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Corée du Sud – Le Gouvernement ne peut se permettre d’aliéner les Bouddhistes

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LE GOUVERNEMENT CORÉEN NE PEUT SE PERMETTRE D’ALIÉNER LES BOUDDHISTES [[Traduit de l’Anglais par Hélène LE, pour www.buddhachannel.tv ]]


26.08.2008

SEOUL, Corée du Sud – Un rassemblement de protestation contre le présumé parti-pris religieux de l’administration de Lee Myung-bak était annoncée pour mercredi, les bouddhistes doivent se réunir au Seoul Plaza mercredi après-midi, afin de réclamer des excuses publiques du président Lee ainsi qu’une législation contre la discrimination religieuse.

korean-monks.jpgLes bouddhistes ont mobilisé les participants et ont demandé aux temples du pays de participer au rassemblement. De manière significative, on s’attend à une participation plus importante des moines et laïcs que lors de la protestation du 4 juillet, contre l’administration Lee.

Des éléments de conflit existent entre le bouddhisme et l’administration Lee depuis que le gouvernement a pris le pouvoir. Le zèle évangélique de Lee, presbytérien, est bien connu; lorsqu’il n’est que maire de Séoul, il provoque une controverse en dédiant la métropole à Dieu.

Les bouddhistes commencent à avoir de sérieux doutes lorsqu’ils voient l’alignement du bureau présidentiel avec le le conseil des ministres. Une remarque imprudente d’un officiel du gouvernement – « Mon rêve est d’évangéliser tous les ministères et bureaux du gouvernement » – ne contribue pas à atténuer les doutes.

Et lorsque le système d’information de transport de zone métropolitaine de Séoul Algoga (« trouvez votre chemin »), administrée par le Ministère de la Terre, des Transports et des Affaires maritimes, omet les noms d’importants temples à la fin juin, les choses atteignent leur point d’ébullition.

Si nous scrutons attentivement chaque étape, l’administration n’est pas sans justification. Le problème étant que des malentendus évitables sont répétés. Au début du mois d’août, lorsque la colère bouddhiste se fait entendre, le site Internet du Ministère de l’Education, de la Science et de la Technologie, le système d’information géographique d’éducation, omet encore une fois de grands temples importants.

Le premier ministre Han Seung-soo publie une directive en juillet incitant les ministères et agences, à faire particulièrement attention à ne pas alimenter les malentendus provenant des cercles religieux. Algoga et le système d’information ont été établis par la même société. Avec un peu d’attention, cette erreur ne se serait pas reproduite.

Pour aggraver les choses, la police, en pleine arrestation des meneurs bouddhistes lors de protestations aux bougies, perquisitionne la voiture du meneur de l’Ordre Jogye, le Vénérable Jigwan.

L’attitude de l’administration et du parti au pouvoir depuis les complaintes bouddhistes, est inappropriée. Le personnel de Cheong Wa Dae et d’autres fonctionnaires se sont contentés de considérer cette question pour la forme, et les fonctionnaires du parti ont été occupés à visiter les temples provinciaux dans une tentative d’apaiser les moines.

Quelques bouddhistes ont même réclamé un rejet de leurs visites. Il aura fallu attendre jusqu’à la semaine dernière pour que le ministère de la culture, des sports et du tourisme émerge en canal officiel pour un dialogue avec l’ordre de Jogye. Il n’est pas étonnant que les bouddhistes attendent encore d’être convaincus de la sincérité de l’administration.

Les protestations ne cesseront que si le gouvernement présente des excuses sincères et met en place des mesures destinées à prévenir de telles actions, déclarent les bouddhistes. « Nous pouvons encore protester pendant les cinq prochaines années à venir », avance l’un d’eux. Leur méfiance à l’égard du gouvernement s’est tant accrue qu’une résolution du conflit semble très difficile.

La charge de la direction bouddhiste doit également être lourde. Le conflit pourrait dégénérer en faille religieuse ou faire dire à la critique que le bouddhisme incite à l’agitation sociale. C’est pourquoi les bouddhistes ont aussi besoin de reconsidérer leurs revendications n’ayant aucun rapport avec le parti-pris religieux, telle celle réclamant que les meneurs de protestations illégales contre les importations de viande de bœuf américaine soient radiés de la liste des admis.

Les deux partis sont devenus deux locomotives avançant côte à côte. Mais une confrontation maintenue entre le gouvernement et la religion qui compte le plus de fidèles dans le pays, n’est souhaitable pour personne. Le bouddhisme et l’administration doivent faire preuve de calme, mener un dialogue franc et chercher un compromis.

L’administration devrait envisager des mesures spécifiques garantissant la confiance des bouddhistes, et les meneurs bouddhistes devraient analyser la situation d’un point de vue plus objectif, se libérant ainsi du sens de la victimisation. Le public espère que le rassemblement de mercredi marquera non pas un renouveau mais la fin du conflit.


Par Lee Seon-min

Source : Chosun Ilbo

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