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USA – Quand les Moines de Tassajara pratiquent le Zen en luttant contre le Feu

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QUAND LES MOINES DE TASSAJARA PRATIQUENT LE ZEN EN LUTTANT CONTRE LE FEU [[Traduit de l’Anglais par Hélène LE, pour www.buddhachannel.tv ]]


10.07.2008

USA – Mercredi, le feu serpente à travers les ravins de la région sauvage de Ventana, jusqu’à 3 miles du monastère de zen Soto, le plus ancien en dehors de l’Asie, forçant l’évacuation des sapeurs-pompiers et menaçant la seule voie d’accès.

Le centre zen historique de Tassajara en pleine montagne, est abandonné entre les mains d’une poignée de moines et de pratiquants qui refusent de partir. Ces derniers se préparent rigoureusement depuis presque trois semaines, à faire face au feu.

Des membres du personnel de Tassajara décident également qu’ils ne peuvent en faire plus et quittent le lieu, raconte le capitaine Chuck Dickson, agent d’information pour l’incendie du Basin Complex.

 » Ils ont décidé qu’ils avaient fait tout ce qu’ils pouvaient », indique Dickson.  » Il était temps de partir ».

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Johan Ostlund, un des volontaires qui prévoient de rester pour combattre le feu, déroule un tuyau.

L’avion arrive pendant que les membres du personnel restant de Tassajara se préparent physiquement et mentalement à combattre le feu directement. Ces derniers demeurent calmes jusqu’au dernier ordre d’évacuation.

« Nous nous déplacerons plus vigoureusement que d’habitude » dit l’abbé, Myôgen Steve Stücky, tandis qu’il observe les membres du personnel dérouler les nouveaux tuyaux, peu de temps après le départ des sapeurs-pompiers. « Et nous ferons attention à ne pas tomber dans la surexcitation. Nous resterons calmes et alertes. Nous serons prêts ».

Alors même qu’ils se tiennent au point d’appui de deux des plus grands feux de forêt californiens – le Basin Complex et Indians fires – le personnel de Tassajara voit la flamme en approche, enrichir sa pratique du zen.

 » Nous ne voulons pas sauter dans le feu ; nous ne voulons pas non plus le fuir  » ; raconte Joseph Schommer, 25 ans. « Nous sommes paisiblement conscients du feu et préparés à le recevoir. »

Les sapeurs-pompiers ont félicité le monastère pour ses efforts de prévention contre l’incendie. Des arroseurs automatiques, maintenus à l’aide d’une tuyauterie en plastique blanc venue d’un magasin de bricolage voisin, s’entrecroisent au dessus des bâtiments principaux. Des rangées de nouveaux tuyaux avaient été disposées à travers la propriété, préparée à une explosion pouvant surgir n’importe où.

Au quotidien, les résistants ont eu droit à un assortiment des exercices de réponse au feu. Si celui-ci venait à surpasser leurs capacités, ils disposent d’un abri de secours, un bâtiment en pierre qui dans le passé a servi de salle de méditation. Des approvisionnements y sont stockés, avec des réservoirs d’oxygène.

Le monastère est construit sur un emplacement autrefois lieu de guérison pour les autochtones avant sa redécouverte par les colons vers la fin des années 1800. Ces derniers le transforment en station balnéaire, avec des sources thermales naturelles en guise d’attraction.

En 1967, il est transformé en monastère pour les pratiquants du zen Soto, la plus importantes des deux traditions du bouddhisme zen pratiquées au Japon. Toutes deux proviennent de la Chine du neuvième siècle.

Tassajara est maintenant une branche du centre zen de San Francisco, qui comprend la préfecture de la ville, la Ferme Verte de Gulch près de la plage de Muir ainsi qu’un restaurant végétarien à San Francisco.

Sa fermeture de presque trois semaines n’est pas sans conséquences pour le centre zen. Les retraites d’été chez Tassajara représentent approximativement un tiers du budget annuel du centre zen, selon David Zimmerman, directeur de Tassajara.

Les membres du personnel de Tassajara ont combattu divers feux de forêt, dont le Marble Cone Fire en 1977, jusqu’ici le plus grand incendie connu dans la région de Big Sur. Et les exercices de réponse au feu font partie de la culture des membres du personnel depuis des décennies. Ces derniers ont construit un système élaboré de pompe et de tuyau, qui, en situation critique, pompe de l’eau dans les réservoirs de stockage et dans la crique de Tassajara.

« Nous disposons d’une quantité infinie d’eau pour lutter contre le feu », assure Devin Patel, 28 ans, dernier d’une longue lignée de capitaines sapeurs-pompiers.

Les pratiquants du zen ici, ont depuis longtemps compris que le feu fait non seulement partie du paysage de la région, mais est également une part intégrante de leur expérience spirituelle. La raison pour laquelle ils sont là-bas dehors – pour être en contact plus étroit avec l’équilibre harmonieux de la nature – comprend le feu.

« Le feu n’est pas un étranger,  » explique Stücky. « Il nous demande d’être ici en accord avec la réalité du feu… nous ne combattons pas vraiment le feu. Nous rencontrons le feu, en le laissant venir à nous – en faisons un ami et l’apprivoisons lorsqu’il atteint notre terrain. »

mn-tassajara10_p_0498763187.jpg << Le centre zen Tenzo de Tassajara en montagne, la chef Mako voelkel réfléchit sur sa tâche à venir, après une réunion de résidents portant sur les compétences et tactiques de lutte anti-incendies. Les volontaires, le personnel et l'état et les sapeurs-pompiers nationaux se sont rassemblés pour mettre en commun leurs talents et ressources, dans le but de sauver le centre zen de montagne de Tassajara, de l'avancement du feu sur le flanc Est du Basin Complex. Photographiée dans la vallée de Carmel le 9 juillet 2008. Par Lance Iversen/Chronicle

Schommer indique que le feu a renforcé sa pratique spirituelle. Dégager le taillis signifiait créer des endroits où le feu ne pourrait pas brûler. Il qualifie cela de parabole à la pratique mentale de la méditation zen, où vous purifiez l’esprit des pensées externes brûlant au travers.

« Avant ceci, je pataugeais, » dit-il. « Cela a été un réveil pour moi. »

Le feu de Basin Complex, qui se prolonge jusqu’à la ôte de Big Sur, est le plus grand des 323 incendies actifs de l’état. Il est maintenant maîtrisé à hauteur de 27 pour cent. Il a détruit plus de 85.000 acres dans la forêt nationale de Los Padres depuis qu’il a été déclenché par la foudre, le 21 juin.

On s’attend à ce que l’Indian Fire soit maîtrisé à 100 pour cent aujourd’hui.

À 10 heures du matin mercredi, la dernière portion de la route côtière 1 au sud de Big Sur, qui avait été clôturée, a été rouverte aux résidents et aux ouvriers de service. Également levé l’ordre d’évacuation obligatoire pour les résidences situées le long d’une portion de 12 miles de la route 1 du parc d’état de Julia Pfeiffer Burns, à environ 37 miles au sud de Carmel, dans le sud de la ville de Lucia.

Les résidents du domaine principal de la station balnéaire de Big Sur ont été autorisés à revenir mardi.

La route 1 est encore fermée aux touristes et à d’autres non locaux, du nord de la route de Palo Colorado de big Sur à Lucia. On ne sait pas encore quand elle sera entièrement rouverte.


Par Matthai Kuruvila[[Envoyer un courriel à Matthai Kuruvila sur mkuruvila@sfchronicle.com.]]

Source : SFGate (san Francisco Gate)[[Cet article est paru en page A – 6 de la Chronique de San Francisco]]

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