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L’art de Haiwei: Une offrande de Bonheur!

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Vous ne la verrez pas ou peu. Haiwei cultive l’art de la peinture mais aussi celui de la discrétion ou de la solitude. Ses tableaux parlent pour elle. Elle ne les a jamais exposés. Elle a refusé plusieurs propositions d’exposition, notamment au Québec et en Turquie. Pourtant, à Paris où elle vit, la peinture chinoise est devenue le nirvana de son quotidien. Il lui aura fallu parcourir un sacré chemin, voire un chemin sacré. Car ses tableaux sont aussi des bijoux du bouddhisme. Ce site qui s’ouvre aujourd’hui à vous se partage entre le recueillement et l’émerveillement. Haiwei découvrit la France en 1984, à l’âge de 11 ans, dans la foulée de ses parents, accompagnée de ses deux frères. Elle venait du sud-ouest de la Chine. Elle épousa un homme de là-bas qui lui donna un garçon, David. La joie de donner la vie, mais aussi la douleur de se voir quittée de son corps. Elle ne marche plus depuis lors. Une erreur médicale, un aléa de l’accouchement ? Peu importe. Comptable durant cinq ans, la jeune mère n’a plus pu travailler. « J’étais alors plongée dans l’obscurité, glisse-t-elle. La peinture m’a apporté la lumière. Je peux dire haut et fort que la peinture chinoise m’a sauvé la vie. »

Oiseaux au parfum bleu
Oiseaux au parfum bleu

Du Mingshu, grand maître chinois

Dès ses 11 ans, Haiwei s’était émerveillée devant les fruits, les fleurs, les paysages. Et l’art, en particulier la peinture, l’attira de tout temps. Grâce aux relations de son mari, elle rencontra un grand maître chinois, Du Lin Feng, de Chong Qing, un spécialiste des tigres aujourd’hui âgé de plus de 90 ans. Il lui ouvrit l’esprit, elle découvrit le merveilleux. Il y en eut deux autres, maitre NIUYU,de Chong qing spécialiste des fleurs et maitre DU MINGSHU âgé plus de 60 ans de Hangzhou, spécialiste du paysage. La philosophie chinoise et la calligraphie, à la base de la peinture au pays du Soleil Levant. Autant de nourritures spirituelles pour Haiwei. Elle s’accrocha. Car l’apprentissage de la peinture sans couleurs – si faciles – exige patience et persévérance. Elle apprivoisa aussi le trait, tantôt souple, tantôt ferme. « Mes maîtres sont fières de moi, raconte-t-elle. Je les revois une fois par an. Ce voyage annuel est très important pour moi. » Elle s’imprègne des images, des odeurs, de la musique, des traditions, des gens. A chaque retour, elle rapporte dans ses bagages une inspiration foisonnante. La quête de l’harmonie des traits est au service de cette imagination. L’une ne va pas sans l’autre. Haiwei vit cette interdépendance comme une exigence. « La technique est essentielle, dit-elle. On ne peut pas corriger : un trait est bon ou ne l’est pas. Dès la technique, on peut juger de la maturité d’un artiste. » Haiwei regarde un arbre d’un jardin, elle l’observe, elle le mémorise et sa créativité se met en marche. Quand elle travaille sur base d’une photo, elle la contemple durant une heure. Ni abstraction, ni copie. « On ne cherche pas la ressemblance dans la peinture chinoise. Si un tableau apparaît trop proche d’une photo, c’est vulgaire. Et s’il n’y a aucun rapport, c’est mensonger. »

Une des oeuvres de Haiwei Dong
Une des oeuvres de Haiwei Dong

Le trait bouddhiste

Elle aime les fleurs pour leur gaieté et la relaxation qu’elles dispensent. « C’est aussi le plus haut degré de la peinture chinoise, ajoute-t-elle. Celle-ci est finesse, délicatesse, sensibilité. Je poursuis aussi mon travail dans la calligraphie. Cela durera toute ma vie. Cela vient de mes ancêtres. » Elle aime les paysages. Devenus peintures, ceux-ci oscillent entre la réalité et l’existence intérieure. « Mon corps s’est arrêté mais en même temps, la vie de l’esprit s’est décuplée. Quand je peins, j’ai l’impression d’oublier le temps, les douleurs dorsales. La peinture est une merveille. Elle m’a beaucoup aidée. C’est un autre monde, une autre vie. Et cette nouvelle vie est plus forte. A la fin de l’année 2008, j’avais tellement peint que j’ai dû arrêter. J’avais une grave inflammation mais je ne ressentais plus la douleur. L’arrêt a duré trois mois. Ce fut très dur. C’est comme si je ne vivais plus. » Avant sa mort, elle veut signer un ou deux grands paysages. Un défi.

Haiwei a besoin de travailler. « Je ne recherche pas la célébrité ou l’argent. Je sais que la vie est courte et j’essaie de faire de mon mieux. Si après ma mort, mes tableaux peuvent profiter aux gens, tant mieux. » Loin de son fils de 10 ans qui vit en Chine, Haiwei est devenue solitaire « grâce ou à cause de l’accident. » Elle peint et elle médite. « Le bouddhisme est essentiel. Je l’apprends depuis l’âge de 15 ans. C’est mon karma car ni mes parents ni mes frères ne le sont. Beaucoup de gens voient le bouddhisme dans mes tableaux. » L’art de Haiwei est une offrande.

Plus d’informations sur www.haiwei-dong.com

par M. C. pour Saraswatî Spiritual Groups Concept Art

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