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Interview — Geshe Lobzang Samtan en Conférence à Grenoble

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19.02.2009

Geshe Lobzang Samtan, moine bouddhiste proche du dalaï-lama est actuellement en Isère pour donner une conférence à Grenoble et visiter différentes écoles. Entretien.



Geshe Lobzang Samtan, moine bouddhiste, proche du Dalaï Lama. Geshe était présent en Isère pour une série de conférences en février 2009

Quel est le but de votre présence actuellement en Isère ?

« Ma visite en France doit répondre à deux objectifs. Tout d’abord visiter des écoles comme j’ai pu le faire au Bourg-d’Oisans [l’école du Maronnier, ndlr] et à Chamrousse. Cela va me permettre d’apprendre des méthodes pour les appliquer ensuite au Ladakh _ au Nord de l’Inde _. Le deuxième, est de donner plusieurs conférences [lire en repères] et discuter du bouddhisme ».

On vous a souvent présenté comme étant secrétaire particulier du dalaï-lama. Quelles sont vos fonctions ?

« Je suis Gueshe. C’est le niveau le plus élevé dans le bouddhisme. C’est l’équivalent du doctorat dans une université. Ma vie quotidienne est rythmée par trois temps forts. Tout d’abord, je dois m’occuper des monastères dont je suis responsable. Je suis également très impliqué dans mon école à Leh. Enfin, je donne des conférences sur le bouddhisme ».

Les JO à Pékin ont-ils fait avancer la situation au Tibet ?

« Avec les Jeux Olympiques, nous espérions que la Chine traiterait le cas du Tibet d’une manière juste et surtout sans violence. Mais nous avons été très déçus car cela n’a pas été le cas. Les JO à Pékin ont causé beaucoup de souffrances au Tibet. Et cela continue toujours. Avant les Jeux, les Tibétains ont organisé des manifestations pacifistes pour attirer l’attention du reste du monde. Ces manifestations ont été durement réprimées. Beaucoup de personnes ont été tuées, d’autres emprisonnées. Aujourd’hui, les Tibétains ne sont pas libres d’aller et venir librement. Ils ne peuvent toujours pas parler librement ».

Vous sentez-vous soutenus par la communauté internationale ?

« Oui. Quand les arrestations ont eu lieu, beaucoup de pays comme la France ou l’Allemagne ont manifesté leur soutien envers le Tibet et surtout désapprouvé l’attitude de la Chine ».

Dans de nombreuses villes, des drapeaux tibétains sont accrochés aux balcons des appartements ou sur les frontons des mairies. Quel regard portez-vous ?

« C’est un signe de compassion que les Français ont envers les Tibétains. Et c’est aussi une occasion pour moi de remercier ceux qui se sont mobilisés. Mais, même si le symbole est fort, je ne suis pas sûr que cela soit réellement efficace ».

Comment la France peut agir pour changer cette situation au Tibet ?

« Avant les JO, votre président a dit que la solution du Tibet serait à la fois bénéfique pour les Tibétains et les Chinois. Il a demandé à la Chine de régler la situation le plus vite possible. Cette intervention a été appréciée au Tibet. Nous espérons que cette mobilisation va continuer ».

REPÈRES

GESHE LOBZANG SAMTAN

De nationalité indienne, Geshe Lobzang Samtan est né il y a 41 ans dans un village au Laddakh. À l’âge de 11 ans, il devient moine. Deux ans plus tard, il entre dans l’une des plus grandes universités bouddhistes en Inde. Il a été chargé par le dalaï-lama de créer une école à Leh (dans le Ladakh). Il est venu à l’initiative de l’association Himalaya Oisans Kumphan.

LES CONFÉRENCES

À Saint-Privas (Ardèche), à la Maison du Temps Présent, lundi 23 février à 19h 30.

À Grenoble, au centre d’astrologie humaniste appliquée (rue Expilly) mercredi 25 février à 20h 30.

IL Y A 50 ANS

C’est en 1959 que l’insurrection a éclaté à Lhassa. Depuis cette date, le dalaï-lama vit en exil.


Par Jean-Jacques Féral

Source : www.ledauphine.com

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