Accueil Espace Bouddhiste Société En Jordanie Benoît XVI est-il allé trop loin avec l’islam ?

En Jordanie Benoît XVI est-il allé trop loin avec l’islam ?

7
0
© AFP
© AFP

En Jordanie Benoît XVI est-il allé trop loin avec l’islam ?

Par Jean-Marie Guénois le 10 mai 2009

Amman (Jordanie)

Avant la grande semaine de Jérusalem, Bethléem et Nazareth on retiendra surtout de ces trois jours en Jordanie la main tendue par Benoît XVI aux musulmans. Tellement franche et ouverte – après son discours à Ratisbonne et sa citation malencontreuse sur « la violence » dans l’islam – que certains se demandent si elle ne l’était pas trop ?

Deux critères, au moins, pour y réfléchir. Le premier est le cas Jordanien. Si ce pays musulman modéré a été en pointe dans le processus de réconciliation de l’après-Ratisbonne c’est aussi parce que la concurrence pour le leadership – symbolique – de l’islam mondial fait rage. Dans ce cadre, la Jordanie a joué une carte gagnante de rapprochement avec l’Eglise catholique. Petit pays, il a fédéré en réseau. Il n’est donc pas étonnant que les Frères musulmans aient tant critiqué l’accueil réservé au chef de l’Eglise catholique à la mosquée royale d’Amman.

La seconde raison tient aux visées et aux intérêts de l’Eglise catholique au Proche-Orient où son autorité morale est inversement proportionnelle à son pouvoir réel. Pouvoir réel ? Ou ce qu’il en reste : pour que les chrétiens de Terre Sainte n’étouffent pas complètement le pape a demandé – à deux reprises -, en retour de sa main tendue, « la liberté religieuse ». Et pas seulement pour le « culte » mais contre toute discrimination sociale, économique et politique à l’encontre des chrétiens. Autorité morale ? C’est la stratégie de Benoît XVI. Il voudrait que l’on sorte par le haut de ces dix ans de crise où le processus de paix s’est bloqué. Notamment en favorisant – déjà entre religieux – une entente « trilatérale » juive, chrétienne et musulmane. L’antichoc des civilisations.

Religio Blog

Previous articleBirmanie — Un an après le cyclone Nargis, rien n’a changé
Next articleLa périlleuse entrée de Benoît XVI à Jérusalem