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Herbie Hancock : « Le bouddhisme, c’est la paix »

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Herbie Hancock : « Le jazz, c’est une conception de l’humanité »


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Vos récents projets reçoivent souvent la participation de chanteurs, cette fois Seal, Pink ou Chaka Khan. Pourquoi ?

Il me semblait important que les messages que je veux transmettre soient formulés vocalement. Sur The Imagine Project, je m’adresse d’ailleurs au plus grand nombre avec des invités qui sont tous des artistes de premier plan, originaires de onze pays différents.

Est-ce plus facile pour un jazzman de collaborer avec des artistes d’univers variés ?

Certainement. Je n’aurais jamais pu enregistrer ce disque sans les fondations du jazz. C’est une musique ouverte, globale et qui s’est nourrie des autres cultures. Le jazz, c’est une conception de l’humanité.

D’où vient votre curiosité ? Avez-vous toujours écouté tous les genres de musiques ?

La curiosité est dans ma nature. Enfant, je m’intéressais aux sciences. La combinaison de mes intérêts pour les sciences et la musique est même ce qui explique que je me sois tout de suite intéressé aux instruments électriques puis électroniques.

Les albums « Head Hunters », « Future Schock » ou « Future 2 Future » correspondent d’ailleurs à des révolutions technologiques dans la musique…

J’ai tout tenté dans ma carrière. Mais le plus important, ce sont les collaborations, parce qu’elles font partie de l’esprit du jazz. Une des choses primordiales que j’ai apprises en travaillant avec Miles Davis, c’est l’écoute. L’écoute est la clé de toute collaboration. C’est la base de mon évolution non seulement de musicien, mais également d’être humain.

L’album est une évocation de la mondialisation et la façon dont nous pouvons influer sur elle. Quel est le message ?

Cet album, c’est ma vision. Mais il ne parle pas de moi, il parle de nous. J’encourage tout le monde à suivre mon exemple : soyons proactifs, prenons les choses en main pour faire ce que nous voulons de la mondialisation. N’attendons pas des politiques qu’ils le fassent, agissons comme les individus que nous sommes.

La mondialisation a pourtant des répercussions très néfastes sur l’économie et le tissu social…

Arrêtons de nous plaindre. Nous sommes au début d’un processus et c’est nous, le peuple, qui détenons le pouvoir sur lui. C’est notre monde, nous en avons la responsabilité.

Vous êtes bouddhiste. Cela influence-t-il votre créativité ?

Tout cet album se rattache au bouddhisme. Le bouddhisme, c’est la paix. La paix intérieure mais également à l’échelle de la famille, de la communauté ou de la nation.

Vous avez longtemps joué des compositions jazz avec des rythmiques et des harmonies complexes. Qu’est-ce qui vous motive dans ce répertoire pop ?

La simplicité de la musique pop est un défi pour moi. Ça exige que je plonge au plus profond de ce que j’ai dans le cœur. J’ai été contraint de développer un jeu minimaliste, sans recourir à un dispositif technique. C’est une autre étape de mon développement.

Vous apprenez donc toujours des choses. Est-ce le secret de votre jeunesse éternelle ?

Oui ! Je suis resté un étudiant. Mais ma matière, ce n’est pas seulement la musique : c’est la vie. Et je n’ai pas l’impression d’avoir 70 ans !


Recueilli par Eric DELHAYE

Herbie Hancock (claviers) avec Greg Phillinganes (claviers), Lionel Loueke (guitare), Vinnie Colaiuta (batterie) et Tal Wilkenfeld (basse).

Source : www.midilibre.com

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