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À Dharamsala, des Occidentaux sur les Traces du Bouddha

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14.12.2008

En occident et particulièrement en France, le nombre de sympathisants au bouddhisme est en augmentation. Certains choisissent même de devenir moines. Rencontre avec des bouddhistes occidentaux à Dharamsala, dans l’Himachal Pradesh.

Puntsok, un Israélien de 35 ans, est moine depuis 14 ans
Puntsok, un Israélien de 35 ans, est moine depuis 14 ans
Dans la ville de résidence du dalaï lama, les rues sont peuplées de moines bouddhistes en robe pourpre et crâne rasé. Ils croisent les voyageurs équipés de sacs à dos et d’appareils photo. Claire, une française de 27 ans, pourrait être l’une des ces routardes. Mais cette jeune femme blonde, en jean et basket, est plus proche des moines que des touristes de passage.

Elle a partagé leur quotidien pendant cinq ans dans un monastère près de Dharamsala, où elle répondait au nom de Gautam, son prénom tibétain. « Ma vie monastique m’a laissé une trace indélébile », confie-t-elle. Elevée dans une famille de bouddhistes francais, elle a grandi avec cette culture. « Ma mère me bercait avec des mantras ». Claire a décidé de devenir nonne à l’âge de 21 ans, lors d’un séjour en Inde. Mais après cinq ans de vie monastique, elle est retournée à la vie laïque. « C’était trop difficile. Je pense que j’ai pris les voeux trop tôt ».

L’intégration avec les moines tibétains n’est pas toujours aisée. « Ils nous appellent les têtes blondes. J’avais tout le temps l’impression d’être le cheveu sur la soupe ». Et pourtant de cheveux, elle n’en avait point, comme en témoigne la photo qu’elle montre d’elle, lorsqu’elle était nonne, crâne rasé et robe rouge. Après deux ans en France, la voilà de retour à Dharamsala. Elle y suit des cours de philosophie bouddhiste en tibétain, langue qu’elle parle désormais couramment. « En France, je perds un peu mon temps. Quand on est laïc, on est tout le temps distrait. Ici, j’ai plus d’espace dans ma tête ».

Si Claire est revenue sur sa décision d’être nonne, ce n’est pas le cas de Puntsok. Pour cet israélien de 35 ans, « la vie de moine est la meilleure ». Lui aussi était âgé d’une vingtaine d’années et avait voyagé en Asie, lorsqu’il a choisi cette voie, en 1994. « Cette décision obéissait à un fort instinct, cela n’avait rien de rationnel à ce moment là », se souvient-il.
Mais tous les bouddhistes occidentaux ne font pas le choix radical de la vie monastique. La majorité d’entre eux restent dans la vie civile. Richard, également appelé Kalou Rimpotche, 50 ans, a rencontré le bouddhisme en 1978 à Paris. « Je cherchais à exprimer ma réalité intérieure. Le bouddhisme m’a permis de réaliser l’humanité qui était en moi », explique- t-il. Richard donne des cours de français à Dharamsala depuis plusieurs mois, un moyen pour lui de « mettre en pratique les valeurs bouddhistes ». En France, il réside dans des centres bouddhistes. Il se réjouit car « il commence à exister un bouddhisme occidental, qui mèle enseignement du Bouddha et culture occidentale ».

Selon l’Union Bouddhiste de France (UBF), il y aurait environ 150 000 bouddhistes français, mis à part les Français d’origine asiatique. Mais l’absence de statistique officielle rend cette appréciation difficile. Pour l’historien des religions, Frédéric Lenoir, « les raisons de l’intérêt croissant des Français pour le message du Bouddha n’est pas sans fondement. Il apparaît ainsi à beaucoup, à l’inverse du catholicisme, comme parfaitement compatible avec le monde moderne », en raison du « caractère non dogmatique des enseignements du Bouddha ».


Par Hélène Agelou

Source : www.aujourdhuilinde.com

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