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Vietnam — Portrait d’un Sculpteur khmer de Statues de Bouddha

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28.12.2008

4592.902as.jpgThach Tu, d’ethnie khmère, 61 ans, est, dans le delta du Mékong, l’un des plus célèbres sculpteurs de statues monumentales de bouddha. Il en compte déjà une centaine à son actif.

C’est en 1971 que Thach Tu érige, dans la pagode de Hang, sa première statue monumentale de bouddha. Haute de 4,5 m et d’un poids de 10 tonnes, elle lui assure une renommée dans les pagodes des provinces méridionales de Bac Liêu, Soc Trang et Hâu Giang. Initialement, il travaillait bénévolement. Maintenant, c’est devenu un gagne-pain. Il demande 40-65 millions de dôngs par statue, pour environ 4 mois de travaux. Ces 3 dernières décennies, il en a érigé une centaine. Il travaille avec 4 personnes : ses 2 fils et ses 2 neveux.

Cinq ans de vie monastique

À l’âge de 14 ans, Thach Tu abandonne
l’école et entre, sur les conseils d’un ami de son père, à l’École des arts appliqués de Gia Dinh. Un an après, il enfile la soutane safran des moines du bouddhisme Theravada et reste 5 ans dans la pagode de Hang. Lorsqu’il quitte la vie monastique, il suit des cours de peinture sous la houlette d’un Chinois. Puis, son père l’initie à l’art de la sculpture des statues de bouddha. À l’âge de 26 ans, il s’était déjà fait un nom dans tout le delta du Mékong pour la beauté de ses œuvres.

D’après Thach Suôi, qui gère la pagode de Hang, le delta du Mékong compte des centaines de statues de bouddha vieilles de plus d’un siècle ayant besoin d’être restaurées. « Pour les Khmers en effet, il n’est pas question d’abattre une statue de bouddha, il faut la remettre en état ». Un travail qui nécessite des connaissances non seulement en sculpture mais aussi en bouddhisme, sans parler d’un sens esthétique aiguisé. Il faut notamment savoir reproduire avec exactitude les traits d’un bouddha jusque dans ses moindres détails et tous les symboles qui vont avec…

En plus d’ériger ou de restaurer des statues, Thach Tu fabrique aussi des instruments de musique traditionnels à partir de bois, de bambou, de rotin, de bronze, de cuir de bœuf ou de buffle, et avec des outils des plus rudimentaires. Sa maison, située dans le chef-lieu de Châu Thành, district du même nom, province de Trà Vinh (Sud), est devenue un véritable atelier.
C’est aussi un véritable artiste qui crée des tableaux originaux à partir de feuilles de cocotier, de bambou, de riz gluant… Pour La légende du bétel et de la noix d’arec, il s’est vu décerner en 1986 le deuxième prix du concours national des produits artisanaux et de la petite industrie, et un autre, qui représente l’Oncle Hô, a raflé le premier prix de la première édition de la Foire aux produits industriels des régions rurales méridionales, en septembre 2007. Thach Tu, de concert avec le Centre provincial de promotion industrielle de Trà Vinh, a organisé un cours de formation à la fabrication de panneaux en feuilles de cocotiers réservé à de jeunes gens locaux, soucieux de leur en faire un métier d’appoint.


Par Hà Anh

Source : lecourrier.vnagency.com.vn

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