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Pratique du Zen vivant — par Jacques Brosse

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Pratique du Zen vivant

Par Jacques Brosse

Edité chez Albin Michel

En vente depuis janvier 2005

Format : 225 mm x 145 mm

464 pages

EAN13 : 9782226157058

Prix : 22.00 €

L’oeuvre et l’auteur:

Introduit en France par le moine japonais Taisen Deshimaru dans les années soixante-dix, le bouddhisme zen reste l’un des apports les plus vivaces de l’Orient à la spiritualité occidentale. Depuis trente ans, des maîtres européens enseignent cette philosophie de la vacuité et les techniques de méditation qui la mettent en oeuvre.

Jacques Brosse, auteur notamment de Zen et Occident et de l’encyclopédie L’Univers du Zen, est l’un des plus reconnus de ces maîtres. Depuis sa formation complète auprès de Taisen Deshimaru, il dirige des sesshin (sessions d’enseignement et de méditation) dans divers pays francophones. Dans La Pratique du Zen vivant : l’enseignement de l’éveil silencieux, il offre pour la première fois à lire la transcription de treize sesshin. Les intuitions des sages indiens, japonais et tibétains sont éclairées par des regards sur saint Paul, Spinoza ou encore Einstein, et les séances de discussion qui suivent chaque cours aident chacun à éclaircir les enjeux et à poursuivre la réflexion. Une façon unique de découvrir le zen tel qu’il se pratique et s’enseigne aujourd’hui, alternative ou complément idéal à la fréquentation régulière d’un centre zen.

Extrait:

Si zazen ne doit pas changer votre esprit, vos réactions au monde, aux autres et à vous-mêmes, il est inutile de vous mettre en posture, ou alors il vous faut modifier votre attitude en zazen du tout au tout, car vous n’avez pas encore compris ce qu’est véritablement zazen. Seulement, un tel changement d’esprit, vous ne pouvez y parvenir de manière stable et durable tant que vous n’aurez pas une pratique régulière, assidue, quotidienne, qui modèle votre vie au jour le jour, une pratique qui ne se limite pas à la durée d’une sesshin qui ne serait qu’un entracte dans votre vie.

Laissons pour le moment de côté des termes comme « nature de Bouddha », « visage originel », ou même « éveil. Ce ne sont là que des mots dont on se gargarise avec complaisance et derrière lesquels on abrite son inaction, son apathie, son ignorance. Partons d’une notion beaucoup plus empirique, beaucoup plus concrète, celle que vous expérimentez en ce moment: shikantaza, « être assis sans rien faire », sans penser à rien de précis, sans rien espérer ni rien attendre, juste pour voir s’il va se passer quelquechose. Shikantaza entraîne automatiquement une modification radicale de notre esprit, le franchissement d’une frontière, celle qui sépare le deuxième mode de fonctionnement de l’esprit du troisième chez Bateson et Hofstadter, celle qui sépare la pensée conventionnelle, conceptuelle, discursive qui n’est qu’une sécrétion du mental, d’une autre forme de pensée, plus profonde, plus décisive, plus engagée, intuitive, directe, spontanée et spontanément évidente, qui est l’intuition pure, ce que Bergson appelle la « connaissance immédiate, claire et directe », et dont, au siècle précédent, Schelling écrivait qu’elle était « l’expérience la plus intime et la plus propre à nous-mêmes ».

Notre mode de pensée ordinaire est routinier, casanier, il tourne en rond, le second est aventureux, il s’ouvre sur l’illimité, l’infini. A vous de choisir, si vous n’avez pas le vertige et même si vous l’avez, sinon, vous n’en sortirez pas vivants, vous ne sortirez pas de vous-mêmes, de votre futur cadavre. Vous seuls pouvez choisir, je ne puis le faire pour vous.

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