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Quel statut pour les réfugiés climatiques ?

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18.08.2009

Les Nations Unies estiment à 150 millions le nombre d’habitants qui seront obligés de quitter leurs lieux de vie à cause de crises environnementales, d’ici à 2050. Souvent citées à titre d’exemples, l’avancée du désert de Gobi, les inondations au Bangladesh ou dans le delta du Nil, sont déjà la cause de ces déplacements. On pourrait y ajouter les marées noires, les incidents nucléaires et autres rejets toxiques…

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Il est alors lieu de se demander quel va être le statut de ces réfugiés climatiques. Une petite précision d’emblée : le terme plus approprié est « déplacés climatiques ». La nuance est importante pour les spécialistes du droit, qui notent que le terme « réfugié » ne s’applique qu’à ceux qui sont visés par la Convention de Genève, et qui dans les faits, subissent des persécutions.

Mais ce n’est pas la seule spécificité à mettre en avant. Les déplacés climatiques ne pourront jamais, pour la plupart des cas, revenir chez eux. De même, dans les cas de ces pays engloutis, est-ce que les populations vont garder quand même leurs nationalités, ou vont-elles devenir apatrides, de fait ?
Il n’existe pour le moment aucun statut défini juridiquement dans le droit international.

La Commission européenne co-finance un projet de recherche sur le sujet (Each-For, pour « Environmental change and forced migration scenarios »), et l’Onu a bien appelé à la reconnaissance d’un statut, sur le même mode que celui des réfugiés politiques… pourtant pour le moment, rien n’est clair.

Et ce n’est pas près de l’être car, pour être viable, le projet devrait s’appuyer sur une organisation mondiale dotée d’une haute autorité indépendante et d’un fond financier qui lui serait propre.

Pour le moment, la seule idée concernant un tel budget vient de l’Union européenne. Il faudrait, selon elle, mettre en place un fond au niveau supra-étatique, reposant sur le principe de « pollueur-payeur »…
Du coup, sur le terrain, on se débrouille au cas par cas. Ce qui donne parfois lieu à des situations assez dramatiques.

L’archipel des îles Tuvalu, menacée de submersion, a vu sa population fuir vers les pays les plus proches : l’Australie ou la Nouvelle-Zélande. Mais ces états ont mis en place des critères de sélection assez honteux : ainsi, seules les personnes en bonne santé, parlant couramment anglais et dont l’âge se situait entre 18 et 45 ans ont pu être retenues.
Il faut dire, à leur décharge, que ces pays ne pouvaient pas accueillir tout le monde.

Alors, l’un des grands enjeux de la question sera de savoir comment ces nouveaux réfugiés vont être répartis sur la planète, sachant que généralement ils préfèrent ne pas être trop éloignés de leurs anciens pays.


Marie Koenig pour www.budhachannel.tv

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