Accueil Espace Bouddhiste Culture 30 Mai et 1er Juin – Gagok

30 Mai et 1er Juin – Gagok

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GAGOK
avec Kim Young-gi

Jeudi 30 mai à 20h

Samedi 1er juin à 19h

à la Maison des Cultures du Monde

En tournée :

Samedi 25 mai à Cayenne, Guyane française

Plein tarif : 22€

Tarif abonnés : 16€

Tarif réduit : 11€

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Dans cet enchaînement de mélismes d’une exquise délicatesse, le poème éclate, le sens s’abolit, ne reste plus que la musique.

Le gagok est sans nul doute ce que la culture coréenne a produit de plus délicat et de plus raffiné en matière de musique vocale. Loin des formes populaires friandes d’émotions fortes et de celles de cour, hiératiques et figées, le gagok illustre l’art des lettrés, exquis et discret, imaginatif, économe et élégant, un art de salon pour un public choisi, cultivé et mélomane.

Le gagok est apparu vers le XVIIᵉ siècle et son répertoire fut fixé lorsqu’il fut introduit au palais pour compenser le déclin des musiques de cour, causé par les invasions japonaise et mandchoue.

Le gagok est un chant lyrique accompagné par un ensemble d’instruments à vent et à cordes. Il était très apprécié des lettrés et des aristocrates au temps de la dynastie Joseon (1392-1910). Il est en quelque sorte ce que le lied est à la musique allemande ou la mélodie à la musique française. Son répertoire comprend vingt sept chants qui se répartissent en fonction des modes musicaux et du sexe de l’interprète, treize chants sont interprétés par les hommes, treize par les femmes, et le dernier est exécuté en duo mixte.

Chaque poème, dont la brièveté fait penser au haïku japonais, comprend trois vers, chaque vers se composant de quatre mots de trois à cinq syllabes. L’exécution musicale cependant n’épouse pas la forme du poème puisqu’elle le subdivise en cinq parties mélodiques encadrées par des passages instrumentaux. Le gagok est généralement accompagné par un petit ensemble instrumental comprenant la cithare geomungo, la flûte traversière daegeum, le hautbois piri, la vièle à deux cordes haegeum et le tambour en forme de sablier janggu.

L’accompagnement s’organise en strates superposées qui lui donnent toute son épaisseur, faite de timbres mélangés et mouvants. La voix se développe en longues notes tenues, filées ou finement ornementées. Dans cet enchaînement de mélismes d’une exquise délicatesse, le poème éclate, le sens s’abolit, ne reste plus que la musique.

Kim Young-gi naît à Séoul en 1958 dans une famille de musiciens et de danseurs. Son père Kim Yong, dépositaire du bien culturel immatériel n°39, le cheoyoungmu, veut faire de sa fille une musicienne et une chanteuse accomplies. Young-gi va donc apprendre à jouer de la flûte droite danso, de la cithare gayageum et de la cithare à frettes geomungo. Elle tiendra d’ailleurs le geomungo pendant près de trente ans au sein de l’orchestre traditionnel de la ville de Séoul et de l’orchestre traditionnel de KBS, la radio-télévision nationale coréenne. Elle s’initie en même temps au répertoire de chants populaires minyo et, suit pendant 23 ans, l’enseignement de Kim Wol-ha, maître historique de gagok. En 2001, elle est nommée dépositaire de la pratique féminine du gagok. Depuis, elle a donné plus d’une centaine de concerts de gagok à travers le monde et a enregistré quatre CD.


Pour plus d’information : Festival de l’imaginaire




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