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Le mythe coréen de la création du monde — Deuxième version

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Voici tout d’abord un petit lexique pour vous aider dans la découverte de ce mythe. Marante : plus connue sous le nom d’arrowroot, plante tropicale.
Changsam : robe de moine bouddhiste.
P’il : rouleau de tissu, mesurant 50 cm de large et 13,2 m de long.
Cha : 33 cm.
Kokkal : chapeau de moine dont les côtés tombent à la hauteur du menton.
Ch’i : 3,3 cm.
Sŏm : 180 litres.
Mal : 18 litres.
Commencement du printemps : aux alentours du 4 février.
Kisaeng : chanteuse et danseuse coréenne ; dans ce contexte, une prostituée.
Cha, ch’uk, in : trois animaux du zodiaque correspondant aux trois premières années du cycle coréen qui en compte 60 : chacun des 12 animaux zodiacaux est associé aux cinq couleurs de la théorie confucianiste. Plus de renseignement ici.
Li : 400 mètres.
Échecs des ermites : jeu de go.
Cinq Étoiles : les cinq planètes Mercure, Vénus, Mars, Jupiter, Saturne.
Trois Étoiles : les trois étoiles de la ceinture d’Orion.
Kapcha : rat bleu.
Ulch’uk : taureau bleu.
Kyŏngsin : singe blanc.
Pyŏngo : cheval rouge.
Pyŏngin : tigre rouge.
Grand-mère : grand-mère Samsin, déesse de la conception et la naissance.
Pango : premier être sorti du chaos.
Juniper : petit conifère dont les aiguilles sont parfumées.

A cette époque, les oiseaux parlaient, les arbres marchaient, les corbeaux
et les pies parlaient couramment ; les chevaux avaient des cornes sur
la têtes ; les vaches avaient une crinière ; les poules avaient des
oreilles et les chiens une crête sur la tête.
Autrefois, c’était ainsi. Les hommes, quand le ciel s’ouvrit, il s’ouvrit dans la
direction cha. Quand la terre apparut, elle apparut dans la direction ch’uk.
Les hommes [apparurent] dans la direction in. La loi fut établie.
Le ciel et la terre s’ouvrirent.
Quand l’homme apparut autrefois, où apparut-il ? L’homme fut fait avec la
terre rouge du mont Amnok. Comment fut produite la femme ?
Elle fut faite. L’être humain, fait avec de la terre, vit avec les produits de la
terre, retourne après sa mort à la terre et s’ajoute à elle.
A cette époque, la loi gravée qui était venue de quelque part devint la loi
de ce temps. (…)
Yusi-ssi courba des arbres et en fit une hutte. Les êtres humains vivaient
en mangeant les fruits des arbres.

Le roi Yŏmjesinnong-ssi, en courbant une branche de bois fabriqua la
charrue et inventa l’agriculture. Il créa la médecine en goûtant toutes
les plantes. (…)
T’aehopokhŭi-ssi, en nouant un filet et en le jetant dans le fleuve Han,
apprit aux hommes les fondements de la pêche. (…)

En ce temps-là, les hommes étaient si grands que l’on faisait le col de
leur vêtement avec un demi-p’il de tissu, une manche avec un demi-p’il
de tissu, le bord du vêtement avec un cha. A dix li à la
ronde, personne ne volait de vêtements.
Quand les corbeaux des montagnes de l’Ouest attaquaient les hommes,
tous mourraient. Quand [les hommes] étaient épuisés,
ils étaient tous blessés.
Beaucoup d’hommes mourraient. Les hommes étaient aussi rares que
les grains de riz non-décortiqués dans le millet décortiqué. Avec un
couteau dans leurs vêtements et une faucille à la main, ils allaient
chasser au loin.

De l’Inde, Sŏkkamoyŏre (…) vint dans le pays Chosŏn (…) pour
enseigner le bouddhisme (…) alors que Mirǔk était le maître [du pays].

Mirǔk dit à Sŏkka : « Mon temps est encore loin d’être fini.
Si je vous laisse cette époque, l’homme deviendra stupide.
Quittez ce temps, partez ailleurs.
Mon temps est encore loin d’être fini.
Mon monde est loin d’être fini.
Mon pays est loin d’être fini.

– Alors, faisons un pari. Parions notre « temps ».
Jouons-le aux échecs des ermites (…) »

Sŏkka gagna. Il lui dit :

« Alors, vous n’abandonnez pas votre « temps » ?
– Mon temps est encore loin d’être fini. Faisons un pari en dormant.
Si je perds, je partirai. Si vous perdez, vous partirez. »

Sŏkka glissa dans un demi-sommeil. Mirǔk s’endormit profondément.
Dans un demi-sommeil Sŏkka s’aperçut qu’un chrysanthème sauvage
avait fleuri près de Mirǔk. Sŏkka se réveilla, coupa la tige de la fleur
et se rendormit après avoir planté la fleur entre ses genoux.

Quand Mirǔk se réveilla, il trouva entre les genoux de Sŏkka une fleur
sans racine aux pétales flétris et entre ses genoux, la partie inférieure
d’une fleur et des larmes ça et là autour de la racine.

« Sŏkka, lève-toi, réveille-toi. Nous avons parié notre « temps ».
Tu m’as dérobé mon temps, mon monde, mon pays.
Je laisse mon « temps ». Je m’en vais ailleurs.
Ton temps est venu et les hommes seront aussi petits que des grains de millet décortiqué.
Ils naîtront avec un cœur de voleur.
Dans le ciel, il y aura deux soleils.
La nuit, la terre gèlera jusqu’à trois cha de profondeur.
Le jour elle brûlera jusqu’à trois cha de profondeur.
Les êtres humains mourront de froid et de chaud.
Les hommes seront aussi rares que le grain de riz non-décortiqué dans le millet décortiqué.
Les hommes naîtront avec un cœur de voleur.
Tous les dix li naîtra un criminel. Tous les cinq li naîtra un voleur.
Dans chaque famille naîtront mudang et hommes mauvais.
Les bateaux de fer voleront.
Le crabe qui vit dans l’eau volera. Les vers rampant voleront.
J’abandonne tout et je m’en vais ailleurs. »

Quand le temps de Sŏkka arriva, dans le ciel se levèrent deux soleils et
deux lunes. La nuit, la terre gela jusqu’à trois cha de profondeur.
Les hommes mouraient de froid et de chaud. Ils devenaient aussi
rares que le grain de riz non décortiqué dans le millet décortiqué.
Même si quelqu’un avait voulu devenir roi,
il n’aurait pas pu parce qu’il n’y avait pas de sujet.

Comme on ne pouvait rien faire, Sŏkka repartit en Inde pour enlever
une lune et un soleil (…) La lune arrachée, il l’offrit à l’empereur de
Chine. Il fit trente mille officiers et dix mille officiers et dix mille soldats.
Le soleil arraché, il l’offrit à l’empereur de Chosŏn. Il fit
l’étoile protectrice du roi et des princes du royaume, l’étoile des gouverneurs, Vénus, les Cinq Etoiles, les Trois Etoiles. Il fit l’homme et le
serpent. Il revint au pays de Chosŏn. (…)

Comment l’homme pourrait-il vivre sans feu, sans eau ?
Ce sont des choses indispensables. Il attrapa une souris et il la questionna en la frappant sans arrêt. « Je suis un animal qui mange la rosée et qui vit blotti, à quatre pattes, dans les buissons,
pourquoi me questionnez-vous en me frappant ?

– Dis-moi l’origine du feu.
– Oui, avec plaisir. Puisque je vais vous dire l’origine du feu, donnez-moi d’abord à manger.
– D’accord.
– Moi, je mange de tout.

Au fond du T’ient’aishan, il y a du quartz. Posez des herbes du marais.
Puis, avec du fer du mont Kŏmun, si vous les frottez trois fois, l’origine du feu viendra. » Alors, la souris révéla l’origine du feu.
Cherchons l’origine de l’eau.
Sŏkka attrapa une grenouille et la questionna en la frappant. « Je suis un animal qui vit à quatre pattes dans les buissons,
pourquoi me questionnez-vous en me frappant ?

– Dis-moi l’origine de l’eau.
– Oui, avec plaisir. Puisque je vais vous dire l’origine de l’eau,
donnez-moi d’abord à boire et laissez-moi m’ébattre dans l’eau.
– D’accord.

Quelque soit la propreté des lieux, il y a toujours des grenouilles.
Si vous, un Indien, creusez la terre au fond du mont T’ient’aishan,
l’origine de l’eau viendra. L’origine de l’homme, c’est l’eau et le feu. » (…)

Source : Blade&Soul

Thomas PRADO pour www.buddhachannel.tv

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