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Visite du Dalaï Lama aux Etats-unis

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08.10.2009

DL2.jpgAprès près de deux semaines d’une visite aux États-Unis et au Canada marquée par de nombreuses discussions sur la spiritualité, le Dalaï Lama passe cette semaine à Washington.
Il y a été ovationné par les parlementaires américains lors d’une visite au Congrès, où lui a été remis un prix pour la défense des Droits de l’Homme, [[A l’occasion d’une cérémonie au Capitole, le Dalaï Lama a reçu le Prix Tom Lantos, du nom de l’ancien président de la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants qui a toujours tenu la protection des Droits de l’Homme pour une mission politique d’une importance capitale]] mais il n’a pas eu les honneurs de la Maison Blanche, où il s’est pourtant rendu depuis 1991 à chacune de ses visites à Washington. Il a cependant déclaré dans une interview à CNN qu’il n’était pas déçu, ajoutant avoir compris que M. Obama ne « le rencontrerait pas cette fois-ci pour éviter d’embarrasser le président chinois » Hu Jintao [[[Barack Obama rencontrera le Dalaï Lama avant la fin de l’année, mais après sa visite en Chine en novembre 2009, a annoncé le 6 oct. la Maison Blanche, alors que le président américain est sous pression pour rencontrer le chef spirituel tibétain, actuellement en visite à Washington.
Le Premier ministre tibétain en exil, Samdhong Rinpoche a accusé de son côté les États-Unis et d’autres pays occidentaux d’opter pour « l’apaisement » avec Pékin à mesure que le pays se développe économiquement.
Du côté des sympathisants de la cause tibétaine, certains se sont insurgés contre l’attitude de la Maison Blanche.
« Que penseraient un moine ou une religieuse bouddhistes emprisonnés à Drapchi (la plus grande prison de Lhassa) en entendant que le président Obama, le président des États-Unis, ne va pas rencontrer le Dalaï Lama ? », s’est ainsi indigné récemment l’élu républicain de Virginie Frank Wolf.
« J’entends presque les voix de leurs gardiens chinois leur disant que personne ne se soucie de leur sort aux États-Unis », a-t-il ajouté.
Par ailleurs, Lodi Gyari, représentant du Dalaï Lama lors de différentes rencontres avec les autorités chinoises, a par contre défendu la décision de Barack Obama de ne pas rencontrer le Dalaï Lama, indiquant que le réchauffement des relations entre les États-unis et la Chine était dans l’intérêt des Tibétains, que les Tibétains avaient une vue plus large et à plus long terme et qu’il serait préférable que la rencontre ait lieu après la visite d’Obama en Chine, espérant que cette relation sino-américaine coopérative créera les conditions pour soutenir la résolution des doléances légitimes des Tibétains.
]]. Soucieux ne pas entrer dans la polémique, le Dalaï Lama a déclaré qu’il était satisfait de la politique menée jusqu’à présent par M. Obama, assurant qu’il avait des contacts avec lui via des canaux confidentiels.
« Je pense que c’est mieux dans certains cas », a dit le Dalaï lama à propos de cette manière de communiquer. « Je crois qu’une bonne discussion vaut mieux qu’une belle photo », qui montrerait les deux hommes ensemble, a-t-il poursuivi.
Le Dalaï Lama a par contre rencontré Maria Otero, responsable du dossier tibétain auprès du gouvernement américain. [[La secrétaire d’ État américaine Hillary Clinton a nommé une « Coordinatrice spéciale pour les questions tibétaines ».
La diplomate Maria Otero, sous-secrétaire d’ État chargée de la démocratie (depuis le 10 août 2009), aura à « coordonner les politiques, les programmes et les projets relatifs aux questions tibétaines du gouvernement des États-Unis, dans le contexte de notre relation bilatérale avec la République populaire de Chine », indique un document publié par le département d’ État.
Elle devra en particulier « encourager des discussions substantielles entre les représentants du Dalaï Lama et le gouvernement chinois », et « soutenir les initiatives visant à la sauvegarde de la culture tibétaine ».
Le département d’ État, qui a annoncé cette nomination le jour-même du 60ème anniversaire de la Chine communiste, souligne dans son communiqué que la fonction de coordinateur pour le Tibet existait déjà dans la précédente administration américaine, du temps du président George W. Bush (NdR : Paula J. Dobriansky, Sous-secrétaire d’ État à la Démocratie depuis mai 2001, avait été nommée Coordinatrice spéciale pour les questions tibétaines en février 2007, poste maintenu jusqu’à la fin du mandat présidentiel en janvier 2009).
Mme Otero conserve par ailleurs ses fonctions de sous-secrétaire d’ État chargée de la démocratie.]]

« Si nous ne parlons pas franchement des Droits de l’Homme en Chine et au Tibet, nous perdons notre droit à parler franchement des Droits de l’Homme partout ailleurs dans le monde », a déclaré la présidente de la Chambre, Nancy Pelosi, en remettant son prix au leader tibétain.

Rencontre avec Wang Lixiong
Le 7 octobre, le Dalaï Lama a rendu hommage à Washington à l’écrivain chinois Wang Lixiong [[Wang Lixiong fait partie des intellectuels chinois qui ont signé le 22 mars 2008 un appel au gouvernement chinois pour appeler au dialogue avec le Dalaï Lama.
Spécialiste du Tibet et prônant son auto-détermination, il avait déjà eu l’occasion de prendre fréquemment position en faveur du Tibet, en dénonçant la distortion des faits dans l’Histoire officielle en Chine, ou par exemple lors de l’arrestation de Tenzin Delek Rinpoché ]] qui a défié Pékin en prônant une réconciliation avec le chef spirituel tibétain.
Au cours de sa visite dans la capitale américaine, le Dalaï Lama a remis un prix à l’écrivain [[Il s’agit du Prix « Light of Truth » (Lumière de la Vérité) décerné conjointement à Wang Lixiong et, à titre posthume, à Julia Taft, décédée en 2008, qui fut Coordinatrice spéciale pour le Tibet de 1999 à mai 2001, lorsqu’elle fut remplacée par Paula J. Dobriansky. Ce prix décerné par International Campaign for Tibet, est remis aux personnes ou institutions ayant apporté une contribution essentielle à la compréhension de la situation au Tibet vers un public plus large, ou ayant aidé au combat pour les Droits de l’Homme et la liberté démocratique pour le peuple tibétain. Source ICT.]], à l’origine d’une pétition signée par plus de 300 influents chinois qui avaient dénoncé en 2008 les violences meurtrières au Tibet.
Au cours de la cérémonie organisée par l’ONG International Campaign for Tibet (Campagne internationale pour le Tibet), Wang Lixiong, marié à la poétesse tibétaine Woeser [[Voir l’article « Les autorités chinoises font disparaître les articles de blogs faisant référence à l’écrivaine Woeser » ]], a estimé que les personnes qui avaient signé la pétition n’étaient « pas du tout ce que la propagande chinoise prétend que nous sommes – des anti-chinois. Nous sommes à l’opposé de cela, nous aimons vraiment la Chine ».
« Mais aimer la Chine ne veut pas dire aimer le gouvernement. Oser critiquer le gouvernement c’est pour le bien de la Chine, mais un gouvernement qui n’accepte pas la critique peut seulement nuire à la Chine », a-t-il ajouté. (AFP diverses dépêches du 1 au 8 oct. 2009)


Source : www.tibet-info.net

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