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Suisse — Le Conseil fédéral snobe le Dalaï-Lama

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15.07.2009

bibi.jpgAucun ministre ne rencontrera le chef spirituel tibétain lors de sa venue en août à Lausanne. Motif officiel: les vacances d’été…

Ils aimeraient bien, mais malheureusement ils ne peuvent pas. Les sept Sages ont décidé lors de leur dernière séance avant l’été de ne pas rencontrer le dalaï-lama lors de sa venue en Suisse, à la patinoire de Malley, à Lausanne, les 4 et 5 août prochain, pour enseigner et initier au bouddhisme.

Une rencontre annulée

Motif officiel: les vacances d’été n’attendent pas. Ou, du moins, celles des préposés à la rencontre, tel Pascal Couchepin, en sa qualité de ministre des Cultes et de la Culture… «Pas disponible» donc, le Valaisan, en ce début de mois d’août, comme le confirmait hier dans le Tages-Anzeiger son porte-parole, Jean-Marc Crevoisier. La nouvelle est d’autant plus fâcheuse que les deux hommes devaient se rencontrer en octobre de l’année dernière avant que le dalaï-lama ne renonce à sa venue pour des motifs de santé.

Et Micheline Calmy-Rey, aussi indisponible? Justement, ses collègues du Conseil fédéral ont chargé la ministre des Affaires étrangères de leur trouver une remplaçante, histoire d’arranger tout le monde. C’est donc Chiara Simoneschi-Cortesi, présidente du Parlement et première citoyenne du pays, qui est priée de venir saluer le prestigieux visiteur de manière «informelle», puisque, comme le souligne le porte-parole du Département des affaires étrangères, Erik Reumann, «le dalaï-lama n’est pas un chef d’Etat».

Bien sûr, Chiara Simoneschi-Cortesi a elle aussi prévu des vacances, relevait-elle hier dans les colonnes de l’Aargauer Zeitung. Mais, qu’à cela ne tienne, la Tessinoise interrompra sans broncher sa pause estivale pour remplir son devoir.

Voilà qui devrait satisfaire les hauts dignitaires chinois. Ceux-ci avaient moyennement apprécié la rencontre, en 2005, entre Pascal Couchepin et le chef tibétain, qui avait alors passé dix jours en Suisse, rassemblant en tout près de 30 000 personnes.

L’économie en filigrane

Mais aujourd’hui on ne badine plus avec les relations économiques entre la Suisse et la Chine. L’heure est aux investissements et à une étude commune sur le libre-échange entre les deux pays. En janvier dernier, une délégation de Pékin, composée notamment du premier ministre chinois, est venue rencontrer nos conseillers fédéraux à Berne pour lancer l’étude. Si les droits de l’homme y ont été évoqués, la question du Tibet a été prudemment évitée. Le dalaï-lama attendra donc des jours meilleurs, ou la fin des vacances…


Viviane Menétrey

Source : www.lematin.ch

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