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Eric Rommeluère — Le mariage homosexuel

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Une étudiante en droit m’écrit : « Je suis étudiante a la Faculté des Lettres de Nice et je fais un projet en droit sur le mariage entre homosexuels et leur droit a l’adoption. J’aimerais beaucoup avoir votre avis sur ce sujet, car j’essaye de récolter un maximum d’informations des différentes communautés religieuses françaises. »

En quelques lignes, la réponse ne peut être que trop simple. La question suppose que le bouddhisme possèderait des structures de pensée analogues à celles d’autres traditions religieuses en matière de morale, de justice et de droit. Ce sont ces présupposés qui devraient tout d’abord être questionnés.

Disons déjà qu’à la différence des traditions du Livre, les traditions bouddhistes ne proposent pas de se conformer à des valeurs transcendantes extérieures au monde comme le bien ou le mal. Ses principes éthiques ne sont donc pas des normes extérieures qui s’imposeraient à chacun comme des lois. C’est un point essentiel à retenir. Qui plus est, ces traditions séparent clairement une morale sociale qui régit les groupes humains et qui définit le licite et l’illicite au sein de ses groupes et une morale bouddhiste qui est toujours personnelle. Il s’agit d’une morale d’engagement qui n’a qu’un seul propos : l’éveil. Elle n’entend pas régir le collectif, encore moins « les mœurs ».

150690_207451_svg.jpgPour les bouddhistes, l’homosexualité ne peut pas être une question morale (une sexualité contre-nature supposerait une nature de l’homme). La légalisation du mariage homosexuel ou de l’homoparentalité ressort du seul domaine du droit civil, on peut y répondre en tant que citoyen, non en tant que bouddhiste.

Bien entendu, chaque homme et chaque femme se trouvent engagés dans différentes sphères qu’elles soient personnelle, interrelationnelle, sociale ou politique. Etre bouddhiste n’implique nullement un rejet de ces sphères. Certaines valeurs sociales paraîtront plus ou moins compatibles avec le bouddhisme, et un bouddhiste pourra appuyer tel ou tel projet ou discours. En ce qui concerne l’homosexualité, la défense ou la tolérance semblent plus dépendre de valeurs culturelles car d’une manière générale, le bouddhisme est resté muet sur le sujet. Certaines sociétés bouddhistes d’Extrême-orient où les valeurs patriarcales sont encore dominantes rejetteraient sans doute largement le mariage homosexuel ou l’homoparentalité, une nouvelle configuration de la famille liée à l’évolution des mœurs en Occident (droit à la sexualité, puis droit des homosexuels). Les bouddhistes occidentaux seront sans doute plus tolérants à cet égard.


Source : zen.viabloga.com




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3 Commentaires

  1. Eric Rommeluère — Le mariage homosexuel
    Surprenant que l’on demande l’avis de gens qui non concernés. En réalité il n’est pas question d’opinions, mais de « droits de l’homme » et de la femme, à faire respecter pour tous. Car il n’y a pas de « sous hommes », sauf pour les politiques d’états fascisants, ou/et religieux dont les idées archaïques les rejoignent. Oubliez le terme « Mariage homosexuel » tout comme on ne précise pas « Mariage hétérosexuel » ; il s’agit d’un « Mariage UNIVERSEL » qui est attendu, pour plus de justice humaine. Cela se fera bientôt aussi en France, c’est plus que certain. Ne vous laissez pas manipuler par ceux qui prennent en otage nos chères « têtes blondes », pour tenter en vain de freiner cette avancée inéluctable. Ou qui utilisent faussement la « Nature », alors que nous savons qu’un grand nombre d’autres races animales que la notre, comportent l’homosexualité, y compris dans les comportements de tendresses et d’amour dans leurs sentiments. En réalité, ne serait-ce pas les religions qui sont « contre-nature » ? Je le crois. Reste à savoir quel parti politique Français laissera sa trace dans l’histoire, pour avoir permis cette avancée de justice sociale, déjà engagée avec le timide PACS. Et quels partis pour l’avoir refusée, porteront cette honte face aux générations futures, en traînant avec eux la réputation de privilégiez un électorat rétrograde et intolérant. La question est actuellement là.

    • Eric Rommeluère — Le mariage homosexuel
      C’est une question citoyenne avant tout.
      L’homosexualité existe bel et bien dans la nature, mais les homosexuels ne font pas des enfants. Parce que le système et les pseudo-humanistes boboisant prétendent à toujours plus s’en détacher, on instaure un mariage homosexuel qui ouvre la voie à l’adoption des enfants, à la généralisation de la GPA, de la PMA, un jour ce sera le tour de l’uterus artificiel sur lequel des équipes sont déja à l’oeuvre, toutes ces techniques qui sont on ne peut plus anti-naturelles, pour ne pas dire anti-ordre cosmique. On fait passer le dernier pan de nature, celui de la procréation, dans le domaine du technique, sous couvert de démocratie et de droits nouveaux, et en définitive sous le controle du marché. C’est dans ce monde là que l’on voudrait vivre ?

      Ce mariage gay est une vaste arnaque qui met en danger l’espèce humaine. D’ailleurs il n’y a pas que de soi-disant crypto-fachos pour défendre cette position, qui étaient plus d’un million dans les rues de Paris lors de la manif pour tous, ça fait beaucoup de fachos non ? … on retrouve d’ailleurs le même type d’analyse par exemple à la rédaction du journal « The ecologist » qui existe en version française, ou encore chez le biologiste Jacques Testart, un compagnon de route de Pierre Rahbi. Bref un ramassi de fachos, encore et encore des fachos.

  2. Eric Rommeluère — Le mariage homosexuel
    (une sexualité contre-nature
    supposerait une nature de l’homme) Tout est là…

    Être bouddhiste « supposerait » de sortir de toute identification…Ce qui constitue un vaste programme, même si on ne fait que l’envisager comme un but essentiel et souvent improbable, sur la durée d’une existence.

    En dehors de tout jugement moral qui devrait essentiellement reposer sur l’affirmation: « d’abord, ne pas nuire » du serment d’Hippocrate – et pour cela nécessiterait une vision à long terme de l’existence en tant que continuum qui fait bien évidemment défaut à la plupart, il serait judicieux d’interroger le pourquoi du mariage – et de l’homosexualité – à travers les pressions biologiques sociales – et financières -.
    Les motivations homosexuelles sont ni plus ni moins reluisantes dans ce domaine que celles qui concernent le mariage traditionnel, historiquement imposé aux paysans occidentaux et serfs par l’église vers le XIII siècle afin de mieux contrôler la chair, donc les populations qui subsistaient de manière plutôt informelle sur la plupart des plans si l’on excepte les corvées et les engagements militaires contraints – et d’ainsi mieux asseoir le pouvoir séculier sur lequel elle s’appuyait.

    Ceci ne figure évidemment pas dans le Lavisse…
    Quant au mariage des puissants il obéissait à des impératifs connus: refermer et asseoir le pouvoir du clan.(pour faire court)
    Pour un bouddhiste, cette question ne présente donc aucun intérêt particulier dans un monde qui comporte des souffrances à des niveaux plus dramatiques…
    Et le mélange des genres religion – se relier, verbe ici intransitif – et Droit ne fait pas toujours très bon ménage.

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