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Homosexualité, Tolérance et Répression

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Luttes et Défaites, Victoires et Libération


D’après le psychiatre américain Judd Marmor « peut être considérée comme homosexuelle une personne qui, durant sa vie adulte manifeste une préférence pour des personnes de son propre sexe, est érotiquement (sexuellement) attirée par ces personnes et a habituellement (mais pas nécessairement) des relations sexuelles avec une ou

Amour, homosexualité
Amour, homosexualité
plusieurs de ces personnes. »

Néanmoins cette définition est à contraster car l’homosexualité n’est pas une théorie scientifique sinon un phénomène humain qui s’appuie sur des notions pour le moins subjectives telles que les sentiments, l’amour ou encore le désir et la passion.


Avec des parcours de vie similaires, une personne peut se déclarer homosexuelle, une autre bisexuelle et une dernière hétérosexuelle. La perception de soi et de sa sexualité est particulière à chaque individu et ne peut en aucun cas être généralisée en une définition savante de quatre lignes.

Florence Tamagne, dans son livre Histoire de l’homosexualité en Europe. Berlin, Londres, Paris explique qu’entre militantisme revendicatif, féminisme affirmé, bisexualité et amours platoniques la différence est mince ; le combat reste le même bien que moins officiel et plus intériorisé selon les cas et un point commun les réunit : une attirance pour les personnes de même sexe.


Ces questions d’identité sexuelle sont apparues avec le développement des technologies et des sociétés, la société humaine se noyant dans un conformisme rigide de plus en plus étouffant et à pensée unique qui mènera ses sociétés, en Occident, à une véritable lutte humaine pour une libération sexuelle presque totale dans les années 70.

Mais peut-on parler de cette période comme étant la première période de libéralisation du sexe et de ses tabous ? L’homosexualité n’était-elle pas il y a des milliers d’années un phénomène qui dans certaines sociétés faisait office de marque d’honorabilité et de subtilité ?

Pour répondre à cette question à laquelle beaucoup contesteraient un simple « non », il faut prendre le cas de la Grèce Antique, de l’Empire romain ou encore des Pharaons d’Egypte.

Proust déclare : « Aimer un jeune homme au temps de Socrate était comme, aujourd’hui, entretenir une maîtresse, puis se fiancer avec une autre femme« .

Au sein des sociétés grecques de l’Antiquité l’homosexualité masculine était un sujet plus ou moins banalisé. Les relations entres hommes et surtout entre aînés et plus jeunes étaient valorisés. En effet, si l’on reprend les termes de l’époque les couples étaient formés d’un « adulte » qu’on appelait « éraste » et d’un adolescent appelé « éromène ». Le principe consistait en l’enlèvement du jeune garçon par l’aîné, censé montrer la sincérité amoureuse de l’intéressé. La famille du jeune garçon respectait l’enlèvement et donnait un accord symbolique à l’éraste après l’avoir gentiment réprimandé. Ce rituel tenait lieu d’approche amoureuse, ces relations entre hommes étaient des signes de valeurs morales ainsi que matérielles et pourtant jamais on n’entendra à l’époque le terme « homosexualité » à proprement parler.

Ce n’est qu’en 1868 que les termes « homosexualité » et « hétérosexualité » apparaissent pour la première fois par écrit en allemand, dans une lettre que le docteur hongrois Károly Mária Kertbeny adresse à Ulrichs.

Grèce antique
Grèce antique


Dans l’Egypte ancienne la situation serait presque comparable si l’on s’en tient à la fameuse histoire d’amour entre Pepi II et son général, le viol d’Horus par Seth ou encore au fait que certains homosexuels considèrent Akhenaton comme un des leurs. Néanmoins, même si la communauté n’interdisait pas l’homosexualité, elle ne la jugeait pas pour autant recommandable.

Cependant ces épisodes de vie et d’histoire qui datent d’il y a des millions d’années et qui mettent en scène des personnages importants, qui à leur manière ont construit le monde, prouvent que l’homosexualité n’est pas un phénomène nouveau et qu’il s’inscrit dans un contexte d’universalité et d’intemporalité.


L’homosexualité a connu des heures de gloire mais aussi un nombre assez représentatif de défaites et d’humiliations. Longtemps puni de mort ou de prison à vie, ce qu’on appelait entre le Moyen-Âge et le 19ème siècle la « sodomie », était un acte jugé immoral, terrible et jugé comme un crime contre l’ordre de la nature. De dépénalisations en pénalisations et vis-versa, la communauté homosexuelle fut acceptée et rejetée à tour de rôle sans que personne ne se préoccupe réellement de leurs droits légitimes et surtout des conséquences d’une telle abscence de statut officiel : suicides, meurtres, dépressions.


Ce n’est qu’au 20ème siècle que les sociétés, troublées et torturées par la seconde guerre mondiale, fatiguées par la reconstruction d’un monde en friche et libérées dans les années 70 ont intégré petit à petit l’homosexualité, l’incluant partiellement ou totalement au fonctionnement socio-économique des divers pays dits « développés ».


Mais qu’en est-il de son statut dans les pays dits « en voie de développement », pays oú les traditions, les mœurs et la religion sont le plus souvent fondamentales et guides du bon fonctionnement des sociétés ?

Pendant longtemps tabou l’homosexualité trouve peu à peu sa place dans la société d’aujourd’hui. Mais ne reste-t’elle pas taboue ? Alors que le Vatican prône la chasteté et menace d’excommunier la moitié de la planète hétérosexuelle, alors que l’extrémisme islamique inquiète la communauté internationale et porte de plus en plus préjudice à l’intégralité de la religion musulmane tant sur un plan moral que politique, qu’en est-il aujourd’hui de l’homosexualité au sein des principales religions du monde ?


Adeline Journet pour www.buddhachannel.tv

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