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Inde — Les Sacs plastiques interdits à New Delhi

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Un sac plastique met environ 400 ans à se décomposer

Une amende de 1500 euros et jusqu’à cinq ans d’emprisonnement. Depuis quelques jours, c’est ce que risque quiconque, à New Delhi, est pris la main dans le sac… en plastique. Le gouvernement de la capitale indienne a finalement décidé leur interdiction totale, après avoir envisagé d’autoriser les sacs en polythène les plus épais, soit ceux de plus de 40 microns. Étant donné l’utilisation intensive des sacs plastiques fins pour tout d’emballer, les autorités ne vont pas verbaliser dès maintenant.

sacs plastiques
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« Je pense qu’il faut d’abord donner un avertissement aux réfractaires, leur laisser le temps de s’adapter, avant d’appliquer les sanctions » , affirme Prashant Pastore, coordinateur du programme de gestion des déchets à Toxics Link, une ONG qui a milité pour l’interdiction. Cette dernière s’applique aussi bien aux petits commerçants qu’aux restaurants, aux centres commerciaux et aux hôtels cinq étoiles de la capitale.

Plusieurs groupes environnementaux, comme Toxics Link, ont réussi à convaincre la Haute Cour de New Delhi de faire passer une interdiction totale, malgré le scepticisme initial de la municipalité. Les écologistes insistent sur le fait que les sacs plastiques non recyclés bouchent les canalisations et sont ainsi indirectement responsables de la propagation de maladies comme la dengue et la malaria. « Les sacs plastiques fins ne sont ramassés ni par les ragpickers (chiffonniers) ni par les recycleurs (comme les kabaris) et restent donc dans la nature » , déplore Ravi Agarwal de Toxics Link.

Si, pour Prashant Pastore, un certain niveau de répression est nécessaire, il est avant tout nécessaire de changer les mentalités « Le problème commence à la maison. Les gens donnent leurs ordures au ramasseur de poubelles qui vient à leur porte et ne s’en occupent plus. Il n’y aucune conscience du recyclage ou du triage des déchet » . Il insiste également sur l’importance, selon lui des Resident Welfare Associations, les syndics de quartiers, très respectés des commerçants, qui doivent montrer l’exemple, ajoutant que « les bâtiments gouvernementaux et les campus universitaires doivent appliquer strictement l’interdiction » . Sur le campus de JNU, l’une des grandes universités de New Delhi, c’est déjà le cas.

New Delhi n’est pas la première ville indienne à prendre cette initiative. En août 2005, l’Etat du Maharashtra à mis en place une interdiction après les inondations de Bombay, la même année. Les sacs plastiques avaient bouché les canalisations de la ville, empêchant l’eau de s’évacuer. Les villes de Shimla, en Himachal Pradesh et de Gangtok, au Sikkim ont elles aussi interdit l’utilisation des sacs en polythène.

Le principal obstacle à l’interdiction reste le coût pour les commerçants de la capitale indienne. Ces derniers avancent que la substitution des emballages plastiques par de l’aluminium ou du papier entraînera une hausse des prix qui sera répercutée sur le consommateur. Certains s’opposent déjà à l’interdiction. Mais Prashant Pastore est confiant quant à son application : « C’est un peu comme le métro de New Delhi, actuellement en construction. Les gens sont mécontents pour l’instant mais au final, le résultat sera bénéfique » . « Il y a 30 ans, les sacs plastiques étaient peu utilisés » , aime t-il rappeler.


Source : Aujourd’hui l’Inde

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