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Suisse — Le dalaï-lama a captivé son public hier à Lausanne

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05.08.2009

CONFÉRENCE | Le chef spirituel des Tibétains a livré une initiation au bouddhisme accessible à tous. Badin sur la grippe A, il a aussi lancé un vibrant appel pour son peuple.

© AFP | Le dalaï-lama
© AFP | Le dalaï-lama

Le dalaï-lama est une bête de scène qui s’amuse de son assistance pour mieux la captiver. C’est incontestablement ce qui a plu aux nombreux curieux qui ont suivi l’initiation au bouddhisme, hier à Lausanne, dans la patinoire de Malley. Sans prosélytisme, depuis son trône, surplombant l’assemblée, Tenzin Gyatso a tenu un discours à la portée de tous, ponctuant quelques-unes de ses explications par des petits rires. Assis en tailleur, l’index levé pour souligner son propos, il ne fait pas de détour pour évoquer la création. «C’est du sperme qui féconde un ovule», lance-t-il devant un parterre médusé.

Un enseignement à la portée de tous

«Je suis chrétienne, mais les enseignements du dalaï-lama sont la base de toutes les religions», témoigne Christiane Oeschlin, de Lausanne. «Je suis venu pour voir la personnalité publique, assure Yves Jacquiéroz, de Martigny. J’ai finalement trouvé qu’il était une personne normale, qui rigole comme tout le monde.»

Il est vrai que le chef spirituel possède un sens certain de l’humour. En conférence de presse, il n’a pas hésité à tourner en dérision la journaliste lui demandant quelles étaient ses recommandations face à la pandémie attendue de grippe H1N1.

«Je ne sais pas… Allez voir votre médecin», a-t-il répondu avant de plonger dans son sac en riant. Quelques secondes plus tard, il a sorti un flacon de gouttes pour dégager le nez et se l’est planté dans une narine en continuant de pouffer. «Non, je suis désolé, mais je n’ai pas de réponse.»

Ce qui ne l’empêche pas quelques minutes plus tard de retrouver son sérieux en invitant la communauté internationale à enquêter sur les répressions chinoises qui auraient toujours lieu au Tibet.

Si Tenzin Gyatso insiste pour donner un enseignement à la portée de tous, il attire tout de même les adeptes bouddhistes bien au-delà de nos frontières, comme ces 22 femmes qui ont fait le voyage depuis le Wisconsin, aux Etats-Unis. Les Tibétains, qui représentent 4000 habitants en Suisse, sont également présents, facilement reconnaissables à leurs vêtements traditionnels. «C’est un devoir pour nous de travailler pour notre chef spirituel», remarque dans un anglais peu sûr un jeune bénévole.

Un appel pour le Tibet

Le dalaï-lama a appelé hier la communauté internationale à faire la lumière sur les violences qui ont ensanglanté le Tibet l’an dernier. Près de 4000 personnes sont encore détenues sans jugement, selon lui. Le chef spirituel des Tibétains a insisté devant la presse pour que la vérité apparaisse enfin sur les manifestations et leur répression par les Chinois.

A sa connaissance, plus de 200 personnes ont été tuées. Mais en fait, ce sont «sans doute plus de 1000 personnes» qui ont perdu la vie. Il a enjoint la presse à aller voir sur place de ses propres yeux, même si cela coûte un peu cher. «Ce serait plus efficace que la propagande chinoise, à laquelle la population chinoise elle-même ne croit pas», a lancé le dalaï-lama. Et «si nos informations (sur les massacres) sont fausses, nous présenterons nos excuses», a-t-il ajouté.
ATS


Par Raphaël Ebinger

Source : www.tdg.ch

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