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Birmanie – Le cyclone Nargis aurait causé des millions de sans-abris

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Le dernier bilan officiel des autorités annonçait mercredi la mort de plus de 100 000 personnes.

« Une équipe a vu des milliers de morts dans une localité, avec des amas de corps en décomposition après le retrait de l’eau », a-t-il indiqué.

De plus, « Dans des situations comme celles-ci, les enfants sont très exposés aux maladies et à la famine et ils ont besoin d’une aide immédiate pour survivre » a déclaré Ann Veneman, directrice de l’Unicef.

La junte limite l’accès des humanitaires dans les zones dévastées

Voyant l’ampleur des dégâts, la junte au pouvoir a fini par accepter l’aide internationale, tout en restant sur ses gardes. En effet, les généraux sont très méfiants vis-à-vis des étrangers, les suspectant de «tactiques sournoises visant à leur perte». Les conditions d’accès aux zones dévastées sont nombreuses pour les sauveteurs et l’aide reste limitée.

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Les donations financières et matérielles venues des pays voisins tels que l’Inde, la Chine et la Thaïlande, ont été nombreuses et l’on espère que la junte militaire distribuera ces richesses aux plus défavorisés, leur apportant une aide précieuse. Cependant, les pays ayant débloqué des fonds pour venir en aide à la Birmanie (3 millions de dollars pour les USA par exemple), craignent que cet argent ne soit détourné à des fins personnelles par le gouvernement au pouvoir.

L’ONU fera de son côté un don de 5 millions de dollars à la Birmanie, qui provient de son fonds central de secours d’urgence (cerf). Ceci sera effectif lorsque les organisations humanitaires recevront des visas permettant de se rendre dans le pays.

Par ailleurs, le parti de l’opposante birmane Aung San Suu Kyi, la LND (ligue nationale pour la démocratie), a jugé « totalement inacceptable » la position des autorités birmanes concernant le maintien du référendum du 10 mai, considérant que cela prouve un manque de « respect pour les difficultés auxquelles la population est confrontée » et l’absence d’une « aide efficace aux victimes ».

De plus, le service de la météorologie indienne a affirmé mardi avoir prévenu la Birmanie de l’arrivée du cyclone Nargis. «Quarante-huit heures avant que Nargis ne frappe, nous avons fourni aux agences birmanes le point d’impact du cyclone, sa gravité et toutes les questions qui y sont liées», a ainsi déclaré le porte-parole de la météorologie indienne.

Les autorités auraient eu tout le loisir de prendre des dispositions concernant l’évacuation de la population et de mettre en place un système d’alarme efficace.

La plus grande catastrophe naturelle depuis le Tsunami de 2004

Le passage du cyclone Nargis a provoqué des dégâts considérables dans le sud de la Birmanie et en particulier à Rangoun, la plus grande ville du pays. Cinq régions ont été placées en état de catastrophe naturelle lors du dernier bilan officiel du 4 mai.

La tempête, en provenance du Golfe du Bengale, s’est abattue sur la côte sud-ouest de la Birmanie dans la nuit de vendredi à samedi, faisant état de plusieurs centaines de morts ainsi que des dizaines de milliers de sans-abri, selon la chaîne de télévision d’Etat MRTV. Sa progression a évolué vers l’est samedi matin, touchant Rangoun ainsi que la région côtière de l’Irrawaddy, où de nombreux villages ont été réduits à néant.

En plus des 241 tués se sont ajoutés 109 morts uniquement sur l’île de Haing Gyi, au sud-ouest du pays selon le précédent bilan officiel. Des milliers d’autres personnes pourraient avoir péri dans la tempête.

Au total, cinq régions (Rangoun, Irrawaddy, Pegu et les Etas Mon et Karen) ont été déclarées en état de catastrophe naturelle.

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Les rues de Rangoun ressemblaient dimanche à un paysage de guerre, avec des arbres couchés sur le sol et des feux de signalisation renversés. De plus, de nombreux bâtiments ont été dévastés et des canalisations d’eau coupées, ce qui a obligé les habitants à se procurer de l’eau potable dans les magasins encore ouverts.

Le responsable du ministère de l’Information a ajouté que des unités militaires ont été déployées pour des opérations de secours et de réhabilitation et que « l’armée et la police ont commencé à nettoyer la ville ».

La chaîne de télévision MRTV a également annoncé que l’aéroport international de Rangoun, fermé jusqu’à nouvel ordre, rouvrirait lundi.

La Birmanie, aussi appelée Myanmar, est gouvernée par des juntes militaires successives depuis plus de 45 ans. C’est également l’un des pays les plus pauvres d’Asie.

Le cyclone Nargis est survenu une semaine avant l’organisation, le 10 mai, d’un référendum sur une nouvelle Constitution. Mais le scrutin aura bien lieu malgré les intempéries qui ont touché la Birmanie.

« Le référendum se déroulera dans quelques jours et l’ensemble de la population du pays attends impatiemment cela » a déclaré le quotidien officiel New Light of Myanmar, contrôlé par la junte militaire.

De l’aide venue de Bangkok

Les organisations internationales ont commencé à se mobiliser à Bangkok ce lundi 5 mai dans le but de venir en aide aux rescapés du cyclone dévastateur qui s’est abattu sur la Birmanie, a annoncé un porte-parole de la Croix-Rouge.

« Nous savons qu’il y a plusieurs centaines de milliers de personnes qui ont besoin d’un abri et d’eau potable, mais nous ne savons pas exactement combien », a déclaré Richard Horsey, qui coordonne à Bangkok les réponses de l’ONU aux situations d’urgence.

« Nous distribuons des plaquettes de purification de l’eau, des vêtements, des toiles en plastique, des ustensiles de cuisine et des affaires de toilettes. Nous essayons de mobiliser des moyens de transport d’eau potable auprès des entreprises locales », a ajouté Michael Annear, qui dirige le département de gestion des catastrophes de la Croix-Rouge en Asie du Sud-Est.

La mobilisation a été très lente du fait des problèmes à se déplacer dans les rues dévastées et aux réserves que le gouvernement a émises concernant les aides de l’ONU à la population.

Source : Libération

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