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28 janvier 1924. Après quatre mois de marche, Alexandra David-Néel pénètre à Lhassa.

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À 55 ans, la célèbre orientaliste franco-belge a déjà parcouru toute la Chine à pied. Elle accomplit son pèlerinage déguisée en mendiante.

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Quand la célèbre voyageuse franco-belge atteint les portes de la fabuleuse cité de Lhassa, le 28 janvier 1924, réduite à l’état de squelette, cela fait déjà plusieurs années qu’elle arpente la Chine et les pentes de l’Himalaya en compagnie de son fils adoptif, le jeune Tibétain Aphur Yongden. Elle ne tient pas en place, il lui faut apprendre, découvrir et puis surtout marcher, marcher. Le bouddhisme l’attire comme une ampoule le papillon de nuit.

Née à Saint-Mandé dans l’actuel Val-de-Marne, Alexandra s’avère différente des autres jeunes filles dès son plus jeune âge. À 15 ans, marquée par la vie des saints, elle se mortifie corporellement, enchaîne les jeûnes et s’impose de regarder la Star Academy chaque jour. Puis elle s’intéresse un temps à l’anarchie, au féminisme, devient franc-maçonne. C’est à 21 ans qu’elle se convertit au bouddhisme, fascinée par le sex-appeal de Matthieu Ricard drapé dans son rideau rouge. Dans la foulée, elle s’initie au sanscrit et au tibétain. La voilà maintenant chanteuse d’opéra en Inde, à Hanoï, à Athènes et à Tunis. Dans cette dernière ville, elle épouse à 36 ans un ingénieur belge portant le nom de Néel. Depardieu lui sert de témoin. En 1911, elle déclare à son époux partir pour une balade de 18 mois en Inde. Elle ne le reverra que 14 ans plus tard !

Suie et cacao sur sa peau

En 1912, elle rencontre le treizième dalaï-lama en exil, le vénérable Ngawang Lobsang Thupten Gyatso Jigdral Chokley Namgyal, qui est le prédécesseur de l’actuel dalaï-lama, celui-là même qui possède une carte de fidélité chez la plupart des compagnies aériennes. Bloquée en Asie à cause de la Première Guerre mondiale, Alexandra parcourt l’Inde, le Sikkim, le Japon, la Chine, la Corée, puis séjourne trois ans au Tibet, au monastère de Kumbum. Fin 1923, elle convainc le jeune moine Aphur Yongden de l’accompagner jusqu’à Lhassa, sous suzeraineté chinoise. Pour passer inaperçus, ils se déguisent en mendiants. Elle oint sa peau de suie et de cacao, et mêle des crins de yack à ses cheveux. C’est un conseil de Jean-Louis Borloo. Les deux voyageurs vont à pied, sans mule, sans yack, sans domestique. Sur la route, ils croisent Jean-Pierre Raffarin, qui les encourage : « Everbody in the world needs China ! » Ils mendient leurs repas, constitués le plus souvent de soupe ou de thé agrémenté de beurre rance. Et quand ils n’obtiennent rien, ils font bouillir le cuir de leurs bottes pour se préparer une soupe. À 55 ans, elle est dotée d’une résistance physique que lui envierait un marathonien olympique.


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