple, le Gotoku-ji, lui est dédié. On y achète une statuette en formant le vœu de prospérité, et on l’y laisse avec ses congénères, en guise d’offrande. C’est aussi un beau pèlerinage pour qui veut observer les dizaines de statuettes de toutes tailles, dont l’accumulation donnera à coup sûr l’envie de garder le sien !

En principe, le maneki neko est une figurine décorative ; cependant, sa popularité lui a valu d’être décliné dans tous les supports imaginables : straps à portables (dont les Japonais sont accros), tirelires, gommes, motif sur un t-shirt, sur des baguettes… les touristes en font une grande consommation. Le « chat qui invite » existe en blanc, en noir, en doré, etc, chaque couleur ayant sa signification – car le portefeuille du touriste est épais. Il est, le plus souvent, blanc ou à taches bicolores. Ceux du temple Gotoku-ji sont intégralement blancs, avec une médaille dorée sur lien rouge nouée autour du cou.

Le Daruma, qui se relève toujours

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Le Daruma est une figure populaire, présente dans les jeux pour enfants, inspirée du moine indien Bodhidharma. Ce moine bouddhiste venu diffuser les préceptes du bouddhisme en Chine au Vème ou VIème siècle serait, selon la légende, resté neuf ans en méditation Zazen, et aurait vécu jusqu’à 150 ans. On le dessine en robe rouge, avec une forte pilosité (visage, torse), l’air pas commode. Les figurines Daruma ont gardé ces fortes caractéristiques, sur une forme arrondie qui rappelle les culbutos : une façon de rappeler la ténacité du moine (le culbuto reprend toujours sa position initiale). Ces figurines sont fabriquées en papier mâché, trempé dans des bacs de teinture rouge, puis séchées et peintes à la main. Les moustaches et sourcils, bien noirs et fournis, représentent la tortue et la grue, deux animaux qui symbolise la longévité. On dit que la grue vit mille ans, et la tortue dix mille.

On achète le Daruma en début d’année, les deux pupilles vides. En peignant une première pupille noire, bien large, on fait un vœu. La coutume veut qu’on place le Daruma à un endroit bien visible : garder sous ses yeux la figurine à la pupille manquante permet de rester concentré sur son objectif. Une fois le vœu réalisé, on peint le second œil. De cette façon, lorsque son objectif est atteint, le Daruma a les deux yeux ouverts, comme si la figurine avait atteint l’illumination, le but ultime du bouddhisme.


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