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Marie-Olympe de Gouges : La 1ère féministe

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Une femme qui, à elle seule, a su faire bouger beaucoup de choses. En avance sur son temps, Olympe de Gouges peut être considérée comme la première féministe de l’histoire de France. Née le 7 mars 1748 à Montauban, elle a laissé de nombreux écrits très engagés notamment sur la traite des esclaves et sur la condition de la femme dans la société.
Mariée et mère à 17 ans, elle devient veuve presque aussitôt. Montauban lui paraît alors trop étroit, elle décide donc de partir pour Paris afin d’exercer ses passions : l’écriture et le théâtre.


Des pièces politiques et polémiques jouées à Paris et en province sous la Révolution. Olympe de Gouges ne laissait aucune place au consensus, elle voulait faire réagir la société ainsi que ses contemporains face à des injustices qu’elle ne supportait pas. La plus célèbre de ses œuvres théâtrales fut l’Esclavage des Noirs, publiée sous ce titre en 1792 et inscrite au répertoire de la Comédie Française le 30 juin 1785 sous le nom de Zamore et Mirza, ou l’heureux naufrage. Très engagée, Olympe de Gouges a très vite intégrée le Société des amis des Noirs, groupe de pression des abolitionnistes créé en 1788.
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Mais la lutte qu’elle mena avec le plus de force fut sans conteste celui pour les droits des femmes. Pour cela, elle utilisa encore et toujours sa plume juste et terriblement efficace. D’abord, elle sollicita la reine Marie-Antoinette pour protéger « son sexe ». Loin de s’en tenir là, Olympe de Gouges voulut marquer de son empreinte l’histoire de la Femme dans le monde. Elle rédigea ainsi la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne en septembre 1791, calquée sur la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789.


Utilisant avec talent le sens de l’ironie, elle souhaita rappeler aux dirigeants et grands fondateurs de l’après Révolution que l’égalité des sexes serait une valeur prépondérante en France. A l’époque, les femmes ne possédaient ni le droit de vote, ni l’accès aux institutions publiques, ni aucune liberté professionnelle ou droit de possession. Olympe se joue donc de tous les préjugés d’alors, écrivant comme un rappel que « La femme naît libre et demeure égale en droits à l’homme ».


Pionnière en matière de droit social, elle demandait également le droit au divorce – adopté quelques mois plus tard – ainsi que la reconnaissance des enfants nés hors mariage.


Cette grande femme, auteur de talent, citoyenne engagée, précurseur de tout un mouvement de lutte sociale, connût pourtant une fin des plus tragiques. Après plusieurs années de prison, elle fut exécutée sous la Commune de Paris.
Condamnée à mort pour avoir soutenu les Girondins, Olympe de Gouges monte sur l’échafaud avec toute la dignité dont elle est capable. Dans son célèbre texte « Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne », elle affirmait avec une teinte de prémonition macabre qu’ « une femme a le droit de monter sur l’échafaud, elle doit avoir également celui de monter à la tribune ».


Antoine Ginekis pour www.buddhachannel.tv

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