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Le Confucianisme

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05.08.2010

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En Chine, selon la sagesse populaire, confucianisme, taoïsme et bouddhisme ne sont qu’une religion.

Les adeptes des religions chinois croient que le monde, et tout ce qu’il contient, représente le Yin et le Yang. Le monde existe dans l’équilibre de ces 2 forces. Rien n’existe sans son contraire: le féminin sans le masculin; le passif sans l’actif; le blanc sans le noir; le froid sans le chaud. Ainsi, le masculin est dans le féminin; l’actif dans le passif; le noir dans le blanc; le chaud dans le froid …

Les trois croyances ou morales des Chinois:

Le Confucianisme apparut au VIe siècle avant notre ère et est développé ici-bas.

Le Taoïsme apparut vers II siècle de notre ère. Toute la philosophie du Taoïsme tient sur le Tao: « la Route, La Voie ». Selon le Taoïsme, les humains sont partie de la nature, autant que les animaux,les plantes. (détails)

Le bouddhisme venu de l’Inde, par la route de la soie, s’est développé aux environs du Ve siècle. (détails)

La vie de Confucius

– Contemporain de Bouddha, Confucius (en chinois Kong Fu-zi, « maître Kong ») est né dans une famille pauvre de la petite noblesse et a vécu de 551 à 479 avant J.C. Il put néanmoins faire de bonnes études et reçut une éducation complète. A 22 ans, il ouvrit une école et forma des disciples. Puis il se mit à voyager à travers la Chine pour offrir ses conseils aux gouvernants. Après une courte période d’exercice du pouvoir à la tête d’une province, il regagna son pays natal de Lou (nord-ouest de la Chine) où il devait se consacrer à l’enseignement jusqu’à sa mort.

– La personnalité de Confucius n’est connue que par le Lunyu (Entretiens), recueil de propos du maître rapportés par ses disciples. Mais l’essentiel de la pensée confucéenne se trouve dans le corpus des « textes canoniques » (jing) qui se divise en deux groupes : d’une part les cinq textes canoniques (parmi lesquels le célèbre Yi Jing, ou « Livre des mutations ») qui sont attribués à Confucius lui-même et, d’autre part, les textes canoniques composés plus tardivement par ses disciples. Le confucianisme est donc une doctrine dont on est loin de pouvoir attribuer l’élaboration au maître lui-même, et qui ne s’est véritablement développée qu’après lui.

Les principes du Confucianisme

– La pensée de Confucius est dominée par l’idée de l’ordre social. Le spectacle des malheurs et du déclin de la société de son temps l’incite à chercher des recettes susceptibles de rétablir le sentiment du bien public. Pour ce faire, Confucius, esprit profondément conservateur, se tourne vers les valeurs et les pratiques du passé – un passé qu’il idéalise – auxquelles il va tenter de redonner forme.

– Pour lui, la morale est inséparable de la politique : chacun, en s’efforçant d’atteindre la perfection, doit contribuer à la cohésion de sa famille et de l’Etat. L’harmonie sociale découle d’un principe d’autorité strict : le souverain doit obéir au Ciel, le sujet au souverain, le fils au père, la femme à son mari, le cadet à l’aîné, chacun étant ainsi maintenu en sa juste place et témoignant du respect envers son supérieur.

– Mais, s’il est nécessaire, le respect ne suffit pas. Il faut aussi, pour la bonne marche de la société, se conformer aux rites : pratiquer selon les règles le culte des ancêtres et, pour l’empereur, le Culte du Ciel, célébrer les fêtes traditionnelles liées au rythme des saisons, honorer les divinités du foyer. L’ordre social et l’ordre de la nature étant liés, l’observation des rites permet à chacun de s’accorder aux puissances qui gouvernent l’univers, afin que soit maintenue l’harmonie universelle.

– Les cinq grandes vertus sont : le respect de soi et d’autrui, la générosité, le zèle, la loyauté et la bonté.

– Et les trois qualités essentielles: la prudence, la piété et le courage.

Cultiver et développer ces qualités permettent l’instauration de relations sociales harmonieuses.

La religion des Chinois

Quoique la très grande majorité des Chinois n’ait aucune préocccupation religieuse, il subsiste en Chine une tradition religieuse originale faite d’un mélange de confucianisme, de taoïsme, de bouddhisme et de superstition dont le dosage varie selon les individus.

Le confucianisme, fondement de la culture chinoise

Quand la Chine redevint un empire centralisé, après la période de troubles dont Confucius fut le témoin, les principes du confucianisme furent officialisés et introduits dans la culture populaire. Ce rôle fut confié aux mandarins, lettrés recrutés sur concours. Cependant, l’absence de mysticisme de la doctrine confucéenne ne pouvant guère satisfaire la religiosité populaire, celle-ci trouva un exutoire dans le taoïsme et ses pratiques magiques. Quand le bouddhisme apparut en Chine, il assimila une bonne part du taoïsme au point qu’aujourd’hui encore, les deux courants se partagent les mêmes temples. L’histoire de la Chine a toujours été marquée par l’alternance du confucianisme, soutenus par les pouvoirs forts, du taoïsme et du bouddhisme. C’est la combinaison de ces trois doctrines religieuses qui caractérise la culture chinoise. Le confucéen, pragmatique, contrôle ses désirs pour vivre en harmonie avec le monde, alors que le bouddhiste cherche à les anéantir pour s’en évader.

Le culte

Les temples chinois hébergent aussi bien des statues de Bouddha, de Lao-zi (Lao Tseu) et de Confucius, que celles d’humains divinisés, généraux, rois ou calligraphes renommés. Certaines célébrités régionales peuvent également être divinisées : par exemple, on honore le constructeur d’un barrage qui permit de maîtriser les inondations. Les temples locaux célèbrent le culte de l’ancêtre du clan, assimilé au culte de la vie. Qu’ils résident dans les grandes villes du pays ou à l’étranger, les Chinois originaires d’une même région ou d’un même village conservent entre eux des liens très forts. Regroupés en associations très actives autour d’un temple, ils honorent, à côté de Bouddha, leur ancêtre clanique. Le culte consiste essentiellement en prières de demande, le fidèle brûlant des baguettes d’encens et consultant les divinités selon diverses modalités pour obtenir des conseils à propos de sa vie professionnelle ou affective. Les funérailles relèvent des rites bouddhistes qui offrent l’espoir d’une réincarnation. La religion des Chinois, avec ses composantes confucianiste et bouddhiste, a influencé les pays voisins de la Chine, comme la Corée, le Japon ou le Vietnam.

Quelques aphorismes

Un homme de bien n’exige pas tous les talents et toutes les qualités chez une seule personne.

Vous ne savez pas ce qu’est la vie, comment pourriez-vous savoir ce qu’est la mort?

Vous ne savez pas comment servir les hommes, comment sauriez-vous servir les Dieux?

Il faut respecter les Dieux, mais s’en tenir éloigné.
Pourquoi rendre le bien par le mal? Que rendrez-vous alors pour le bien?

Le bouddhisme a eu des problèmes pour s’implanter en Chine vu :

1. doctrine étrangère => considérée comme barbare

2. pas présenté ou annoncé par Confucius => hétérodoxe

3. égalité du bouddhisme (vision horizontale) >< respect hiérarchique du confucianisme (vertical)
4. ascétisme bouddhiste >< sensualité et plaisirs non proscrits par Confucius
5. chasteté des moines => pas de descendance => culte des ancêtres ????

6. bouddhistes refusent de se prosterner devant l’Empereur => sacrilège

Confucius, forme latinisée de Kongfuzi, vécut de 551 à 479 avant J.-C. à Qugu, dans la province de Shandong. On connaît mal sa vie, mais sa pensée nous a été transmise par les Analectes, un recueil d’entretiens avec ses disciples. Bien qu’on lui attribue aussi les cinq « Classiques », ces ouvrages ont été compilés sur une très longue période et comportent de nombreux ajouts tardifs.

Le confucianisme est une philosophie morale dont l’enseignement central est le ren (jen), la vertu d’humanité qui est associée à la bienveillance, la loyauté, au respect et à la réciprocité. Confucius décrit cinq types de relations : entre gouvernant et ministre ; entre père et fils ; entre mari et femme ; entre frère aîné et son cadet ; entre deux amis. Dans chaque relation, le supérieur a un devoir de protection, l’inférieur un devoir de loyauté et de respect. Tous les êtres humains sont en dernière instance soumis à la volonté du Ciel qui est la réalité primordiale, la source ultime de l’Ordre et de la morale. Ce principe n’est pas l’objet de spéculations, on communique avec lui par l’intermédiaire des rites. Dans certains textes, il est synonyme de Shangdi, le Seigneur d’En Haut. L’Empereur est censé détenir du Ciel son mandat pour gouverner.

Selon Confucius, outre la pratique du ren et des relations correctes, des rites et des sacrifices sont nécessaires. Le culte du Ciel exigeait que l’Empereur, fils du Ciel, sacrifiât chaque année un animal au temple du Ciel à Pékin. D’autres sacrifices étaient offerts à la Terre, au Soleil, à la Lune et aux ancêtres impériaux. Après sa mort, Confucius devint l’objet d’un culte.

Le confucianisme aujourd’hui

Le confucianisme perdit le soutien de l’Etat chinois à la chute des Qing (1911). La Révolution culturelle (1966-76) supprima sans ménagement toute pratique rituelle publique. Pourtant la tradition des études confucéennes est restée vivante. Chez les communautés chinoises installées à l’étranger, on assiste à un regain d’intérêt pour le confucianisme populaire et savant. En Chine même, la célébration de l’anniversaire de Confucius par les autorités communistes contemporaines marque une évolution par rapport à l’attitude critique de Mao. Au niveau populaire, les structures sociales et l’éthique confucianiste sont toujours bien ancrées, la piété filiale restant le fondement de la société chinoise.

Dans les pays d’Asie orientale à forte présence chinoise, l’observance des rites confucéens, y compris la vénération des ancêtres et le culte de Confucius, côtoie les croyances et pratiques d’autres religions, qu’elles soient ou non chinoises. De même qu’en Chine, la pratique complémentaire de diverses religions est de règle, et le syncrétisme fait partie de la vie religieuse de la Malaisie, de l’Indonésie, de la péninsule indochinoise, de la Corée et du Japon. Il est parfois préférable de considérer la religion chinoise comme un tout plutôt que d’en isoler ses composantes : bouddhisme, confucianisme, taoïsme, chamanisme.


Source: asialain

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