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Journée contre l’homophobie – les religions invitées à prendre position à l’Assemblée

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Trois tables rondes et beaucoup de questions à aborder, voici le point de départ du colloque organisé lundi sur le thème de la religion, dans le cadre de la journée contre l’homophobie.

A l’initiative de plusieurs associations LGBT de sensibilités religieuses comme David et Jonathan (chrétien), le Beit-Haverim (juif), ou encore HM2F (musulman), ce colloque est ouvert à tous.

Pour en savoir plus, Louis-Georges Tin, universitaire et fondateur de la journée contre l’homophobie, Olivier Pradel membre de l’association David et Jonathan, et Ludovic Zahed président de l’association HM2F, répondent à nos questions.

En quoi ce colloque est-il une première ?

Louis-Georges Tin : Ce colloque est une initiative inédite car, pour la première fois en France, les grands cultes seront représentés officiellement (christianisme, judaïsme, islam, bouddhisme), et invités à prendre position sur l’homophobie et la transphobie.

En effet, nous demandons aux leaders religieux non pas d’approuver l’homosexualité ou la transidentité, mais, chose bien différente, de désapprouver l’homophobie et la transphobie.

Nous savons déjà qu’ils sont prêts à le faire, et ils viennent dans cet esprit-là, mais nous aurons lors de ce colloque leurs avis et positions exactes à ce sujet. C’est une étape très importante.

Mais ce n’est qu’une étape. Nous avons demandé aux intervenants de faire des propositions concrètes, et au-delà du 17 mai, nous voulons mettre en place un mécanisme de suivi, afin que les engagements de principe pris lors du colloque trouvent une application pratique, et durable, sur le long terme. C’est donc un colloque à ne pas rater.

Est-ce-qu’il a été facile de faire venir ces représentants ?

Ludovic Zahed : Oh non! Louis-Georges Tin a du s’armer de patience et être convainquant. Certains ont répondu présent très vite et d’autres pas, je pense que ça correspond aussi à leur point de vue sur le sujet, certains sont très frileux et d’autres moins.

Mais de toute façon ils n’ont pas le choix, ils doivent se mettre au diapason et se positionner.

N’est-ce pas un peu hypocrite de leur faire condamner l’homophobie, sans accepter l’homosexualité ?

Olivier Pradel : On pourrait le croire, mais c’est une étape importante et bon nombre de religions, y compris en France, en sont loin. Preuve en est la timide réponse de Mgr Vingt-Trois à notre interpellation à la suite des violences devant Notre-Dame ou encore les propos du cardinal Bertone qui n’ont jamais été démentis, malgré nos protestations et manifestation devant la Nonciature.

David & Jonathan agit depuis des années contre l’homophobie mais cette nouvelle étape est l’occasion d’une parole claire et sans ambiguïté. Elle a été préparée par notre livre Noir-Gris-Blanc sur l’homophobie, l’appel des intellectuels du 17 mars et notre récente lettre ouverte aux autorités religieuses, signée par le Beit Haverim, HM2F et D&J. Nous saurons rester vigilants pour constater si elle est ou non suivie d’effets sur le terrain.

Ludovic Zahed : L’objectif c’est que dans 20 ans, ou plus tard, on puisse être musulman et homosexuel, ou croyant et homosexuel sans que cela pose de problème. Bien sûr on en est encore loin et parfois on a l’impression que c’est un combat sans fin, mais même si cela prend du temps il faut les éduquer.

L’homophobie vous semble-t-elle plus forte qu’avant ?

Olivier Pradel : La situation est contrastée. A tous les niveaux, nous constatons des durcissements et des ouvertures. Les hiérarchies religieuses tiennent des propos homophobes ou agissent pour limiter l’avancée des droits des homosexuel-le-s ou transexuel-le-s, même si à D&J nous avons l’expérience de dialogue fructueux avec certains évêques, mais cela reste marginal.

En revanche, de nombreux chrétiens et communautés font de réels gestes d’ouvertures, suivant en cela l’évolution des mentalités.

On constate hélas aussi des groupuscules de plus en plus radicaux, justifiant leur homophobie par des arguments religieux. C’est face à ses replis identitaires, refusant l’évolution des moeurs, qu’une parole claire des autorités religieuses est plus qu’urgente.

Ludovic Zahed : L’homophobie, au sein de la communauté musulmane, est beaucoup plus présente est violente. Il est donc très important de faire évoluer les mentalités.

Auteur : Margaux Guignard

Source : http://www.tetu.com

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